8 Avril 2026
Avant toute chose, je dois avouer que je pensais qu’il n’y avait que dix épisodes dans cette saison 3. Je pensais donc que l’épisode 10 était le dernier de la saison, rendant l’expérience incomplète et surtout étrange. J'ai donc enfin vu le dernier épisode de la saison et avec ses 11 épisodes, la troisième saison de Shrinking continue d’explorer la vie de personnages déjà bien installés, mais dans un contexte où rien ne reste vraiment stable. Cette nouvelle salve d’épisodes prend un chemin un peu différent. L’idée de départ autour d’un thérapeute qui sort du cadre passe au second plan. Ce qui compte davantage ici, c’est ce qui se passe quand la vie oblige à avancer, parfois sans prévenir.
Dès le début, une impression de déséquilibre apparaît. Jimmy voit sa fille Alice se préparer à partir, et ce simple événement suffit à faire remonter beaucoup de choses qu’il pensait avoir mises à distance. Ce n’est pas un choc brutal, plutôt une accumulation de petits moments qui finissent par peser. Le quotidien change, et avec lui, les repères. Ce que cette saison fait assez bien, c’est montrer que les grandes étapes ne sont pas forcément spectaculaires. Elles se glissent dans des situations ordinaires : une discussion qui tourne court, un regard qui en dit long, une décision repoussée encore une fois. Ce sont ces détails qui construisent l’ensemble, épisode après épisode.
Le parcours de Paul, incarné par Harrison Ford, illustre bien cette approche. Sa maladie prend plus de place, et cela influence ses choix, sans jamais transformer le personnage en simple symbole. Il reste fidèle à lui-même, avec ses réactions parfois sèches, mais aussi une forme de lucidité qui s’installe. Ce qu’il traverse n’est pas traité comme un événement isolé, mais comme quelque chose qui redéfinit progressivement sa place. La présence de Michael J. Fox apporte un écho intéressant à ce parcours. Leur échange ne cherche pas à en faire trop. Il repose sur quelque chose de plus simple, presque implicite. Cela renforce l’idée que certaines expériences ne nécessitent pas de longs discours pour être comprises.
Jimmy, de son côté, évolue différemment. Interprété par Jason Segel, il semble moins dans la réaction immédiate que dans une forme de réflexion plus lente. Il continue d’avancer, mais sans réelle certitude. Sa relation avec son père, joué par Jeff Daniels, vient ajouter une couche supplémentaire à son histoire. Des choses enfouies refont surface, sans que tout soit réglé pour autant. Autour d’eux, les autres personnages ne restent pas en retrait. Gaby, incarnée par Jessica Williams, traverse une période plus floue. Ses choix professionnels et personnels semblent parfois hésitants, mais cela correspond aussi à une phase de remise en question. Rien n’est totalement tranché, et c’est ce qui rend son parcours crédible.
Les intrigues secondaires prennent le temps de s’installer. Brian et Charlie avancent vers la parentalité avec leurs propres doutes. Liz et Derek doivent revoir certaines attentes liées à leur vie familiale. Sean continue son évolution, avec des progrès qui ne sont ni rapides ni spectaculaires. Chaque trajectoire avance à son rythme, sans chercher à tout faire coïncider. Ce qui ressort de cette saison, c’est la place des relations. Les liens entre les personnages restent forts, mais ils ne sont pas idéalisés. Il y a des tensions, des désaccords, parfois des incompréhensions. L’attachement ne suffit pas toujours à éviter les conflits. Et c’est justement ce qui donne du relief à l’ensemble.
Sur le ton, l’équilibre entre humour et moments plus sérieux est toujours présent, mais différemment dosé. Les dialogues conservent une certaine vivacité, avec des échanges parfois très directs. En parallèle, certains passages prennent plus de temps, laissent de la place aux silences. L’émotion n’est pas systématiquement soulignée, elle apparaît souvent de manière plus discrète. Le rythme, en revanche, peut varier d’un épisode à l’autre. Le début met un peu de temps à trouver sa dynamique. Certaines intrigues secondaires semblent moins essentielles et donnent l’impression de ralentir l’ensemble. Mais à mesure que la saison avance, les éléments finissent par mieux s’assembler.
Le deuil reste un fil conducteur, mais il est traité de manière moins frontale. Il se manifeste dans des réactions inattendues, dans des souvenirs qui surgissent sans prévenir. Il ne disparaît pas, il se transforme. Cette approche évite de tomber dans quelque chose de trop appuyé. La fin de saison apporte une forme de respiration. Tout n’est pas résolu, et ce n’est pas vraiment l’objectif. Certains personnages avancent, d’autres restent en suspens. Cela ressemble davantage à une étape qu’à une conclusion définitive. Ce que propose cette saison 3 de Shrinking, c’est une observation assez simple : les choses évoluent, que cela plaise ou non. Les personnages tentent de s’adapter, parfois maladroitement, parfois avec plus de recul.
Il n’y a pas de trajectoire parfaite, seulement des ajustements successifs. L’ensemble n’est pas exempt de défauts. Certains passages manquent de rythme, certaines situations semblent un peu attendues. Mais la série conserve une certaine sincérité dans sa manière de raconter ces histoires. Elle s’intéresse davantage aux petits changements qu’aux grandes démonstrations.
Note : 6.5/10. En bref, cette saison s’inscrit dans la continuité tout en modifiant légèrement son regard. Elle s’éloigne du concept initial pour se concentrer sur ce qui relie les personnages entre eux. Une évolution logique, qui privilégie les nuances plutôt que les effets marquants.
Disponible sur Apple TV
Apple a renouvelé Shrinking pour une saison 4. Bill Lawrence a confirmé que la saison 4 serait compl!ètemetn différente des trois premières saisons de la série.
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