14 Décembre 2025
Après des débuts plutôt laborieux, Twelve Dates ’Til Christmas tente d’épaissir son propos avec les épisodes 3 et 4. L’intention est claire : aller au-delà de la simple succession de rendez-vous et s’intéresser davantage aux failles émotionnelles de Kate. Sur le papier, l’idée est intéressante. Dans les faits, le résultat reste inégal, parfois touchant, parfois inutilement étiré. Je n’ai pas détesté ces épisodes, mais je ne peux pas dire qu’ils aient complètement corrigé les défauts du début. La série gagne un peu en profondeur, tout en conservant un rythme lent qui finit par peser. Ces deux épisodes mettent davantage l’accent sur les mécanismes de défense de Kate.
Jusqu’ici, son évitement sentimental pouvait sembler flou, presque artificiel. Les épisodes 3 et 4 cherchent à expliquer ce comportement, notamment à travers son passé et sa relation compliquée avec sa mère. Kate n’est pas présentée comme une victime pure et simple. Elle a blessé des gens, parfois sans réellement mesurer les conséquences. Le retour d’un ancien partenaire, qu’elle avait brutalement écarté lorsqu’une relation devenait trop sérieuse, agit comme un miroir peu flatteur. La série montre enfin que le ghosting n’est pas seulement un concept abstrait, mais une expérience qui laisse des traces durables chez celui qui le subit. Ce choix scénaristique est plutôt juste.
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Même si Kate reste attachante grâce à Mae Whitman, il devient difficile de défendre systématiquement ses décisions. Elle agit souvent par peur, puis se réfugie derrière une forme d’ironie ou de détachement émotionnel. Cette lucidité tardive constitue l’un des rares moments où la série semble réellement progresser. Le rendez-vous dans un escape game de Noël aurait pu apporter un vrai souffle. Visuellement, l’idée fonctionne, l’ambiance est festive et sort du cadre classique du dîner romantique. Pourtant, ce moment tombe un peu à plat. Le partenaire de Kate n’est pas là pour construire quoi que ce soit, mais pour régler un compte personnel. La scène sert davantage de rappel moral que de véritable étape narrative.
L’idée de karma est survolée sans être réellement exploitée. Kate encaisse, doute, puis passe à autre chose. L’impact émotionnel reste limité, comme si la série hésitait à aller trop loin dans la remise en question de son héroïne. L’arrivée de la mère de Kate marque un tournant important dans ces épisodes. Elle débarque sans prévenir, s’impose dans le quotidien déjà fragile de sa fille et ravive des blessures mal refermées. Cette dynamique mère-fille est probablement l’aspect le plus intéressant de ces épisodes… et aussi l’un des plus frustrants. La mère de Kate est présentée comme instable, envahissante, parfois maladroite, parfois égoïste. Pourtant, la série semble hésiter à la confronter pleinement à ses responsabilités. Le malaise est bien là, mais il n’est jamais totalement assumé.
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Kate oscille entre colère, culpabilité et résignation, sans que cela débouche sur une véritable confrontation. Ce traitement donne un sentiment d’inachevé. La relation est complexe, crédible, mais elle manque de résolution, ce qui renforce cette impression générale d’une histoire qui s’étire sans toujours savoir où aller. Encore une fois, la relation entre Mac et Evelyn apparaît comme la plus naturelle de la série. Leur escapade improvisée, leurs confidences tardives et leur manière d’aborder le deuil et la solitude sonnent juste. Cette romance mature évite les artifices habituels et repose sur des échanges simples. Elle apporte un contrepoint intéressant à l’agitation sentimentale de Kate.
Là où cette dernière analyse tout à l’excès, Mac et Evelyn avancent avec prudence, mais sans se cacher derrière des faux-semblants. Malheureusement, cette intrigue secondaire semble presque plus aboutie que l’histoire principale. Elle souligne involontairement les faiblesses du fil narratif central, notamment son manque de progression concrète. Les épisodes 3 et 4 commencent à lever le voile sur une tension longtemps suggérée entre Kate et Callum. Leur relation évolue lentement, peut-être trop lentement, mais la complicité entre Mae Whitman et Julian Morris fonctionne. Ce qui est intéressant, c’est que Callum n’est pas immédiatement positionné comme une option romantique évidente.
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Il agit d’abord comme un soutien, parfois maladroit, parfois trop protecteur. Sa difficulté à préserver l’héritage de sa mère, notamment autour de la boulangerie et du fameux poirier, ajoute une dimension plus intime à son personnage. Cependant, cette intrigue s’empile sur d’autres sans réel équilibre. Entre les rendez-vous, les conflits amicaux, la mère envahissante et les blessures du passé, l’ensemble commence à manquer de lisibilité. L’un des problèmes majeurs de ces épisodes réside dans l’accumulation des tensions. Chaque personnage semble traverser sa propre crise, sans que la série prenne le temps d’en développer une pleinement. Les conflits apparaissent, se résolvent parfois trop vite, ou restent en suspens sans réel impact durable.
Cela donne une impression de dispersion. L’émotion est là, mais elle n’est pas exploitée jusqu’au bout. Certains échanges auraient gagné à être resserrés, voire supprimés, afin de donner plus de poids aux moments clés. Mae Whitman continue de porter la série sur ses épaules. Son jeu reste nuancé, jamais excessif. Elle parvient à rendre crédible une héroïne parfois agaçante, souvent indécise, mais profondément humaine. Ce sont les petits gestes, les silences, les regards qui donnent de l’épaisseur à Kate, bien plus que les dialogues eux-mêmes. Malgré cela, même son interprétation ne suffit pas à masquer certaines longueurs. Plusieurs scènes donnent le sentiment d’être là pour remplir un format plutôt que pour servir le récit.
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À l’issue des épisodes 3 et 4, Twelve Dates ’Til Christmas semble enfin savoir ce qu’elle veut raconter, sans encore réussir à le faire de manière fluide. Les thèmes abordés — peur de l’abandon, difficulté à faire confiance, poids des relations familiales — sont intéressants, mais traités avec une prudence excessive. Le format mini-série commence à montrer ses limites. L’histoire aurait probablement gagné en efficacité avec un format plus resserré, quitte à sacrifier certains arcs secondaires. En l’état, l’ensemble reste correct, parfois touchant, parfois franchement monotone.
Ces épisodes apportent davantage de matière émotionnelle que les précédents, sans pour autant transformer la série. Twelve Dates ’Til Christmas devient plus introspective, mais conserve un rythme trop lent pour maintenir un véritable engagement. La curiosité demeure pour la suite, principalement grâce à Mae Whitman et à la relation ambiguë avec Callum. Pourtant, l’impression générale reste celle d’une série moyenne, sympathique sans être marquante, qui aurait sans doute trouvé un meilleur équilibre sous la forme d’un téléfilm plutôt que d’une mini-série étirée.
Note : 4.5/10. En bref, ces épisodes apportent davantage de matière émotionnelle que les précédents, sans pour autant transformer la série. Twelve Dates ’Til Christmas devient plus introspective, mais conserve un rythme trop lent pour maintenir un véritable engagement.
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