31 Janvier 2026
Spartacus: House of Ashur // Saison 1. Episode 9. Those Who Remain.
L’épisode 9 de Spartacus: House of Ashur, intitulé « Those Who Remain », s’éloigne volontairement de la démesure habituelle pour se concentrer sur les conséquences. Après les événements violents de l’épisode précédent, l’heure n’est plus à l’expansion ou à la conquête, mais au calcul, au deuil et aux compromis imposés par Rome. Cet épisode agit comme un resserrement progressif de l’étau, autant émotionnel que politique. Le retour du corps de Celadus au ludus donne immédiatement le ton. Sa mort continue de peser lourdement, en particulier sur Tarchon. Ce personnage, souvent enfermé dans une posture agressive et immature, laisse entrevoir une douleur plus sincère qu’attendu.
Le choix de préparer seul le corps de son père, en écartant Achillia, n’est pas présenté comme une provocation mais comme un réflexe de protection maladroit. Le deuil agit ici comme un révélateur, sans pour autant transformer Tarchon en figure apaisée. La relation entre Tarchon et Achillia évolue pourtant, lentement et sans effusion. La perte qu’ils partagent crée une forme de terrain commun, même si les rancœurs restent bien présentes. Leur affrontement dans l’arène, organisé pour satisfaire l’ego de visiteurs romains, sert autant de spectacle que de règlement de comptes. Achillia en sort victorieuse, mais le moment clé réside ailleurs : dans le refus d’achever Tarchon.
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Ce geste, risqué sur le plan politique, installe une dette silencieuse entre eux. Rien n’est résolu, mais quelque chose s’est déplacé. Pendant que le ludus tente de maintenir une façade de cohésion, Rome poursuit ses jeux d’influence. L’arrivée de Pompée à Capoue bouleverse les équilibres déjà fragiles. Son projet de mariage avec Viridia n’a rien de romantique ; il s’agit d’un mouvement stratégique destiné à consolider sa position. Cette alliance potentielle inquiète Crassus, et comme souvent, César apparaît au moment opportun, porteur de solutions qui servent avant tout ses propres intérêts. Ashur se retrouve une nouvelle fois pris au piège de loyautés contradictoires.
La pression exercée par César est claire : Gabinius doit disparaître pour que l’alliance matrimoniale échoue. Le refus n’est pas une option. Pourtant, Ashur tente de contourner l’ordre en imaginant un plan moins frontal, convaincu qu’il est possible de manipuler les apparences sans aller jusqu’au meurtre. Cette illusion de contrôle constitue l’un des points centraux de l’épisode. Le stratagème mis en place repose sur la mise en scène du scandale. Achillia est chargée d’approcher Pompée, profitant de l’intérêt qu’il lui porte après son combat. Les échanges permettent d’éclairer davantage son passé, rappelant que la violence qu’elle manie aujourd’hui est le résultat de choix imposés bien avant l’arène.
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Le poison administré à Pompée n’est pas destiné à le tuer, mais à le rendre vulnérable. L’objectif reste politique, pas sanglant. En parallèle, Gabinius est attiré à la villa d’Ashur, persuadé d’agir pour le bien de la République. L’ironie de la situation est cruelle. Pour la première fois, Gabinius reconnaît Ashur comme un égal, abandonnant même les sobriquets méprisants. Ces paroles, sincères ou non, touchent Ashur plus qu’il ne le montre. Elles rendent la suite des événements encore plus inconfortable. Le plan échoue partiellement. Gabinius surprend Pompée dans une situation compromettante, ce qui suffit à faire voler le mariage en éclats. Mais la confrontation dégénère.
La colère de Pompée entraîne une blessure grave, et la situation échappe définitivement à toute mise en scène contrôlée. Ce qui devait rester une manipulation devient un acte irréversible. La mort de Gabinius, étouffé par Ashur dans un moment de panique plus que de calcul, marque un basculement. Il ne s’agit pas d’un assassinat glorifié, mais d’un geste désespéré, lourd de conséquences. Ashur survit, encore une fois, mais à un prix qui dépasse largement le jeu politique. Cette scène rappelle que sa capacité à s’adapter repose souvent sur le sacrifice des autres.
Note : 7/10. En bref, « Those Who Remain » parle avant tout de ce qui subsiste après les ambitions. Le respect fragile entre Achillia et Tarchon, la culpabilité silencieuse d’Ashur, et les cicatrices laissées par Rome dessinent un épisode tourné vers l’après. À l’approche du final de la saison 1, Spartacus: House of Ashur insiste sur une idée simple : rester en vie ne signifie pas sortir indemne.
Disponible sur Ciné+ OCS
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