15 Février 2026
La collection Angoisse de chez Rimini Editions c’est vraiment mon plaisir depuis un moment maintenant. Qu’un éditeur sorte tous ces films d’horreur (ils sont plus de 40 maintenant dans la collection) oubliés ravis constamment le fan de cinéma d’horreur que je suis. Cette fois-ci on se penche sur Le cri des ténèbres, dernier né de la collection.
Ca parle de quoi ?
Heather, 18 ans, va passer l’été chez sa grand-mère Maude qu’elle n’a pas revue depuis longtemps. Celle-ci, veuve depuis quelques années, vient de transformer le salon funéraire qu’elle dirigeait avec son mari en maison d’hôtes. Alors que les clients commencent à arriver, certains disparaissent de façon étrange, et d’autres sont assassinés. Y’aurait-il un lien entre ces crimes et la mystérieuse personne avec laquelle la grand-mère semble s’entretenir à la cave ?
/image%2F1199205%2F20260215%2Fob_1b6d32_funeral-home-01-24-22-11-still027.png)
Dans le vaste univers du cinéma d’horreur des années 80, certains films misent tout sur l’hémoglobine et les effets chocs. D’autres, plus discrets, préfèrent installer un climat oppressant et jouer avec les nerfs du spectateur. Le cri des ténèbres appartient clairement à cette seconde catégorie. Ce long-métrage, réalisé par William Fruet, propose une expérience plus feutrée que spectaculaire, et c’est précisément ce qui fait son charme. L’histoire nous entraîne dans une petite ville isolée où une adolescente vient prêter main-forte à sa grand-mère. Cette dernière a décidé de transformer l’ancienne maison funéraire familiale en pension de famille pour touristes de passage.
Le décor est planté : un bâtiment chargé d’histoire, un passé trouble et une atmosphère estivale en apparence paisible. Rapidement, les premiers clients arrivent… et disparaissent tout aussi vite. Ces événements étranges ne semblent pas nouveaux dans la région. Aidée par un jeune adjoint du shérif, la jeune héroïne commence à relier les indices. Les rumeurs autour du grand-père, ancien croque-mort mystérieusement volatilisé, refont surface. La cave, interdite d’accès, devient le cœur des soupçons. Le scénario n’a rien de révolutionnaire, et les amateurs aguerris devineront sans doute une partie du mystère avant le dénouement. Pourtant, je dois avouer que cela ne m’a pas dérangé.
/image%2F1199205%2F20260215%2Fob_300bb8_funeral-home-01-26-08-18-still028.png)
Parfois, il est agréable de retrouver une structure classique, solidement construite, qui assume ses influences. Contrairement à de nombreux slashers de son époque, Le cri des ténèbres ne cherche pas à imiter Halloween de John Carpenter. Il s’inscrit davantage dans la lignée du suspense psychologique popularisé par Alfred Hitchcock avec Psychose. On retrouve cette influence dans la construction du mystère, dans la gestion des silences et dans l’importance accordée aux lieux. La maison, avec ses couloirs sombres et son sous-sol inquiétant, devient un personnage à part entière. Les murs semblent imprégnés des secrets du passé.
Ce choix artistique confère au film une élégance rare pour une production à budget modeste. Ici, pas d’avalanche d’effets spéciaux ni de surenchère gore. L’horreur reste suggérée, presque pudique, ce qui renforce paradoxalement son impact. Ce que j’ai particulièrement apprécié, c’est l’atmosphère typique du début des années 80. Une ambiance estivale un peu figée, des décors ruraux baignés de lumière naturelle, une bande-son discrète mais efficace… Tout concourt à créer un sentiment de malaise progressif. Le rythme est posé. Certains pourraient le trouver trop calme, mais pour ma part, j’y ai vu une qualité. Le film prend le temps d’installer ses personnages et de laisser planer le doute.
/image%2F1199205%2F20260215%2Fob_f75adf_funeral-home-00-37-19-03-still012.png)
On observe, on soupçonne, on attend. Les amateurs de sensations fortes et de meurtres graphiques risquent d’être déçus : Le cri des ténèbresprivilégie la tension psychologique à la violence explicite. Il s’agit davantage d’un thriller horrifique que d’un slasher sanguinolent. L’un des grands atouts du film réside dans son casting. L’actrice incarnant la grand-mère livre une prestation nuancée, oscillant entre douceur rassurante et étrangeté troublante. Elle donne une véritable épaisseur à son personnage, évitant la caricature. La jeune héroïne, quant à elle, incarne parfaitement la « fille d’à côté » : attachante, curieuse, déterminée sans être téméraire au point d’en devenir irréaliste.
Le duo qu’elle forme avec le jeune adjoint apporte une touche presque romantique, légère, qui contraste avec la noirceur sous-jacente de l’intrigue. Ces relations humaines participent à l’immersion. On ne regarde pas simplement une succession d’événements macabres ; on suit des personnages confrontés à un mystère qui les dépasse. Soyons honnêtes : Le cri des ténèbres n’est pas un chef-d’œuvre du cinéma d’horreur. Son budget limité se ressent par moments, certains dialogues manquent de profondeur et le suspense aurait pu être plus intense. Cependant, je trouve que ces imperfections contribuent presque à son charme. Le film dégage une sincérité que l’on retrouve rarement dans des productions plus ambitieuses.
/image%2F1199205%2F20260215%2Fob_ae44ef_funeral-home-00-27-33-10-still009.png)
Il ne cherche pas à impressionner à tout prix ; il raconte simplement une histoire inquiétante, avec sérieux et application. La mise en scène, bien que sobre, exploite intelligemment les décors. Les scènes dans la cave, notamment, comptent parmi les plus marquantes. L’utilisation récurrente de certains éléments visuels, comme la présence d’un chat noir, renforce l’atmosphère mystérieuse. Si vous êtes amateur de slashers modernes ultra-violents, passez votre chemin. En revanche, si vous appréciez les thrillers horrifiques à l’ancienne, construits autour d’un mystère et d’une ambiance soignée, Le cri des ténèbres mérite votre attention.
C’est le genre de film que l’on regarde un soir pluvieux, pour frissonner sans être traumatisé. Il ne bouleverse pas les codes du genre, mais il les respecte avec intelligence. Et parfois, cela suffit largement. En résumé, Le cri des ténèbres est une œuvre modeste mais solide, qui privilégie l’atmosphère au spectaculaire. Un thriller efficace, imparfait mais sincère, qui séduira les nostalgiques du cinéma d’horreur des années 70 et 80.
/image%2F1199205%2F20260215%2Fob_4f6dfa_le-cri-des-tenebres-3d-ouvert.png)
Et le Blu-ray ?
Bonne nouvelle pour les fans de vieux films d’horreur : Le cri des ténèbres arrive en Blu-ray chez Rimini Éditions, dans la collection « Angoisse ». Cette sortie en Combo Blu-ray + DVD permet de redécouvrir le film dans une version plus propre et plus agréable que les anciennes éditions. Il faut le dire tout de suite : on ne parle pas ici d’un film à gros budget. Le cri des ténèbres est une petite production des années 80, et cela se voit encore aujourd’hui. Malgré tout, l’image proposée en Blu-ray est globalement satisfaisante. Les détails sont bien visibles, surtout sur les visages et dans certaines scènes à l’intérieur de la maison. Le film garde son aspect d’origine, avec un léger grain à l’écran, ce qui renforce son côté vintage.
Les couleurs sont naturelles, un peu chaudes, et restent fidèles à l’ambiance du film. Par moments, les noirs ne sont pas très profonds et quelques plans paraissent un peu instables, mais rien de vraiment gênant. Les scènes en extérieur sont d’ailleurs les plus réussies, avec une image plus nette et agréable. En résumé, ce n’est pas spectaculaire, mais c’est propre et respectueux du film. Côté son, on retrouve la version originale et la version française. Là encore, il faut garder en tête l’âge du film. La version originale est la plus agréable à écouter, même si les dialogues manquent parfois un peu de clarté. La musique composée par Jerry Fielding reste bien présente et participe à l’ambiance inquiétante.
/image%2F1199205%2F20260215%2Fob_02f81e_funeral-home-00-13-25-15-still006.png)
La version française, fidèle au doublage des années 80, sonne un peu plus artificielle. Les voix semblent parfois moins naturelles, mais cela reste tout à fait regardable sans problème. Les suppléments sont assez légers. On retrouve la bande-annonce d’époque, toujours sympathique à revoir. Le vrai point fort de cette édition, c’est le livret écrit par Marc Toullec. Il revient sur le travail du réalisateur William Fruet, explique le contexte de production et aide à mieux comprendre le film. C’est un ajout vraiment appréciable pour les curieux. Au final, ce Blu-ray de Le cri des ténèbres ne révolutionne rien, mais il propose une version propre et fidèle du film. Une édition idéale pour les amateurs d’horreur des années 80 qui veulent découvrir (ou redécouvrir) ce thriller dans de bonnes conditions.
Caractéristiques techniques
ÉDITION COLLECTOR BR + DVD + LIVRET - DIGIPACK + SUPPLÉMENTS :
> William Fruet, d’auteur à horreur : livret de 24 pages écrit par Marc Toullec
Master Haute Définition - Durée : 1H32
Langues : Français et Anglais mono - Sous-titres : Français
Son : Dolby Audio (DVD) et DTS-HD (Blu-Ray)
Titre VO : Funeral Home – Année de production : 1980
Combo Blu-Ray + DVD disponible au prix public conseillé de 24,99 €
Une sortie de RIMINI ÉDITIONS
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog