6 Mars 2026
Grey’s Anatomy // Saison 22. Episode 12. Get Lucky.
Après plus de vingt saisons, il est normal qu’une série comme Grey's Anatomy connaisse des épisodes plus mineurs. Avec un volume d’épisodes aussi important chaque année, tous ne peuvent pas marquer durablement les spectateurs. Pourtant, en regardant l’épisode 12 de la saison 22, je n’ai pas seulement eu l’impression d’être face à un épisode de transition. J’ai surtout eu le sentiment de voir condensés plusieurs problèmes qui traversent la série depuis quelque temps. Depuis le début de cette saison, il y a eu quelques moments intéressants.
L’épisode 8 proposait par exemple un regard touchant sur Richard et sa santé, tandis que l’épisode 11 tentait de remettre en avant la relation entre médecins et patients à travers Lucas et Bailey. Mais malgré ces instants, la saison 22 peine encore à trouver un véritable élan. Cet épisode 12 illustre assez bien ce sentiment. On y retrouve des éléments qui rappellent l’ADN de la série… mais ils semblent parfois noyés dans des intrigues répétitives ou mal équilibrées. Un point mérite tout de même d’être souligné : l’épisode poursuit directement l’un des cas médicaux introduits dans l’épisode précédent.
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Cela peut sembler anodin, mais c’est un détail qui rapproche la série de ses premières saisons. À l’époque, les intrigues médicales ne se résolvaient pas toujours en une journée. Certains patients revenaient plusieurs fois, obligeant les médecins à revoir leurs décisions et à affronter les conséquences de leurs choix. Ici, Teddy doit reconnaître que l’opération qu’elle a privilégiée n’était pas la bonne. Elle se tourne alors vers Winston pour tenter de corriger la situation. Sur le papier, cette dynamique aurait pu être intéressante. Teddy accepte son erreur, ce qui est rare pour un personnage occupant un poste de responsabilité. Le problème vient plutôt de la réaction de Winston.
Son attitude donne parfois l’impression qu’il savoure le fait d’avoir eu raison. On peut comprendre sa frustration après le désaccord de l’épisode précédent, mais ce type de posture n’aide pas vraiment à résoudre une crise médicale. Plus largement, cette intrigue met en lumière un souci structurel dans la série : il devient difficile de savoir qui dirige réellement les différents services de l’hôpital. Depuis le départ de plusieurs figures d’autorité, la structure du Grey Sloan Memorial semble moins claire. Les lignes hiérarchiques se sont progressivement brouillées, et cet épisode en est une bonne illustration.
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Dans le service de cardio, par exemple, Teddy et Winston semblent parfois fonctionner comme deux chefs concurrents plutôt que comme des collègues complémentaires. Cette ambiguïté peut créer des tensions intéressantes, mais elle finit aussi par affaiblir la crédibilité de certaines décisions médicales. Dans les premières saisons, la hiérarchie était beaucoup plus visible. Les internes savaient à qui ils devaient rendre des comptes, et les chefs de service avaient un rôle bien défini. Aujourd’hui, tout paraît plus diffus. Ce n’est pas forcément un problème narratif en soi, mais cela renforce l’impression d’un hôpital où personne ne semble vraiment tenir les rênes.
Un autre aspect qui me laisse perplexe concerne certains personnages secondaires, notamment Mohanty. Pour l’instant, son rôle semble surtout se résumer à deux éléments : sa relation avec Blue et une forme de rivalité avec Jules. Ce type de dynamique peut fonctionner si elle révèle quelque chose de plus profond sur les personnages. Mais ici, la rivalité paraît surtout alimentée par de l’insécurité et de la jalousie. Mohanty semble vouloir être à la fois une chirurgienne froide et compétitive, tout en cherchant l’approbation de ses collègues et de ses patients. Ce mélange pourrait être intéressant s’il était exploré plus en profondeur.
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Pour l’instant, il donne surtout l’impression d’un personnage qui oscille entre plusieurs directions sans que l’on comprenne réellement ses motivations. La scène où Jules lui tient tête dans le bloc opératoire montre pourtant que cette intrigue pourrait déboucher sur quelque chose de plus solide. Mais là encore, tout dépendra de la manière dont la série choisira de développer ces personnages. Parmi les nouveaux internes, Bryant est peut-être celui qui m’intrigue le plus. À plusieurs reprises cette saison, il a montré une vraie sensibilité avec les patients. On se souvient notamment de sa connexion avec un jeune patient autiste quelques épisodes plus tôt.
Ce type de moment rappelle ce que Grey’s Anatomy savait faire dans ses premières années : montrer des médecins qui apprennent autant des patients que de leurs mentors. Malheureusement, Bryant reste souvent cantonné à son rôle dans l’intrigue amoureuse avec Simone. Et c’est là que la série perd un peu de son équilibre. Les relations amoureuses ont toujours fait partie de l’identité de la série. Les histoires entre Meredith et Derek ou Cristina et Burke en sont des exemples marquants. Mais ces romances s’intégraient à des trajectoires personnelles plus larges. Aujourd’hui, certains personnages semblent définis presque uniquement par leurs relations sentimentales.
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C’est particulièrement visible avec Bryant, dont on aimerait voir davantage le parcours médical. L’épisode poursuit également l’histoire entre Amelia et Toni. Et une fois encore, la série retombe dans un schéma déjà exploré plusieurs fois avec Amelia. Après une seule nuit passée ensemble, Amelia parle déjà de relation et envisage même la manière d’intégrer cette histoire dans sa vie de famille. Ce rythme donne l’impression que le personnage n’a pas vraiment évolué malgré les événements récents. Dans l’épisode précédent, on pouvait déjà se demander si Amelia avait réellement tiré des leçons de sa pause. L’épisode 12 ne dissipe pas ce doute.
Heureusement, tout n’est pas à jeter dans cet épisode. L’une des intrigues les plus touchantes concerne Bailey et Ben. Après les reproches de Lucas dans l’épisode 11, Bailey montre à quel point elle reste investie dans le sort de ses patients. Son obsession pour Katie rappelle la manière dont elle fonctionnait dans les premières saisons : une médecin capable de s’accrocher à un cas jusqu’à trouver une solution. La dynamique entre Bailey et Ben apporte aussi une respiration bienvenue. Leur relation montre qu’un couple stable peut exister dans cet univers sans forcément tomber dans un drame permanent. À l’inverse, la relation entre Jo et Link traverse une période plus compliquée.
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L’arrivée de leurs bébés bouleverse leur quotidien, et la fatigue s’accumule. Le conflit autour du besoin de s’échapper quelques heures est finalement assez crédible. Beaucoup de jeunes parents traversent ce type de moment. Le problème n’est pas tant la dispute que la manière dont Link choisit de fuir la situation. Jo a raison de souligner que chacun mérite un moment de répit. La parentalité ne devrait pas devenir une compétition pour savoir qui est le plus épuisé. En regardant cet épisode 12, je me suis surpris à penser que Grey’s Anatomy retrouve parfois ce qui faisait sa force… avant de s’en éloigner à nouveau.
Les scènes avec Bailey, certains moments médicaux ou les interactions entre internes montrent que la série possède encore les ingrédients qui ont construit son succès. Mais l’équilibre entre drame médical et intrigues personnelles semble plus fragile qu’autrefois. Avec un casting aussi large, il devient difficile de donner à chacun l’espace nécessaire pour exister. Peut-être que la solution serait simplement de ralentir et de se concentrer sur moins de personnages à la fois. Parce que derrière les intrigues répétitives et les romances précipitées, on aperçoit encore par moments la série qui nous a fait rester toutes ces années. Reste à savoir si la saison 22 choisira de raviver cette flamme… ou de continuer à tourner en rond.
Note : 4/10. En bref, en regardant cet épisode, je me suis surpris à penser que Grey’s Anatomy retrouve parfois ce qui faisait sa force… avant de s’en éloigner à nouveau. Léquilibre entre drame médical et intrigues personnelles semble plus fragile qu’autrefois.
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