14 Janvier 2026
Après une première saison que j’avais trouvée profondément ratée, Palm Royale revenait avec une saison 2 censée corriger le tir. Sur le papier, la promesse restait la même : un soap luxueux, excessif, porté par un casting impressionnant, dans une ambiance rétro rappelant certaines grandes heures de la télévision américaine. Dix nouveaux épisodes plus tard, le constat reste nuancé, voire frustrant, même si la série opère quelques ajustements notables par rapport à ses débuts. La saison 1 donnait l’impression d’une série incapable de savoir ce qu’elle voulait être.
Trop absurde pour être réellement satirique, trop molle pour être un soap efficace, Palm Royale empilait les intrigues sans jamais leur donner de sens ni de conclusion. La saison 2, au moins, fait un choix clair : elle embrasse totalement le ridicule. Le problème, c’est que cette prise de position ne suffit pas toujours à transformer une écriture bancale en proposition solide. Dès les premiers épisodes, la série annonce la couleur. Il n’est plus question de réalisme, ni même de cohérence narrative minimale. Les rebondissements s’enchaînent à un rythme volontairement chaotique, parfois jusqu’à l’épuisement. Là où la saison 1 semblait hésiter entre plusieurs tons, la saison 2 assume une forme de délire permanent.
Cette évolution a le mérite de la clarté, mais elle met aussi en lumière les limites profondes du projet. Maxine reste le centre de gravité de Palm Royale. Kristen Wiig continue de porter la série à bout de bras, avec une énergie indéniable et un engagement qui force le respect. Le personnage gagne en exposition, mais pas nécessairement en profondeur. Ses décisions restent souvent incohérentes, et son arc narratif donne parfois l’impression de tourner en rond, malgré une accumulation d’événements spectaculaires. La saison 2 tente de lui offrir une trajectoire plus affirmée, mais confond souvent agitation et évolution. Là où la série progresse légèrement, c’est dans sa manière d’exploiter ses personnages secondaires.
Evelyn, notamment, devient bien plus qu’une simple antagoniste figée. Allison Janney bénéficie enfin d’une écriture un peu plus consistante, même si le personnage reste prisonnier de retournements artificiels dictés par les besoins du scénario. La relation entre Maxine et Evelyn constitue l’un des rares fils conducteurs intéressants de la saison, reposant sur une alliance instable plutôt que sur une opposition frontale. En revanche, certains défauts de la saison 1 persistent sans réelle remise en question. Palm Royale continue d’accumuler les intrigues sans prendre le temps de les développer. Des personnages apparaissent, disparaissent, changent de rôle ou de motivation d’un épisode à l’autre sans justification crédible.
Cette instabilité narrative empêche toute implication émotionnelle durable. Les enjeux sont sans cesse désamorcés par un nouveau rebondissement, souvent plus absurde que le précédent. La série semble toujours obsédée par l’idée d’en faire trop. Chaque épisode cherche à surenchérir sur le précédent, que ce soit par une révélation extravagante, un twist improbable ou une séquence volontairement outrancière. Ce choix peut divertir ponctuellement, mais il finit par créer une forme de lassitude. À force de vouloir surprendre, Palm Royale ne surprend plus vraiment. Le chaos devient la norme, et l’absence de respiration affaiblit l’impact des moments censés marquer. Visuellement, rien à redire. Les décors, les costumes et la direction artistique restent irréprochables.
Apple continue de financer une série qui, sur le plan esthétique, donne constamment l’illusion d’un produit prestigieux. Mais comme en saison 1, ce vernis luxueux sert surtout à masquer les faiblesses de l’écriture. La beauté des images ne suffit pas à compenser un récit qui peine toujours à raconter quelque chose de précis. La comparaison avec des soaps modernes comme Desperate Housewives ou même Why Women Kill revient souvent à l’esprit, mais elle joue encore une fois en défaveur de Palm Royale. Là où ces séries savaient équilibrer humour noir, drame et satire sociale, Palm Royale se contente souvent d’imiter les codes sans en comprendre les mécanismes.
La saison 2 est plus consciente de son côté artificiel, mais elle ne parvient pas à transformer cette conscience en véritable intelligence narrative. Les dix épisodes finissent par donner l’impression d’une longue fuite en avant. Le final, plus dense et plus spectaculaire que celui de la saison 1, tente de résoudre plusieurs arcs narratifs à la fois. Contrairement à la première saison, la saison 2 propose une forme de conclusion, ce qui constitue déjà un progrès. Cependant, cette résolution repose davantage sur une accumulation de solutions faciles que sur une construction patiente. Les réponses arrivent vite, parfois trop, comme si la série cherchait à se débarrasser de ses propres intrigues.
Il serait malhonnête de dire que la saison 2 n’apporte rien. Elle est plus lisible dans ses intentions, plus cohérente dans son ton, et parfois plus amusante que la saison précédente. Mais ces améliorations restent limitées. Les problèmes fondamentaux de Palm Royale sont toujours là : une écriture déséquilibrée, des personnages sacrifiés au profit de l’effet immédiat, et une incapacité chronique à faire exister ses idées au-delà du concept. Au final, la saison 2 de Palm Royale ressemble à une série qui a compris ce qu’on lui reprochait, sans vraiment savoir comment y répondre autrement qu’en appuyant encore plus fort sur ses travers. Le résultat est parfois divertissant, souvent confus, et rarement satisfaisant sur le plan narratif.
Le potentiel reste immense, surtout avec un casting de ce niveau, mais il continue d’être gâché par des choix d’écriture discutables. Après deux saisons, une question demeure : Palm Royale sait-elle réellement quelle série elle veut être ? La saison 2 apporte des éléments de réponse, mais pas forcément les plus rassurants. Elle assume son chaos, sans réussir à le transformer en véritable force créative. Pour une éventuelle suite, il ne suffira plus d’en faire davantage. Il faudra, enfin, en faire mieux.
Note : 5/10. En bref, la saison 2 de Palm Royale choisit enfin d’assumer pleinement son chaos, mais cette clarté d’intention ne suffit pas à corriger les faiblesses d’écriture déjà visibles en saison 1. Malgré quelques ajustements et un final plus conclusif, la série reste prisonnière de ses excès et gâche encore le potentiel de son casting.
Disponible sur Apple TV
Apple n’a pas encore renouvelé Palm Royale pour une saison 3, ni annulé la série, à l’heure où j’écris ces lignes.
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