Critiques Séries : Vrais voisins, faux amis. Saison 2. Episode 8.

Critiques Séries : Vrais voisins, faux amis. Saison 2. Episode 8.

Vrais voisins, faux amis // Saison 2. Episode 8. I Feel Lost Without Me.

 

Après le grand n'importe quoi du week-end dans les Hamptons, la saison 2 de Vrais voisins, faux amis commence enfin à faire l'état des lieux. Et le constat est plutôt lourd. Ce huitième épisode met un coup de frein sur l’action pure pour se concentrer sur ce que la série fait de mieux quand elle s'en donne la peine : l'usure psychologique de ses personnages. Tout le monde est fatigué, tout le monde fait les mauvais choix, et c'est précisément ça qui rend le visionnage addictif. Tori se retrouve ainsi au pied du mur après son arrestation pour conduite en état d'ivresse. L’audience qui approche sert de déclencheur pour faire exploser les dernières illusions de la famille Cooper. 

 

Mel essaie tant bien que mal de jouer les mères modèles et de sortir la carte de l'autorité, mais elle a tellement de casseroles au cul qu’elle n'est plus du tout crédible. Pour couronner le tout, sa guerre ridicule avec les voisins prend des proportions débiles et vient carrément polluer la défense de sa fille. C’est d'ailleurs la grande force de cet épisode. La série réussit à filmer cette incapacité chronique des adultes à gérer leur propre vie, tout en prétendant protéger leurs enfants. Coop commence doucement à capter que ses conneries impactent tout son entourage. Le problème, c'est que même quand il essaie de redresser la barre, il ne fait qu'aggraver son cas.

Du côté du fonds Excelsior, l'étau se resserre. Coop joue au détective amateur pour capter le vrai degré d'implication d'Owen Ashe dans les affaires sombres de la boîte. Sa scène avec Liv pose un constat glacial : la machine est lancée, et il est déjà beaucoup trop tard pour faire machine arrière. On comprend vite que dans cet univers, personne ne claque la porte sans y laisser des plumes. Owen Ashe, de son côté, s’impose comme le grand méchant de la saison sans jamais avoir besoin de hurler. Sa petite visite surprise chez Sam pose une ambiance hyper pesante. Sous couvert de romantisme et de petites attentions, le mec est un vrai maniaque du contrôle. 

 

Heureusement, Sam commence à ouvrir les yeux sur le prédateur qu'elle a laissé entrer dans sa vie, surtout après les indices récoltés dans les Hamptons. L'intrigue bascule d'ailleurs un peu plus dans le glauque grâce aux trouvailles de Barney. En fouillant dans le passé d'Ashe, il découvre que plusieurs de ses anciens associés ont mystérieusement disparu de la circulation au fil des ans. Exit le simple businessman manipulateur, on passe clairement au niveau supérieur. L'atmosphère devient tout de suite beaucoup plus flippante. Pendant que le haut du panier s'entretue, Elena gère comme elle peut la pression de Felix, qui réclame toujours ses thunes. 

Cette sous-intrigue traîne un peu en longueur, mais elle a le mérite de nous rappeler que l'histoire de cambriolage du début n'est pas oubliée. Coop, en plein naufrage, accepte de replonger et de faire un nouveau coup avec elle. La séquence du vol est hyper efficace, surtout quand les propriétaires rentrent plus tôt que prévu. On y voit un Coop lessivé, moins vif, complètement dépassé par son double jeu. Cet épuisement généralisé est le vrai fil rouge de l'épisode. Mel est en roue libre complète, coincée entre sa colère, sa solitude et une énorme crise existentielle. Même si la série en fait parfois un peu trop dans le mélo, sa détresse finit par toucher. 

 

Heureusement, sa discussion avec Tori après le tribunal apporte une vraie bouffée d'air frais et un peu d'émotion brute. Elles se détestent autant qu'elles s'aiment, mais le lien est là. Ali, quant à elle, décide enfin de prendre sa vie en main. Elle plaque son job et cherche un appart pour s'assumer seule. Évidemment, ça se termine en clash avec Coop, qui ne peut pas s'empêcher de vouloir tout régenter sous prétexte de la protéger. C'est l'un des aspects les plus pertinents de cette saison : cette manie qu'ont les personnages de détruire leur famille en pensant bien faire. La fin de l'épisode lâche les chevaux et bascule en mode thriller pur et dur. Après pas mal d'avertissements, Coop se fait kidnapper en bas de chez lui par des mecs masqués. 

La mise en scène est simple, mais l'impact est là parce que la tension est montée crescendo tout au long de l'heure. Les scénaristes s'amusent à brouiller les pistes pour la suite. Owen Ashe est le coupable idéal, mais avec Felix qui rode ou les retombées des cambriolages, les paris restent ouverts. Cet épisode 8 ne fait pas exploser toutes les intrigues d'un coup, mais il place idéalement les pions pour un final de saison qui s'annonce étouffant. Coop est désormais piégé par ses propres mensonges, et on a hâte de voir comment il va s'en sortir.

 

Note : 7/10. En bref, un épisode 8 étouffant et réussi, qui délaisse l'action pour filmer la détresse psychologique et les mauvaises décisions d'une famille Cooper en plein naufrage. La tension grimpe d'un cran avec un kidnapping final ultra-efficace, posant idéalement les pions pour un dernier acte qui s'annonce explosif.

Disponible sur Apple TV

 

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