Critiques Séries : Memory of a Killer. Saison 1. Episode 4.

Critiques Séries : Memory of a Killer. Saison 1. Episode 4.

Memory of a Killer // Saison 1. Episode 4. Unhappy Ending.

 

L’épisode 4 de la saison 1 de Memory of a Killer, intitulé « Unhappy Ending », laisse une impression contrastée. Sur le moment, le visionnage reste fluide et plutôt engageant, mais une fois l’épisode terminé, il peine à devenir mémorable, du moins jusqu’à ses dernières minutes. Le rythme volontairement lent donne parfois l’impression que l’histoire avance sans urgence, alors même que les enjeux autour d’Angelo devraient provoquer davantage de tension. Angelo est entièrement absorbé par une obsession : comprendre qui a tenté de tuer Maria. Cette quête personnelle prend tellement de place qu’elle occulte presque le danger immédiat qui pèse sur lui. 

 

Les avertissements concernant le Ferryman se multiplient depuis le début de la série, mais Angelo semble persuadé qu’il peut garder le contrôle, quitte à ignorer certains signaux évidents. Ce déni rend le personnage à la fois touchant et inquiétant. Ce qui complique encore davantage la situation, ce sont les premiers signes de ses troubles de la mémoire. Angelo n’est plus aussi précis ni aussi méthodique qu’autrefois. Les décisions sont prises dans l’urgence, parfois sans réelle préparation, et certaines erreurs paraissent difficilement rattrapables. Là où il savait autrefois compartimenter ses différentes vies, il commence à laisser filtrer des fragments de vérité à des personnes qui ne devraient jamais les voir.

Un détail en apparence anodin illustre parfaitement ce glissement : Angelo s’excuse de ne pas avoir monté un berceau qui est pourtant bien présent. Oubli réel ou manipulation extérieure ? L’épisode laisse planer le doute. Cette ambiguïté fonctionne bien, car elle alimente l’idée qu’Angelo ne maîtrise plus totalement son environnement, ni même ses propres souvenirs. Linda Grant continue de s’imposer comme l’un des éléments les plus intéressants de la série. Sa progression est discrète mais constante. Chaque scène la concernant donne l’impression qu’elle observe plus qu’elle ne parle, qu’elle accumule des indices en silence. 

 

Dans cet épisode, certaines décisions impulsives d’Angelo lui offrent presque involontairement ce dont elle a besoin pour resserrer son étau. Le déplacement des corps après l’attaque de l’entrepôt semble être l’erreur de trop, celle qui laisse une trace difficile à effacer. En parallèle, Maria contribue malgré elle à rapprocher les enquêteurs de son père. En cherchant des réponses par ses propres moyens, elle révèle l’existence de lieux et de chemins que très peu de personnes connaissent. Ce glissement progressif vers la vérité a quelque chose de tragique, car il repose davantage sur la douleur et la confusion que sur une réelle volonté de nuire à Angelo. L’épisode bascule réellement dans ses dernières scènes avec une révélation inattendue. 

En appelant un numéro trouvé sur le téléphone d’un homme qu’il a tué, Angelo découvre que Nicky n’est pas celle qu’elle prétend être. Jusqu’ici perçue comme une femme fragile, un peu trop proche du milieu criminel sans en être une actrice centrale, elle se révèle soudain sous un jour bien plus trouble. Cette révélation rebat les cartes et redonne à la série une impulsion qu’elle semblait avoir momentanément perdue. La question reste entière : Nicky tire-t-elle réellement les ficelles ou joue-t-elle un rôle imposé par d’autres ? À ce stade de la saison, il paraît encore tôt pour la désigner comme cerveau d’une opération d’une telle ampleur. L’hypothèse d’un mensonge partiel, motivé par la peur ou la contrainte, semble plus crédible. 

 

Quoi qu’il en soit, Angelo a probablement accordé sa confiance trop rapidement, à un moment où sa lucidité est déjà mise à rude épreuve. Le fil narratif autour du Ferryman devient peu à peu l’élément le plus intrigant de Memory of a Killer. Cette figure invisible agit comme un point de convergence entre tous les personnages. Pourtant, la rapidité avec laquelle certaines pièces du puzzle semblent s’assembler interroge. L’effondrement apparent d’un réseau aussi organisé donne l’impression que quelque chose échappe encore au regard d’Angelo, comme si le Ferryman se contentait de jouer avec lui. Les relations familiales continuent également de se tendre. 

Les scènes entre Angelo et son frère offrent des moments plus sincères, débarrassés des faux-semblants habituels. Elles contrastent fortement avec la manière dont Angelo gère Maria, oscillant entre protection maladroite et contrôle excessif. La tentative de l’obliger à quitter sa maison, sans réel dialogue, apparaît comme une décision précipitée qui ne fait qu’aggraver les tensions. Maria, de son côté, semble isolée, coincée entre un mari dépassé, un père secret et une police étonnamment permissive. Certaines décisions de Dave frôlent l’invraisemblance et renforcent l’idée que tout le monde perd progressivement pied. À mesure que les intrigues se croisent, une question commence à émerger : et si Angelo cherchait un ennemi extérieur pour éviter d’affronter une vérité plus dérangeante ? 

 

L’idée qu’il puisse être lié, d’une manière ou d’une autre, au tueur qu’il traque reste en arrière-plan. Ce serait un retournement logique, peut-être trop évident, mais la série pourrait encore surprendre en empruntant une voie moins attendue. Avec cet épisode 4, Memory of a Killer avance lentement mais pose des jalons importants. Tout commence à se confondre, et il devient de plus en plus difficile pour Angelo de maintenir ses mensonges. La chute ne semble plus être une possibilité abstraite, mais une échéance qui se rapproche, scène après scène.

 

Note : 6/10. En bref, avec cet épisode 4, Memory of a Killer avance lentement mais pose des jalons importants. Tout commence à se confondre, et il devient de plus en plus difficile pour Angelo de maintenir ses mensonges. 

Prochainement en France

 

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