6 Mars 2026
Re/Member: The Last Night // De Eiichirô Hasumi. Avec Seira Anzai, Kanna Hashimoto et Marin Honda.
Le cinéma d’horreur japonais a souvent cette capacité à mélanger plusieurs registres : le fantastique, l’horreur pure, mais aussi le drame adolescent. Avec Re/Member: The Last Night, suite directe du premier film sorti en 2022, le réalisateur Eiichiro Hasumi tente de poursuivre cette formule hybride. Adapté du web novel Karada Sagashi de Welzard, ce nouveau chapitre replonge les spectateurs dans une histoire de malédiction, de boucle temporelle et de corps démembré à reconstituer. Sur le papier, l’idée reste efficace : un groupe de lycéens coincés dans une nuit qui se répète, traqués par une entité surnaturelle appelée la “Red Person”.
Trois ans après avoir survécu à un jeu mortel, des lycéens piégés dans un cauchemar en boucle doivent affronter des rencontres brutales et percer le secret d’une malédiction terrifiante.
Dans les faits, Re/Member: The Last Night propose un divertissement parfois curieux, parfois maladroit, qui peine à trouver un vrai équilibre. L’histoire reprend plusieurs années après les événements du premier film. Le personnage de Takahiro, incarné par Gordon Maeda, n’a pas vraiment tourné la page. Asuka, jouée par Kanna Hashimoto, a mystérieusement disparu. Une révélation étrange vient compliquer la situation : un article de journal semble indiquer qu’elle serait morte bien plus tôt, dans un parc d’attractions. Obsédé par cette disparition, Takahiro finit par replonger dans la fameuse boucle liée au jeu macabre appelé “Body Search”.
Le principe reste simple : retrouver les morceaux d’un corps dispersé et les placer dans un cercueil afin de briser la malédiction. Sauf que dans cet univers, rien n’est vraiment simple. Cette fois, Takahiro croise un nouveau groupe d’étudiants qui se retrouvent eux aussi pris au piège. Pendant un voyage scolaire dans un parc d’attractions abandonné, ils deviennent les nouvelles cibles de la Red Person. Pour survivre, ils doivent comprendre les règles du jeu… même si ces règles semblent changer au fil du récit. L’une des caractéristiques de Re/Member: The Last Night est ce mélange constant entre plusieurs genres. Le film veut être à la fois un slasher, un film d’horreur surnaturel, un drame adolescent et parfois même une romance.
Le problème, c’est que ces éléments ne fonctionnent pas toujours ensemble. Certaines scènes cherchent à installer une tension horrifique, avant d’être interrompues par des dialogues très scolaires entre les personnages. Puis le film bascule soudain vers une scène gore, avant de revenir à un moment sentimental entre Takahiro et Asuka. Ces changements de ton peuvent donner l’impression que le film hésite sur ce qu’il veut réellement raconter. Le résultat est parfois déroutant. La tension ne tient pas longtemps et l’émotion a du mal à s’installer. Malgré ces hésitations, Re/Member: The Last Night possède quelques idées visuelles intéressantes.
Le parc d’attractions sert de décor principal à l’intrigue, et ce choix fonctionne plutôt bien dans un film d’horreur. Les montagnes russes, les attractions désertes et les couloirs sombres donnent parfois une atmosphère étrange à cette chasse macabre. Certaines séquences utilisent ce décor avec un minimum d’efficacité, notamment lorsque les personnages tentent d’échapper à la Red Person au milieu des installations abandonnées. Le film va même jusqu’à mettre en scène un affrontement sur une montagne russe, ce qui illustre bien le ton un peu excessif assumé par le réalisateur. Les amateurs d’horreur graphique y trouveront aussi leur compte.
Comme dans le premier film, les scènes de violence restent assez présentes. Le concept même du “Body Search” implique évidemment du sang et des morceaux de corps disséminés un peu partout. L’un des problèmes majeurs du film reste cependant ses personnages. Le nouveau groupe de lycéens apparaît assez rapidement dans l’histoire, mais peu d’entre eux bénéficient d’un véritable développement.
Sans réel passé ou motivation claire, ils donnent parfois l’impression d’être là uniquement pour faire avancer l’intrigue ou servir de victimes potentielles. Cela rend difficile l’attachement émotionnel, surtout lorsque le film tente soudain de créer du drame autour d’eux.
Le duo Takahiro et Asuka reste finalement le seul fil conducteur solide entre les deux films. Leur relation apporte un léger enjeu émotionnel, même si le scénario ne l’exploite pas toujours de manière convaincante. Le concept du “jeu” aurait pu être l’un des éléments les plus intéressants du film. Pourtant, Re/Member: The Last Night donne parfois l’impression d’improviser ses propres règles. Au départ, il est question d’une pierre rouge liée à la malédiction. Puis une autre explication apparaît : Takahiro doit utiliser son sang pour déclencher une dernière boucle censée être définitive. Ces changements arrivent sans véritable logique, ce qui peut rendre l’histoire confuse.
Le film ajoute aussi plusieurs termes mystérieux comme “Red Stone” ou “Beginning Ritual”, mais sans toujours prendre le temps de les expliquer clairement. Cette accumulation de concepts finit par brouiller un peu le récit. Au final, Re/Member: The Last Night reste un film d’horreur qui peut fonctionner comme divertissement ponctuel, surtout pour ceux qui ont apprécié le premier volet. La présence de certains personnages familiers et la continuité de l’histoire peuvent susciter un minimum de curiosité. Cependant, cette suite donne aussi le sentiment de répéter plusieurs idées déjà vues.
La boucle temporelle, la chasse aux morceaux de corps et l’apparition de la Red Person suivent une mécanique assez similaire à celle du film précédent. Avec ses 93 minutes, le film ne s’éternise pas, mais il ne parvient pas non plus à réellement renouveler son concept. Entre horreur, drame adolescent et fantastique, Re/Member: The Last Night oscille constamment sans choisir une direction claire. Le résultat reste regardable, mais est décevant. Pour une soirée entre amis amateurs de films d’horreur japonais, l’expérience peut passer. En revanche, difficile d’y voir un film marquant dans le genre.
Note : 4.5/10. En bref, entre horreur, drame adolescent et fantastique, Re/Member: The Last Night oscille constamment sans choisir une direction claire. Le résultat reste regardable, mais est décevant.
Sorti le 5 mars 2026 directement sur Netflix
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