Critiques Séries : Memory of a Killer. Saison 1. Episode 2.

Critiques Séries : Memory of a Killer. Saison 1. Episode 2.

Memory of a Killer // Saison 1. Episode 2. Ferryman.

 

Après un premier épisode centré sur la mise en place des personnages et du concept, l’épisode 2 de Memory of a Killer change légèrement de dynamique. Intitulé « Ferryman », il s’attarde davantage sur les conséquences directes de la tentative d’assassinat visant Maria. Le récit avance moins par surprise que par accumulation de tensions, qu’elles soient familiales, criminelles ou mentales. L’épisode reprend immédiatement à l’hôpital. Maria et son bébé s’en sortent sans blessures graves, mais l’impact psychologique est déjà bien présent. Angelo, quant à lui, tente de rester dans son rôle de père rassurant, tout en cherchant à comprendre qui a pu commanditer cette attaque. 

 

Cette double posture devient de plus en plus difficile à tenir, surtout lorsque l’enquête officielle commence à s’organiser autour de lui. L’intervention du détective Dave Woods permet d’introduire une piste crédible aux yeux de la police : Earl Hancock, l’homme responsable de la mort de la femme d’Angelo, récemment sorti de prison. Cette hypothèse offre une explication simple et presque rassurante, mais certains détails viennent rapidement semer le doute. Lors de l’interrogatoire, un nom surgit, presque par accident : le Ferryman. Cette mention agit comme un déclencheur immédiat chez Angelo, qui comprend que la menace dépasse largement le cadre d’une vengeance personnelle.

À partir de ce moment-là, Angelo mène sa propre enquête, en marge de toute procédure officielle. Cette décision s’inscrit dans la continuité du personnage tel qu’il a été présenté : méthodique, secret, habitué à régler les problèmes seul. Pourtant, l’épisode insiste davantage sur ses failles. Les troubles de la mémoire, déjà perceptibles dans l’épisode précédent, prennent ici une dimension plus inquiétante. Oublier l’emplacement de sa voiture ou perdre ses repères dans un environnement familier n’a rien d’anodin pour quelqu’un qui vit dans la clandestinité permanente. Sur le plan professionnel, la situation ne s’arrange pas. Dutch n’a pas digéré l’initiative prise par Angelo précédemment, et la confiance entre les deux hommes semble se fragiliser. 

 

Angelo est contraint d’accepter une nouvelle mission en binôme avec Joe, un jeune associé peu expérimenté. Cette collaboration forcée met en lumière une autre facette du personnage principal : une brutalité froide, dénuée de patience, qui rappelle qu’Angelo reste avant tout un tueur à gages. L’épisode évite soigneusement de le présenter comme une figure moralement excusable, et ce choix rend le portrait plus crédible. L’arrivée de l’agent du FBI Linda Grant marque un tournant important dans la série. Son regard extérieur tranche avec celui des personnages déjà installés dans l’entourage d’Angelo. Très rapidement, elle perçoit des incohérences dans son comportement, notamment lors de la fusillade ayant visé Maria. 

Là où d’autres acceptent une explication rassurante, Linda observe, analyse et doute. Cette nouvelle présence introduit une tension plus institutionnelle, moins émotionnelle mais tout aussi dangereuse pour Angelo. L’épisode progresse ensuite vers une révélation partielle. Angelo parvient à retrouver l’homme impliqué dans la tentative de meurtre de sa fille. Cette confrontation confirme l’existence du Ferryman, figure encore abstraite mais déjà présentée comme une autorité influente dans le milieu criminel. La menace ne disparaît pas, elle change simplement de forme. Angelo comprend qu’il n’a fait qu’éliminer un exécutant, pas la source du danger.

 

Pendant ce temps, Maria commence à observer son père différemment. Certains détails, jusque-là anodins, prennent une autre signification. Les absences répétées, le train de vie confortable, un article de presse oublié dans une veste… Rien n’est encore explicitement accusateur, mais le doute s’installe. Cette évolution est traitée avec retenue, sans basculer dans le mélodrame, ce qui renforce l’impact émotionnel de ces scènes. L’épisode 2 de Memory of a Killer repose donc moins sur l’action que sur l’élargissement de son intrigue. Les enjeux se multiplient, les cercles de menace se rapprochent, et l’état mental d’Angelo devient un élément central du suspense. 

Chaque décision semble désormais prise sous pression, avec le risque constant d’une erreur irréversible. Ce deuxième épisode n’apporte pas de réponses définitives, mais il approfondit efficacement les axes amorcés précédemment. La série prend le temps de construire son univers et d’installer ses conflits, quitte à ralentir légèrement le rythme. Ce choix narratif permet surtout de mieux comprendre à quel point Angelo Flannery évolue sur un terrain instable, où la perte de contrôle pourrait venir autant de ses ennemis que de sa propre mémoire.

 

Note : 7/10. En bref, après une introduction réussie, la série continue sur sa bonne lancée. J’ai hâte de voir la suite.

Prochainement en France

 

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