30 Juillet 2026
Stuart Fails to Save the Universe // Saison 1. Episode 1. Spoiler: Gary Dies.
Faire un spin-off sur Stuart Bloom, le proprio dépressif du comic book shop dans The Big Bang Theory, ressemblait sur le papier à une idée casse-gueule. On le connaissait surtout pour ses galères de pognon, sa santé fragile et sa poisse légendaire avec les femmes. Le balancer en premier rôle d’une série de science-fiction post-apocalyptique, c'était un pari plutôt osé. Et pourtant, ce tout premier épisode pose les bases d'un univers complètement frappé qui fait du bien. Le point de départ reste ultra simple. Une expérience scientifique tourne mal et la réalité se retrouve sens dessus dessous.
Le propriétaire de la boutique de comics, Stuart Bloom, est chargé de rétablir la réalité après avoir accidentellement brisé un appareil conçu par Sheldon et Leonard, provoquant ainsi une apocalypse du multivers. Stuart est aidé dans cette quête par sa petite amie Denise, son ami géologue Bert, et le physicien quantique/baratineur de service Barry Kripke. En chemin, ils rencontrent des versions alternatives des personnages de "The Big Bang Theory" que nous connaissons et aimons. Et comme le suggère le titre, les choses ne se passent pas très bien.
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Dans la série d'origine, ce genre de problème aurait été géré par Sheldon, Leonard et Howard, pendant que Stuart restait au comptoir à pousser un soupir. Mais cette fois, le scénario décide de l'envoyer en première ligne. Forcé d'abandonner son petit confort de poissard, Stuart se retrouve parachuté dans le rôle du sauveur malgré lui. Dès les premières minutes, le décor est planté. Le magasin de comics que l'on connaît par cœur s'est transformé en un bunker d'un genre assez particulier. Les repères habituels sautent, l'ambiance devient étrange et la moindre discussion geek sur les super-héros Marvel risque de finir en baston absurde.
Ce mélange entre la sitcom classique et la dystopie décalée donne tout de suite une identité très fluide et sympa au show. Évidemment, revoir quelques figures bien connues fait plaisir. Mais le premier épisode ne tombe pas dans le piège de la nostalgie facile. Les caméos ne sont pas là juste pour faire coucou ou faire pleurer les fans de la première heure. Ils rappellent simplement que le décor est le même, mais que la dynamique a changé. Stuart n'est plus le figurant à qui l'on demande un conseil sur Batman avant de repartir. C'est lui qui essaie de piger le marasme ambiant et de réparer la réalité. L'arrivée d'une version alternative de Stuart apporte une super dynamique. Le délire des mondes parallèles permet aux scénaristes de s'amuser sans se prendre la tête.
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Pas besoin de sortir un master en physique quantique pour suivre : les explications scientifiques restent simples, souvent désamorcées par une vanne ou un truc absurde. Ça collerait presque à l'esprit d'origine, mais avec un grain de folie en plus. La seconde partie de l'épisode embarque les personnages dans un road trip improvisé vers Caltech. Stuart fait équipe avec Bert à travers un paysage en ruines où chaque recoin ressemble à une planche de BD mal rangée. Mais c'est surtout l'arrivée de Denise qui remet un peu d'ordre dans ce joyeux bordel. Toujours plus débrouillarde, plus pragmatique et beaucoup moins naïve que Stuart, elle apporte un équilibre parfait au groupe. Sans elle, notre héros n'aurait probablement pas survécu plus de dix minutes.
Le rythme fonctionne très bien grâce à un humour décalé qui tire vers le cartoon. Les situations deviennent vite rocambolesques, avec des personnages qui prennent des décisions absurdes alors que le monde s'écroule autour d'eux. Ce grand écart entre le danger potentiel et la réaction décalée des protagonistes crée d'excellents moments de comédie. La série ne cherche jamais à jouer la carte du drame post-apo sombre, elle assume son côté bizarre et déjanté du début à la fin. Petit bonus pour le retour de Barry Kripke, propulsé dans un rôle à l'opposé de ce qu'on pouvait imaginer. Le voir débarquer en maître d'un monde en ruine est tellement ridicule que ça en devient hilarant.
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C'est exactement le genre de surprise qu'on attend d'un spin-off : prendre un personnage secondaire et le lâcher dans un contexte totalement improbable. La fin de l'épisode relance bien la machine. Alors qu'on pense que tout est revenu à la normale, un petit détail laisse entendre que la réalité restaurée cache pas mal d'anomalies. La mission de Stuart est loin d'être terminée, et ce retournement de situation donne immédiatement envie de lancer l'épisode 2 pour voir jusqu’où ira ce délire interdimensionnel.
Note : 7/10. En bref, ce pilote de Stuart Fails to Save the Universe fait le job avec une efficacité redoutable. Sans chercher à copier bêtement la recette de The Big Bang Theory, la série trouve sa propre voie en lorgnant du côté de la SF décalée. Stuart gagne enfin la place qu'il mérite au centre du récit, toujours aussi maladroit mais beaucoup plus attachant. Si la suite garde ce rythme et cette fraîcheur, on tient peut-être là le spin-off le plus cool de l'année.
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