1 Avril 2026
Memory of a Killer // Saison 1. Episode 9. Shoot the Piano Player.
L’épisode 9 de Memory of a Killer marque un tournant assez clair dans la construction de la saison. Après la révélation de l’identité du Ferryman, la série ne cherche pas à faire durer le suspense inutilement. Au contraire, cet épisode choisit d’accélérer les choses en confrontant directement Angelo à une partie de la vérité. Ce choix narratif apporte une certaine satisfaction, même si tout n’est pas parfaitement maîtrisé. Dès les premières minutes, l’épisode donne le ton avec une scène centrée sur Dutch. Jusqu’ici, le personnage restait en retrait, souvent perçu comme un intermédiaire plus que comme un acteur direct.
Cette fois, il montre une facette plus brutale et concrète. Face à une tentative d’enlèvement qui tourne mal, il reprend rapidement le contrôle de la situation. Cette séquence permet de mieux comprendre pourquoi Angelo dépend de lui depuis si longtemps. Dutch n’est pas seulement un donneur d’ordres, il sait aussi agir quand la situation l’exige. Cette dynamique renforce d’ailleurs un point intéressant : la relation entre Angelo et Dutch repose sur une forme de méfiance constante. Angelo reproche à Dutch ses zones d’ombre, mais la critique semble presque ironique quand on connaît la double vie qu’il mène lui-même.
/image%2F1199205%2F20260401%2Fob_ac461a_vlcsnap-2026-03-31-13h20m28s844.png)
Cette tension entre les deux hommes apporte une dimension plus humaine au récit, même si elle reste encore partiellement exploitée. L’épisode s’attarde également sur le passé de Nicky, un élément qui permet de mieux comprendre ses choix. Son implication auprès du Ferryman ne repose pas sur une simple volonté de nuire, mais sur une contrainte bien plus personnelle. Cette nuance rend le personnage moins lisible, mais aussi plus crédible. Ses actions, parfois contradictoires, prennent alors un autre sens. Il devient difficile de la considérer uniquement comme une manipulatrice. Cependant, cette évolution pose une question : pourquoi Angelo continue-t-il à lui accorder une forme d’attention, voire de confiance ?
Malgré les signes évidents de danger, il semble hésiter à couper les ponts. Cette hésitation peut s’expliquer par son état mental, mais elle reste parfois difficile à accepter sur le plan narratif. Du côté de l’intrigue principale, l’épisode avance enfin sur la confrontation entre Angelo et Linda Grant. Depuis plusieurs épisodes, le personnage s’imposait comme une présence menaçante, mais encore floue. Ici, les échanges deviennent plus directs. Une scène en particulier, construite autour d’une rencontre apparemment anodine, fait évoluer la perception d’Angelo. Sans qu’il dispose de toutes les réponses, il comprend qu’un lien existe entre Grant et son passé.
/image%2F1199205%2F20260401%2Fob_8b9ed4_vlcsnap-2026-03-31-13h11m19s798.png)
Ce moment fonctionne bien car il repose davantage sur les regards et les sous-entendus que sur des révélations explicites. La tension s’installe progressivement, sans effet inutile. Pourtant, une fois cette étape franchie, l’épisode semble hésiter sur la direction à prendre. En parallèle, la série tente de maintenir un sentiment d’urgence en mettant en danger les proches d’Angelo. Maria se retrouve au cœur d’une nouvelle menace, cette fois plus directe. L’idée n’est pas nouvelle, mais elle prend ici une dimension différente, car les éléments mis en place depuis plusieurs épisodes convergent enfin. Son apprentissage du tir, introduit plus tôt dans la saison, trouve une utilité concrète.
La confrontation qui en découle reste efficace, même si son issue manque de surprise. Le déroulement laisse peu de place au doute, ce qui réduit l’impact émotionnel de la scène. Angelo intervient une nouvelle fois au moment décisif, ce qui renforce son rôle central mais limite aussi les risques perçus. La situation de Michael suit une logique similaire. La mise en scène laisse entendre un danger imminent, mais la résolution arrive sans véritable rupture. Ce choix donne l’impression que la série retient encore ses coups à ce stade, préférant réserver les conséquences les plus fortes pour le final. C’est sans doute là que l’épisode montre ses limites. Après une montée en tension bien construite, les dernières minutes peinent à maintenir le même niveau d’intensité.
/image%2F1199205%2F20260401%2Fob_f1f3a7_vlcsnap-2026-03-31-13h31m58s037.png)
Les enjeux sont présents, mais leur traitement reste relativement prévisible. Le sentiment de danger, pourtant essentiel à ce type de récit, s’en trouve atténué. Malgré cela, cet épisode remplit une fonction importante : il aligne les différentes intrigues en vue du dernier chapitre. Les connexions entre les personnages deviennent plus claires, même si certaines zones d’ombre persistent. Le rôle exact de certains protagonistes, notamment autour de l’organisation du Ferryman, mérite encore des éclaircissements. Un autre point intéressant concerne l’évolution d’Angelo lui-même. Face à Linda Grant, il adopte une posture moins froide qu’à l’accoutumée.
Une forme d’empathie apparaît, liée à la perte qu’elle a subie. Cette réaction contraste avec son comportement habituel et pose une question plus large : commence-t-il à remettre en cause ses propres règles ? Ce questionnement reste encore en surface, mais il pourrait jouer un rôle clé dans la conclusion de la saison. Car au-delà de l’intrigue criminelle, Memory of a Killer semble chercher à interroger la responsabilité d’Angelo dans ce qui lui arrive. À l’approche du dernier épisode, plusieurs interrogations demeurent. Maria découvrira-t-elle la vérité sur son père ? Jusqu’où Linda Grant est-elle prête à aller ? Et surtout, l’état de santé d’Angelo va-t-il continuer à influencer ses décisions de manière aussi imprévisible ?
Note : 7/10. En bref, cet épisode 9 agit donc comme une transition. Il apporte des réponses, tout en préparant le terrain pour une conclusion qui devra, cette fois, assumer pleinement ses enjeux. Reste à voir si la série choisira de prendre des risques ou de rester dans une zone plus sécurisée.
Prochainement en France
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog