17 Mai 2026
On l’a attendu un moment, ce retour. Good Omens revient sur nos écrans, mais avec une formule assez surprenante : un seul et unique épisode de 90 minutes. C’est un choix de format particulier, qui bouscule forcément le rythme auquel la série nous avait habitués. D'un côté, cela évite de traîner en longueur, et de l'autre, cela permet de boucler les aventures d’Aziraphale et Crowley sans nous laisser sur un goût d'inachevé. Pour une œuvre qui tient presque entièrement sur les épaules de ses deux héros et sur son humour décalé, ce final fonctionne avant tout grâce à cette alchimie magique qui s'est renforcée au fil des années.
Il faut dire que la saison précédente s'était terminée d'une manière assez difficile pour les nerfs. Crowley avait enfin ouvert son cœur, mais Aziraphale avait choisi de monter au Paradis pour prendre du galon. Ce premier épisode commence donc dans une ambiance pesante. Crowley tourne en rond dans les rues de Soho, visiblement perdu et sans but, tandis qu’Aziraphale essaie de gérer le projet de la Seconde Venue à sa sauce, en tentant de rendre le plan divin un peu plus humain et pacifique. C’est justement ce décalage entre leurs deux trajectoires qui fait avancer une grande partie de l'histoire.
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Ce qui rend cet épisode intéressant, c’est sa capacité à mélanger de gigantesques enjeux cosmiques avec des sentiments très terre à terre. Derrière le folklore des anges, des démons et des menaces de fin du monde, la série continue de parler de choses simples : les regrets, les choix compliqués et les relations humaines. Crowley est toujours aussi impulsif et blasé, alors qu’Aziraphale s'obstine à croire qu'il peut changer un système corrompu de l'intérieur. Cette opposition crée des scènes fortes, parfois très drôles, parfois franchement mélancoliques. Le scénario garde heureusement l’ADN de la série, à savoir mettre des personnages dans des situations totalement absurdes en les traitant avec le plus grand sérieux.
Entre un Jésus un peu paumé en plein Londres, des archanges complètement dépassés par la bureaucratie céleste et la disparition mystérieuse du Livre de Vie, l'intrigue avance à cent à l'heure. C'est tellement dense que par moments, on ressent un petit manque. On se dit qu'avec deux ou trois épisodes de plus, certaines histoires secondaires auraient pu respirer un peu mieux et gagner en profondeur. Ce problème de rythme se remarque surtout quand on regarde du côté du Paradis et de l'Enfer. Beaucoup de personnages secondaires font des apparitions éclair sans avoir vraiment le temps d'exister à l'écran.
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Des révélations importantes tombent d'un coup, et certaines scènes s'enchaînent trop vite, comme si le montage avait dû être resserré au maximum pour tenir dans les 90 minutes imparties. Heureusement, le duo formé par Michael Sheen et David Tennant compense largement ces petites faiblesses. Leur complicité crève l'écran et rappelle que le vrai cœur de la série, c'est eux. La nostalgie joue aussi un grand rôle ici. Dès que les deux compères se retrouvent, on comprend instantanément pourquoi leur dynamique fonctionne depuis le premier jour. Les dialogues naviguent en permanence entre l'ironie piquante, la tendresse et une frustration palpable.
Même quand l'intrigue s'emballe et devient un peu confuse, il suffit d'une scène entre eux deux dans la librairie pour que l'épisode retrouve son équilibre et capte à nouveau toute notre attention. Visuellement, on retrouve l’ambiance si particulière de la série. Le quartier de Soho semble toujours déconnecté du reste du monde, avec ses lumières chaudes, ses piles de vieux livres et son atmosphère hors du temps. L'épisode mise plus sur cette ambiance feutrée que sur des effets spéciaux spectaculaires, même si les séquences qui touchent à la destruction de la réalité affichent de belles ambitions visuelles. On reste dans ce savoureux mélange de fantastique biblique et de comédie typiquement britannique.
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La question du libre arbitre revient également sur le tapis de manière très intelligente. L'histoire s'amuse à démonter l'idée d'un plan divin tracé à l'avance. Aziraphale et Crowley finissent par réaliser qu'ils ne sont que des pions manipulés par des forces qui les dépassent. Cette prise de conscience apporte une vraie gravité à l'épisode, même si l'humour absurde n'est jamais très loin pour désamorcer les moments trop sombres. L'épisode gère aussi l'après-saison 2 et les attentes immenses des fans concernant le fameux cliffhanger. Sans trop en dévoiler, on peut dire que la relation entre l'ange et le démon prend un tournant beaucoup plus franc.
La série assume pleinement cette trajectoire amoureuse hors norme, construite pas à pas sur plusieurs milliers d'années. C'est un parti pris qui ne plaira pas forcément à tout le monde, mais qui reste logique quand on regarde l'évolution des personnages depuis le tout début. Il est difficile d'évoquer cette conclusion sans penser au contexte de production et aux polémiques autour de Neil Gaiman. Les discussions sur son implication et sur l'absence de Terry Pratchett animent les débats des fans depuis un moment. Certains trouvent que la série a perdu un peu de la saveur du roman d'origine. D'autres estiment au contraire que ce grand final réussit à sauver les meubles et à garder ce ton unique.
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Chaque spectateur aura probablement un avis différent selon son niveau d'attachement à l'univers littéraire de base. Au bout du compte, cet épisode ressemble beaucoup plus à un long et bel adieu qu'à un début de saison traditionnel. Le rythme rapide empêche parfois de savourer pleinement chaque idée, mais l'essentiel est préservé. Good Omens reste une série à part, capable de parler d'amour, de deuil et de fin du monde avec une tendresse infinie. Malgré ses petits défauts de construction, ce final offre une vraie conclusion émotionnelle, une chance que beaucoup d'autres séries fantastiques annulées brutalement n'ont jamais eue. C'est imparfait, mais profondément sincère.
Note : 7/10. En bref, malgré un rythme précipité dû à son format unique de 90 minutes, ce final de Good Omens réussit à offrir une conclusion sincère et touchante à l'histoire d'amour millénaire d'Aziraphale et Crowley. C'est l'alchimie intacte entre Michael Sheen et David Tennant qui sauve l'épisode du chaos scénaristique et offre aux fans la fermeture émotionnelle qu'ils attendaient.
Disponible sur Amazon Prime Video
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