Critiques Séries : Grey’s Anatomy. Saison 22. Episode 14.

Critiques Séries : Grey’s Anatomy. Saison 22. Episode 14.

Grey’s Anatomy // Saison 22. Episode 14. Wrecking Ball.

 

Après plusieurs épisodes où la saison 22 de Grey's Anatomy semblait hésiter sur la direction à prendre, cet épisode 14 donne le sentiment d’un tournant. Pas forcément une révolution, mais au moins une tentative de rééquilibrer ce qui faisait le sel de la série : des cas médicaux forts, des relations humaines crédibles et une continuité émotionnelle. Si je repense aux épisodes 11 et 12, j’avais justement ce ressenti de stagnation, avec des intrigues qui tournaient en rond et une impression que certains personnages n’évoluaient plus vraiment. 

 

L’épisode 13 avait amorcé quelque chose de plus intéressant avec l’aggravation du cas de Katie. Ici, on en récolte les conséquences, et ça fonctionne. On savait tous, plus ou moins, où allait nous mener l’histoire de Katie. Depuis l’arrêt de son traitement, la série préparait le terrain. Et pourtant, même en anticipant la fin, j’ai trouvé que l’épisode parvenait à créer une vraie émotion. Ce qui m’a marqué, c’est la manière dont la série prend le temps de montrer les derniers instants. Ce n’est pas spectaculaire, ce n’est pas dramatisé à outrance. C’est presque simple, et c’est justement ce qui rend la scène difficile à regarder.

Le choix de faire avouer leurs sentiments à Lucas et Katie avant la fin peut diviser. Personnellement, je n’y croyais pas forcément, je pensais que la série resterait sur quelque chose de plus implicite. Mais avec du recul, ça donne du poids à leur relation. Ça rend la perte encore plus concrète. Et surtout, cela permet enfin à Lucas d’exister autrement que comme “le jeune médecin en apprentissage”. Depuis le début de la saison, il était souvent en retrait. Là, il traverse quelque chose qui va forcément le transformer. L’un des points les plus intéressants de cet épisode, c’est la tension entre Lucas et Simone. 

 

Contrairement à certaines intrigues relationnelles vues plus tôt dans la saison, celle-ci repose sur un vrai enjeu. Lucas rate les derniers instants de Katie. Et même si on comprend que Simone a agi dans l’intérêt du patient, on comprend aussi la frustration et la colère de Lucas. Ce n’est pas une dispute artificielle, c’est une réaction humaine. Ce que j’espère maintenant, c’est que la série ne va pas étirer ce conflit inutilement. Il y a quelque chose de fort à raconter ici, notamment sur la gestion du deuil et la responsabilité médicale. Mais si ça se transforme en drama répétitif, on perdra tout l’intérêt. Encore une fois, Bailey s’impose comme un pilier. 

Depuis plusieurs épisodes, la série insiste sur son rapport aux patients et sur son combat contre un système de santé de plus en plus défaillant. Dans cet épisode, elle est à la fois médecin, témoin et presque impuissante. Et c’est là que le personnage reste intéressant : elle n’a pas toujours de solution. J’ai particulièrement aimé la manière dont la série relie cette intrigue à des problématiques plus larges, comme l’accès aux soins. Ce n’est pas nouveau dans Grey’s Anatomy, mais ici c’est intégré de manière plus naturelle que dans certains épisodes précédents. Après l’épisode 13, où elle exprimait déjà sa colère face au système, on sent que quelque chose pourrait évoluer pour elle. 

 

Reste à voir si la série va exploiter cette piste ou l’abandonner comme d’autres auparavant. Si je devais retenir une surprise dans cet épisode, ce serait le duo Jules/Winston. Jusqu’ici, j’étais plutôt mitigé. Leur relation était présente, mais jamais vraiment concrète. Cette fois, la série assume enfin ce qu’elle construit depuis plusieurs épisodes. Et ça fonctionne plutôt bien. Leur dynamique repose sur quelque chose de simple : une attirance, mais aussi une réflexion sur la hiérarchie et les limites professionnelles. Ce n’est pas nouveau dans Grey’s Anatomy, mais ici c’est traité avec un peu plus de retenue. La scène dans l’ascenseur est un bon exemple. 

On retrouve un lieu emblématique de la série, souvent associé aux moments clés des relations. Ce clin d’œil fonctionne sans être trop appuyé. Et pour une fois, la résolution n’est pas précipitée. Le baiser arrive après une vraie conversation. Ça change. Depuis le début de la saison, j’ai souvent eu du mal avec l’écriture de Jo. Trop centrée sur sa vie personnelle, elle avait perdu une partie de ce qui faisait son intérêt. Dans cet épisode, la voir revenir dans un cadre plus médical est rafraîchissant. Son interaction avec Dani montre qu’elle peut encore être une bonne mentor. Ce n’est qu’un début, mais j’espère que la série va continuer dans cette direction. 

 

Jo a toujours été un personnage capable de porter des intrigues fortes, et ça manquait cette saison. Concernant Amelia, je reste partagé. Comme je le disais déjà pour les épisodes 11 et 12, j’ai du mal avec la répétition de ses schémas relationnels. Avec Toni, il y a une certaine alchimie, c’est indéniable. Mais tout va très vite. Trop vite. On retrouve cette impression qu’Amelia enchaîne les relations sans véritable évolution. Cela dit, j’ai apprécié le fait que Toni reconnaisse sa valeur en tant que chirurgienne. Amelia a souvent été définie par rapport à son passé ou à d’autres personnages. La voir reconnue pour elle-même apporte quelque chose.

Mais là encore, tout dépendra de la suite. Si cette relation devient juste une intrigue de plus sans conséquence, l’intérêt retombera vite. Ce qui ressort de cet épisode 14, c’est une forme d’équilibre que la saison avait du mal à trouver jusqu’ici. Mais tout reste fragile. La saison 22 a déjà montré qu’elle pouvait retomber dans ses travers : trop de personnages, des intrigues répétitives, un manque de focus. Cet épisode donne envie d’y croire à nouveau, sans pour autant effacer les réserves accumulées depuis le début de la saison. Je ne dirais pas que cet épisode change complètement la donne, mais il rappelle pourquoi je continue à regarder Grey’s Anatomy après autant d’années.

 

Note : 7/10. En bref, quand la série prend le temps de raconter une histoire, de laisser ses personnages respirer et d’ancrer ses intrigues dans des émotions simples, elle fonctionne. Reste maintenant à voir si cet épisode est une exception… ou le début d’un vrai regain pour la saison 22.

Prochainement sur Disney+, TF1 et TF1+

 

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