7 Décembre 2025
Je regarde souvent les productions de Noël avec une certaine indulgence. L’idée n’est pas d’y chercher la complexité d’un grand drame, mais plutôt un peu de chaleur et une ambiance confortable. C’est dans cet état d’esprit que j’ai découvert Twelve Dates ’Til Christmas, mini-série centrée sur Kate, interprétée par Mae Whitman. J’apprécie beaucoup cette actrice, capable de rendre un personnage crédible en deux répliques, et c’est d’ailleurs ce qui m’a poussé à lancer ces premiers épisodes. Pourtant, après un début prometteur, l’enthousiasme s’est vite émoussé. Je le dis sans détour : la mini-série se regarde, mais elle tire un peu en longueur.
Kate, une créatrice de motifs textiles, s’occupe de son père séparé Mac à Blexford, en Angleterre. Laura lui présente « Les 12 rendez-vous de Noël », un programme de rencontre qui ravive sa vie et l’entraîne dans de nouvelles aventures.
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Par moments, j’ai même eu l’impression qu’un téléfilm aurait mieux servi l’histoire. Le format étiré donne la sensation que l’intrigue cherche à remplir le temps plus qu’à évoluer réellement. Cela n’enlève rien au charme discret de Mae Whitman, mais cela met en lumière un rythme inégal. Kate vit à Londres, où sa routine semble s’être installée au point de tout envahir. Entre un travail qu’elle traverse sans réel engagement et un père qu’elle soutient depuis qu’il a eu des soucis de santé, elle paraît avoir réduit sa vie à une série d'obligations. Elle avance sans véritable direction, comme si elle avait mis ses envies entre parenthèses. Ce tableau aurait pu donner naissance à un personnage profond, traversé de doutes et de contradictions, mais l’écriture reste assez sage, presque trop prudente.
Cela dit, Mae Whitman apporte une dimension plus sensible, plus réaliste. C’est grâce à elle que Kate garde un côté crédible, même quand l’histoire s’égare dans des situations un peu répétitives. Les amis de Kate, lassés de la voir faire passer tout le monde avant elle, orchestrent une sorte d'intervention amicale. Leur idée : la pousser à s’inscrire à un programme de rendez-vous organisés, “Twelve Dates ’Til Christmas”. Douze rencontres avant Noël, censées lui ouvrir l’esprit, voire son cœur. Je comprends l’intention scénaristique : montrer comment l’entourage peut inciter quelqu’un à sortir de sa bulle. Mais par moments, cette insistance paraît un peu envahissante.
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Cela crée quelques scènes amusantes, mais aussi une impression que la série force son propos plus qu’elle ne le laisse se développer naturellement. Le premier épisode place Kate dans la situation la plus décourageante qui soit : le date qui ne se présente pas. Rien de pire pour commencer une aventure sentimentale censée raviver l’envie d’aimer. Le moment aurait pu être traité avec plus de subtilité, mais il reste suffisamment embarrassant pour donner envie de compatir. Personnellement, je pense que j’aurais arrêté l’expérience dès cet instant. Kate, elle, persévère. Son attitude est admirable, même si l’histoire ne lui rend pas vraiment service en enchaînant les rencontres maladroites sans offrir de véritable pause émotionnelle.
Le rendez-vous suivant a lieu sur une patinoire, décor typique des romances de Noël. Le partenaire de Kate, Charlie, semble réservé mais prévenant. L’ambiance a un charme simple, presque familier. Pourtant, tout change quand la conversation glisse vers son passé amoureux. Le moment qui suit frôle le burlesque tant il est inattendu : Charlie fond littéralement en larmes au moment d’un baiser. Une scène à la fois étrange et un peu gênante. Cela aurait pu ajouter une touche de tendresse s’il y avait eu un véritable équilibre émotionnel, mais ce n’est pas vraiment le cas. À ce stade, l’impression qui se dégage est celle d’une mini-série qui mise sur des situations cocasses pour compenser un scénario qui peine à trouver sa voie.
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Lors d’un atelier culinaire, Kate rencontre Anthony. Leur duo fonctionne plutôt bien, mais pour des raisons plus pratiques que romantiques. Ni l’un ni l’autre n’a envie de remporter les cours supplémentaires promis au vainqueur, ce qui donne une dynamique légère et agréable. Mais la conversation s’alourdit rapidement lorsque Anthony dévoile ses intentions : il cherche une partenaire qui entrerait rapidement dans un cadre familial déjà établi, avec ses deux enfants. Kate, qui ne sait même pas ce qu’elle cherche, se retrouve face à une pression inattendue. Ce moment marque une sorte de point de bascule. Elle réalise qu’elle fait tout cela pour les autres, pas pour elle-même.
Et cette prise de conscience aurait pu être le cœur émotionnel de la mini-série… si l’écriture ne l’avait pas diluée dans une succession de dates maladroites. Fait assez surprenant : c’est la romance secondaire, celle du père de Kate, qui apporte un peu de fraîcheur. Son regain de motivation, ses tentatives pour retrouver un certain plaisir de vivre, et même sa complicité naissante avec une femme de son âge, donnent à l’histoire un souffle plus naturel. Cette intrigue parallèle dégage une sincérité que j’aurais aimé retrouver dans le fil principal. Elle montre ce que la mini-série aurait pu accomplir si elle avait mis davantage d’énergie dans l’évolution de ses personnages plutôt que dans une succession d’étapes imposées.
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Quand Kate reçoit finalement un message et des fleurs du fameux premier rendez-vous manqué, la mini-série tente de relancer l’intérêt. Le geste est agréable, mais je n’ai pas pu m’empêcher d’y voir un manque d’explications un peu agaçant. Richard, ce mystérieux absent, semble sincère, mais l’histoire ne donne pas assez d’éléments pour vraiment s’investir émotionnellement. La relation se construit sur des fragments, ce qui donne plus l’impression d’un prétexte narratif que d’un véritable arc romantique. Après deux épisodes, mon sentiment reste partagé. Il y a des idées intéressantes, quelques moments touchants, et la présence de Mae Whitman donne au projet une âme qu’il n’aurait probablement pas sans elle. Mais l’ensemble manque de rythme et s’étire inutilement.
La mini-série n’est pas désagréable, mais elle peine à garder l’attention. Il y a des lenteurs qui auraient gagné à être resserrées, et des scènes qui semblent conçues pour remplir les douze dates annoncées plutôt que pour enrichir l’histoire. À ce stade, j’ai l’impression d’une œuvre qui aurait été plus efficace en format téléfilm. Un récit davantage concentré aurait permis de donner du relief aux moments forts et d’épargner au spectateur certaines longueurs.
Note : 5/10. En bref, Twelve Dates ’Til Christmas n’est pas mauvaise, mais elle manque de vitalité. Elle se regarde par petites touches, surtout pour la prestation de Mae Whitman, toujours juste. Toutefois, la mini-série ne propose pas assez de nuances pour tenir sur la durée. Je poursuivrai sans doute par curiosité, mais en espérant que les épisodes suivants trouvent enfin le souffle qui manque à ce début trop sage et un peu trop étiré.
Prochainement en France
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