9 Mai 2026
Vrais amis, faux voisins // Saison 2. Episode 6. For Everything Else, There Was Bowling.
C’est un sacré virage que prend ce sixième épisode de la saison 2 de Vrais voisins, faux amis. D’habitude, on est plutôt dans le sillage de Coop, ses plans un peu foireux et son quotidien qui part dans tous les sens. Mais là, la série appuie sur le frein. Le rythme ralentit franchement pour s’attaquer à un sujet qu’on connaît tous, mais qui reste toujours aussi délicat à traiter : le deuil, les secrets de famille et ce grand vide que laisse quelqu'un en partant. Le point de départ, c’est la mort de Ron, le père de Coop. L’épisode se transforme alors en une sorte de chronique familiale, parfois gênante, mais souvent très juste.
Tout commence avec les préparatifs de l'enterrement. On y retrouve cette ambiance bizarre, un peu hors du temps, propre aux obsèques. Entre le choix du cercueil, les fleurs et l’organisation du buffet, il y a ce mélange de banalité absolue et de tension extrême qui sonne particulièrement vrai. Certains s’accrochent aux conventions pour ne pas craquer, pendant que d’autres semblent complètement ailleurs, presque déconnectés. Ce qui est intéressant, c’est de voir comment ce moment fait ressortir les fissures de chacun. Marley, la mère de Coop, est au cœur de tout ça. Elle est agaçante, elle veut tout régenter, elle lâche des réflexions qui tombent à côté.
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Mais on comprend vite que c'est son armure. Sa façon de réorganiser le salon ou de se débarrasser des affaires de son mari, c’est une fuite. Elle ne sait pas faire face à l’émotion brute, alors elle s'agite dans les détails matériels. Le malaise est palpable aussi dans sa relation avec Ali. Les deux femmes s’envoient des reproches sans même ouvrir la bouche. Ali essaie de gérer sa peine comme elle peut, mais elle se sent constamment jugée, coincée entre ce qu'elle ressent et ce qu'on attend d'elle. La force de l’épisode, c’est justement de ne pas en faire des tonnes. Il n'y a pas de grands cris ou de scènes de ménage théâtrales. On est juste face à des gens qui ne savent pas trop comment se tenir.
La mise en scène renforce cette sensation. La caméra se balade dans la maison comme si elle était un invité de plus, quelqu'un qui observerait sans oser dire un mot. Ça donne un côté un peu étouffant, surtout pendant la réception après les funérailles. On s'y croirait : les petites phrases déplacées des invités, les silences pesants, les discussions sur la pluie et le beau temps alors qu'on vient de perdre quelqu'un. C’est ce décalage que la série filme très bien. Pour Coop, c’est aussi l’heure de la remise en question. Il a longtemps vu son père comme un type un peu effacé, quelqu’un qui s’était contenté d’une vie plan-plan sans ambition. Mais en rangeant ses affaires, il découvre que Ron était bien plus complexe que ça.
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L’histoire des boutons de manchette est un super exemple. Coop lui avait offert un truc hors de prix, une sorte de symbole de réussite. Mais Ron ne les a jamais portés. Pas pour l’embêter, mais juste parce que ce n’était pas lui. Coop réalise alors qu’il n’aimait peut-être pas son père pour ce qu’il était, mais pour ce qu’il voulait qu’il soit. Et puis il y a la rencontre avec Elaine dans le bowling où Ron avait ses habitudes. Elle lui apporte la dernière pièce du puzzle. On aurait pu tomber dans le cliché du secret de famille scandaleux, mais la série reste fine. On comprend juste que Ron avait son propre jardin secret, ses petits moments de liberté à lui.
Il n’était pas forcément le père résigné que Coop imaginait. Il était simplement un homme avec sa part d’ombre et ses espaces de respiration. Au final, cet épisode montre que l’image d’une personne se reconstruit toujours par petits morceaux, à travers ce que les autres racontent. On découvre un Ron drôle pour certains, attentif pour d’autres. C’est une parenthèse nécessaire qui donne beaucoup d’épaisseur aux personnages, notamment à Coop, interprété par un Jon Hamm très touchant dans ce registre plus fragile. C’est un épisode humain, imparfait et crédible, qui rappelle que la vie continue, même quand tout semble s’être arrêté.
Note : 9/10. En bref, cet épisode montre que l’image d’une personne se reconstruit toujours par petits morceaux, à travers ce que les autres racontent. On découvre un Ron drôle pour certains, attentif pour d’autres. C’est une parenthèse nécessaire qui donne beaucoup d’épaisseur aux personnages, notamment à Coop, interprété par un Jon Hamm très touchant dans ce registre plus fragile.
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