Critiques Séries : Power Book III: Raising Kanan. Saison 5. Episode 3.

Critiques Séries : Power Book III: Raising Kanan. Saison 5. Episode 3.

Power Book III: Raising Kanan // Saison 5. Episode 3. Tricks.

 

Après un début de saison pied au plancher pour gérer les retombées de l’année dernière, ce troisième épisode de la saison 5 de Power Book III: Raising Kanan choisit de lever un peu le pied sur l'action pure. À la place, la série privilégie une mise en place minutieuse des pions sur l'échiquier. On est typiquement face à un épisode de transition, mais attention, pas le genre où on s'ennuie. C'est plutôt le calme lourd et étouffant qui annonce un énorme orage. Le rythme plus posé pourra déstabiliser ceux qui attendent des fusillades à chaque coin de rue, mais cette lenteur est salvatrice. 

 

Elle permet de poser les bases des nouvelles alliances, de mesurer l'ambition grandissante des uns et de voir venir les grosses erreurs que d'autres s'apprêtent à commettre. On le sentait venir depuis un moment, mais cette fois, le cordon est définitivement coupé. La rupture entre Kanan et sa mère est totale, irréversible, et chacun trace sa route de son côté pour bâtir son propre empire, sans plus jamais se retourner. Raq ne perd pas de temps et déplace ses pions vers Manhattan. Son nouveau partenariat avec Flossy lui offre une bouffée d'air frais après les grosses galères qu'elle a subies dans le Queens. 

On retrouve la Raq qu'on connaît : une femme qui rebondit toujours, une businesswoman redoutable qui trouve une fenêtre ouverte dès qu'on lui ferme une porte au nez. Mais on sait aussi que dans cet univers, chaque nouvelle alliance comporte une part de poison. Pendant ce temps, Kanan continue de prendre du galon aux côtés de Breeze. Plus les jours passent, plus le gamin prend une assurance folle, presque flippante. Cette confiance toute neuve commence d'ailleurs à le pousser vers des choix très risqués. La toute dernière scène de l'épisode est limpide à ce sujet. Kanan a l'air bien décidé à aller marcher directement sur les plates-bandes de sa mère et à saboter son tout nouveau business. 

 

Si cette dynamique se confirme dès la semaine prochaine, la guerre familiale va prendre une tournure tragique et violente. Depuis qu'il a débarqué dans la série, Breeze fascine. Ce qui est fort avec lui, c'est qu'il n'a pas besoin de hurler ou de lever la main sur quelqu'un pour imposer le respect. Cet épisode 3 creuse encore un peu plus la psychologie de ce personnage clé. Contrairement aux autres patrons du crime qu'on a pu croiser dans l'univers de Power, Breeze ne joue pas les gros bras pour impressionner la galerie. Il observe, il analyse, il attend le moment parfait pour frapper. Ce self-control permanent tranche radicalement avec le côté impulsif de Kanan ou la violence brute de Marvin. 

Cette retenue rend chacune de ses scènes captivantes parce qu'il est impossible de deviner ce qu'il a derrière la tête. On sent que sous son calme apparent se cache un stratège hors pair. Son duo avec Kanan s'installe pour de bon, même si on sent que cette association reste une poudrière prête à exploser. Du côté des anciens, Stefano est sans doute le personnage le plus frustrant du moment, dans le bon sens du terme. Il refuse catégoriquement d'assumer la responsabilité de ses propres fiascos. Malgré les retours de bâton causés par ses mauvaises décisions récentes, il reste persuadé que Raq est la source de tous ses malheurs. Cette rancœur tourne à l'obsession et dicte désormais ses moindres faits et gestes. 

 

Pour faire tomber le nouveau réseau de sa rivale, il commence à échafauder des plans machiavéliques, et l'idée de faire fuiter certaines infos cruciales jusqu'aux oreilles de Kanan n'a rien d'un hasard. C'est une manipulation pure et simple qui pourrait faire d'énormes dégâts très rapidement. Cette guerre psychologique et d'influence entre Stefano et Raq s'impose petit à petit comme l'un des fils rouges les plus passionnants de cette ultime saison. S'il y a bien un personnage qui ne cesse de surprendre au fil des ans, c'est Marvin. Il est toujours capable de basculer en mode machine de guerre quand les affaires l'exigent, mais il dévoile aujourd'hui une facette beaucoup plus humaine et mature. 

On sent le poids des drames passés sur ses épaules, en particulier la disparition de Lou-Lou, qui plane comme une ombre sur lui. Ses moments de partage avec Jukebox font partie des plus belles réussites de l'épisode. Leur relation est complexe, pleine de non-dits, mais l'amour familial est là, malgré leurs tempéraments opposés. Marvin cherche visiblement à s'acheter une conduite ou du moins à trouver une forme de paix intérieure, et ce changement d'attitude pourrait peser lourd pour la suite de l'histoire. De son côté, Jukebox poursuit sa lente et sombre métamorphose. Chaque épisode qui passe nous rapproche un peu plus de la flic froide, calculatrice et impitoyable qu'on a connue dans la série originale. 

 

Ses décisions deviennent de plus en plus tranchées et inquiétantes. Sa confrontation texturée avec le détective Garcia montre bien à quel point elle a appris les règles du jeu. Personne ne fait confiance à personne, mais les deux comprennent qu'ils ont un intérêt commun à s'entendre. Pour mettre de l'argent de côté et financer ses propres projets, elle accepte de rebosser avec Marvin. Une décision tactique qui lui permet de garder un pied dans la famille tout en gérant ses petites affaires en sous-main. Dans l'ombre des intrigues principales, un personnage commence à montrer les dents : Taz. Sa frustration grandit à vue d'œil face à la place de plus en plus importante que prend Kanan auprès de Breeze. 

Le conflit couve encore, mais l'agacement est palpable à l'écran. L'historique de la franchise nous a souvent appris que les personnages mis de côté et imprévisibles sont souvent ceux par qui le chaos arrive. Taz a tout le profil du parfait déclencheur de crise. Tout cela nous amène à une fin d'épisode particulièrement réussie. Quand Kanan se retrouve face à Tiana, on comprend tout de suite que le hasard n'a pas sa place ici. Le message est clair : Kanan veut frapper Raq là où ça fait mal, au portefeuille. On ne connaît pas encore toutes ses motivations profondes, mais ce cliffhanger fait parfaitement son boulot et donne immédiatement envie d'enchaîner avec la suite. Cette déclaration de guerre indirecte risque d'enflammer les relations entre la mère et le fils d'une manière totalement inédite.

 

En résumé, ce troisième épisode ne cherche jamais à en faire trop. Il prend le temps de consolider ses bases, de faire évoluer ses protagonistes et d'entremêler ses intrigues avec beaucoup d'intelligence. Toutes les histoires avancent en même temps sans donner l'impression de faire du surplace. Breeze s'impose, Raq se réinvente, Kanan franchit un cap dangereux et Marvin continue de nous toucher. Si toutes les tensions accumulées durant ces cinquante minutes explosent comme prévu dans l'épisode 4, la deuxième moitié de cette saison finale s'annonce tout simplement grandiose.

 

Note : 6.5/10. En bref, ce troisième épisode ne cherche jamais à en faire trop. Il prend le temps de consolider ses bases, de faire évoluer ses protagonistes et d'entremêler ses intrigues avec beaucoup d'intelligence. Toutes les histoires avancent en même temps sans donner l'impression de faire du surplace. 

Prochainement sur Canal+

 

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