Critiques Séries : Dutton Ranch. Saison 1. Episode 9 (season finale)

Critiques Séries : Dutton Ranch. Saison 1. Episode 9 (season finale)

Dutton Ranch // Saison 1. Episode 9. El Padrino.

SEASON FINALE

 

Après plusieurs semaines à chercher son rythme, la première saison de Dutton Ranch s’achève sur une note franchement rassurante. Cet épisode 9 ne vient pas boucler sagement toutes les histoires en cours, loin de là. En revanche, il bouscule enfin les rapports de force et pose des bases solides pour la suite. Beaucoup de questions restent ouvertes, mais cette fois, on sent que c'est un vrai choix scénaristique. Depuis le départ, j’avais souvent l'impression que la série avançait un coup en avant, un coup en arrière. Une intrigue apparaissait, disparaissait le lendemain, tandis que d'autres fils conducteurs s'enfonçaient dans des tunnels interminables. 

 

Les épisodes 7 et 8 commençaient heureusement à redresser la barre en s'attardant sur la famille Jackson et la part d'ombre du ranch 10-Petal. Cette finale enfonce le clou et donne une vraie résonance à tout ça. La grosse claque vient de ce qu’on apprend sur le fonctionnement réel du 10-Petal. Jusqu'ici, ce ranch passait surtout pour un concurrent un peu agressif et borderline. En fait, le twist montre que le business illégal qui s'y trame dépasse de loin une bête guerre de territoires entre éleveurs. Ce réseau de trafic de bétail à grande échelle apporte l'épaisseur qui manquait au show et permet de reconnecter pas mal de morceaux de l'histoire qui semblaient un peu décousus.

 

Ce virage change aussi complètement notre regard sur Beulah. Elle naviguait jusqu’alors entre la femme d’affaires glaciale, la mère louve et la méchante de service sans qu'on capte trop ses motivations. L'épisode apporte enfin le passif nécessaire. Sans pour autant excuser ses pires choix, l'écriture montre bien comment ses erreurs passées l'ont piégée dans un engrenage infernal. Je trouve d'ailleurs que ces explications passent beaucoup mieux que les flashbacks un peu lourds du début de saison. Tout s’imbrique enfin. Mon seul bémol reste sa décision d'embarquer Beth et Rip là-dedans sans les briefier un minimum sur les risques. C'est assez difficile à avaler.

 

Heureusement, Beth et Rip reprennent le contrôle de l’épisode. Ils étaient un peu trop discrets ces derniers temps, mais ils redeviennent ici le vrai moteur de l'action. Pas besoin de fusillades à répétition : leur enquête fait sauter les verrous et transforme une bête guerre d'argent en un affrontement viscéral. Comme je le disais dans mes précédents billets, la série est tellement meilleure quand elle se focalise sur eux plutôt que de s'éparpiller. C’est flagrant : ces deux-là ont une alchimie immédiate à l'écran. Dans cette finale, leurs face-à-face retrouvent une tension électrique qui s'était un peu évaporée au milieu de la saison. L'autre réussite, c'est la confrontation avec Mariano. On entendait son nom flotter en arrière-plan depuis le début, mais il prend enfin corps. 

 

Ce n'est plus une ombre mystérieuse, c’est une menace tangible, un mec capable de faire la loi des deux côtés de la frontière. Avoir un vrai grand méchant identifié fait un bien fou à la série, qui avait tendance à changer de conflit à chaque épisode. On sait enfin contre qui on se bat pour la saison 2. Chez les Jackson, le séisme est total. La mort de Rob-Will m’a pris de court, surtout qu'on commençait à peine à donner de la profondeur au personnage. C’est dommage que son évolution arrive si tard, mais cette fin brutale reste cohérente avec la trajectoire toxique de cette famille. J’aurais simplement aimé que la série prenne le temps d'explorer la dynamique entre Beulah, Rob-Will et Joaquin en amont. 

 

Le choc émotionnel aurait été décuplé. La série a parfois ce vilain défaut de presser le pas avant que les personnages n'existent vraiment. Quant à Carter, son cas divisait pas mal les spectateurs. De mon côté, je trouvais que ses états d'âme d'ado paumé prenaient beaucoup trop de place par rapport aux vrais enjeux. La toute dernière scène corrige le tir de manière radicale. Son enlèvement le propulse au centre de l'échiquier. Ce n'est plus juste une intrigue secondaire sur sa relation bancale avec Oreana : cela touche directement Beth et Rip au cœur, créant un enjeu dramatique hyper puissant pour la suite. D’ailleurs, le final laisse entendre qu'Oreana nous réserve aussi des surprises l'année prochaine. 

 

Là encore, le scénario refuse de trancher tout de suite, confirmant que cet épisode fonctionne plus comme un prologue de la saison 2 que comme une conclusion de la saison 1. C’est le reproche principal qu’on peut faire à cette finale : elle laisse énormément de chantiers ouverts. L'avenir des ranchs, le trafic, le sort de Carter, l'implosion des Jackson... Tout reste en plan. Certains spectateurs trouveront ça frustrant, car on a plus l'impression d'assister au lancement d'une nouvelle dynamique qu'à l'aboutissement de la première. Pourtant, le pari est réussi. Contrairement aux épisodes du milieu de saison qui slalomaient sans visibilité, on sent ici une vraie direction. 

 

Note : 8/10. En bref, cette première saison aura été en dents de scie, avec des intrigues mal dosées, mais ce final redonne un énorme coup de boost. Les cartes sont sur la table, l'ennemi est là, et notre duo de choc est de retour au centre du jeu. Reste à voir si la saison 2 tiendra ses promesses sans s'éparpiller à nouveau. Si elle y parvient, Dutton Ranch aura enfin trouvé son identité.

Disponible sur Paramount+

Paramount+ a renouvelé Dutton Ranch pour une saison 2.

 

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