Woman and Child (DVD)

Woman and Child (DVD)

Disponible depuis juillet 2026 en DVD sous la bannière de Diaphana Distribution, Woman and Child marque le retour du cinéaste iranien Saeed Roustaee. Révélé à l'international par la force brutale de son polar La Loi de Téhéran, le réalisateur délaisse ici le thriller urbain pour revenir à ses thèmes de prédilection : le portrait de famille et la place des femmes au sein d'une société patriarcale étouffante. Présenté en compétition officielle au Festival de Cannes 2025, le long-métrage s'avance comme un drame intime sur la justice, les apparences et la condition féminine en Iran.

 

Ca parle de quoi ?

Mahnaz est une infirmière d'une quarantaine d'années qui élève seule ses deux enfants, Aliyar et Neda, tout en vivant sous le même toit que sa mère et sa sœur. Alors qu'elle fréquente Hamid, un ambulancier qui la presse de l'épouser, Mahnaz hésite à s'engager formellement, redoutant l'impact du mariage sur leur couple. Pour satisfaire la famille conservatrice d'Hamid lors d'une présentation officielle, la présence des enfants doit être temporairement dissimulée. Mais la chaîne d'événements s'enraye lorsque l'aîné, Aliyar, est exclu de son collège pour indiscipline. Cet incident banal enclenche une réaction en chaîne tragique, poussant Mahnaz dans une quête acharnée de justice et de réparation au milieu d'un réseau de mensonges et de tensions familiales.

 

Woman and Child : la surcharge mélodramatique d'un auteur en quête de repères

Saeed Roustaee s'est imposé dans le paysage cinématographique grâce à un style d'une intensité rare, fondé sur une tension permanente et des dialogues au couperet. Après une virée réussie du côté du cinéma du genre, le cinéaste choisit avec Woman and Child de replonger dans la peinture sociale et les dynamiques familiales. Mais là où ses précédentes œuvres trouvaient un équilibre subtil entre réalisme brut et drame psychologique, ce nouveau long-métrage s'embourbe dans les travers d'un mélodramatisme appuyé qui peine à convaincre. Le principal écueil de l'œuvre réside dans son écriture et dans le traitement de ses protagonistes. 

 

Dès l'entame du récit, le film se heurte à une difficulté majeure : l'absence presque totale d'empathie envers ses personnages. Qu'il s'agisse de l'adolescent arrogant et insupportable, de sa mère dont l'aveuglement maternel frôle parfois le déni absolu, ou des figures masculines gravitant autour de la famille, chacun brille par une forme de veulerie ou d'égoïsme. Cette absence de chaleur aurait pu déboucher sur un constat sociologique incisif et rugueux quant à la décomposition du noyau familial traditionnel. Malheureusement, le scénario préfère bifurquer vers des ressorts narratifs artificiels. Pour maintenir la tension sur plus de deux heures de métrage, le film use et abuse de rebondissements outranciers. 

 

La trajectoire de Mahnaz, qui se transforme progressivement en une figure vindicative et implacable, s'appuie sur une succession de coups du sort et de révélations qui rappellent les mécaniques des séries télévisées larmoyantes. Le récit manque singulièrement de nuances : les personnages masculins sont relégués au rang d'archétypes antipathiques, tandis que les relations féminines, bien que traversées par la notion de trahison, sombrent régulièrement dans des manifestations d'émotions surjouées. La scène de réconciliation finale, d'une lourdeur symbolique évidente, illustre ce trop-plein d'effets qui affaiblit le propos au lieu de le renforcer. Sur le plan de la mise en scène, Saeed Roustaee conserve néanmoins une indéniable maîtrise technique. La caméra est mobile, les cadres sont travaillés avec soin et le rythme ne faiblit jamais réellement. 

 

Cependant, cette virtuosité visuelle semble souvent tourner à vide. Les effets d'amplification et le découpage nerveux, qui faisaient des merveilles dans le cadre poisseux d'un polar, apparaissent ici disproportionnés au regard d'une intrigue domestique qui aurait mérité plus de retenue et de pudeur. En voulant dénoncer avec virulence la domination masculine et la rigidité du système judiciaire iranien, Roustaee enfonce des portes ouvertes sans apporter le regard neuf ou la finesse d'autres auteurs contemporains de son pays. Woman and Child reste une œuvre exécutée avec soin par des comédiens investis, mais le film s'avère trop démonstratif et surchargé d'artifices pour s'imposer comme une grande réussite de son auteur.

 

Et le DVD ?

Pour le marché vidéo, l'éditeur Diaphana propose une édition DVD particulièrement soignée, tirant le meilleur parti de la définition standard pour offrir une restitution fidèle du travail de Saeed Roustaee. Sur le plan visuel, ce DVD délivre une prestation de haut vol pour son format. La définition offre un visuel très satisfaisant qui restitue avec clarté les détails des visages, des costumes et des décors intérieurs. La colorimétrie respecte la vision réaliste du film avec un bel équilibre des nuances. La gestion des contrastes est irréprochable, maintenant des noirs bien lisibles lors des nombreuses scènes de nuit ou à faible éclairage. La compression s'avère parfaitement maîtrisée, garantissant un visionnage fluide sans artefacts gênants.

 

Côté son, l'absence de piste française ne choquera pas les amateurs de cinéma d'auteur. L'édition privilégie la version originale iranienne sous-titrée en français, en offrant le choix entre une piste stéréo et un mixage 5.1. La piste multicanale se distingue par sa grande clarté. Les dialogues ressortent avec une intelligibilité irréprochable sur la voie centrale. La spatialisation reste mesurée mais efficace, insufflant la juste dose de bruits d'ambiance sur les canaux arrière lors des séquences en extérieur pour immerger le spectateur. L'interactivité est enrichie par un entretien captivant de 22 minutes avec Asal Bagheri, universitaire et spécialiste du cinéma iranien. 

 

Dans cette véritable leçon de cinéma, elle replace Saeed Roustaee au sein du cinéma social contemporain et analyse sa trilogie consacrée aux figures féminines. Elle aborde la portée symbolique du titre, la vision de la famille et la trajectoire de l'héroïne face aux lois patriarcales. Une intervention riche et synthétique qui apporte une réelle plus-value à cette édition.

 

Disponible en Blu-ray et DVD au prix conseillé de 19,99€

 

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