Critiques Séries : The Librarians: The Next Chapter. Saison 2. Episode 7.

Critiques Séries : The Librarians: The Next Chapter. Saison 2. Episode 7.

The Librarians: The Next Chapter // Saison 2. Episode 7. And the Monkey’s Paw.

 

La patte de singe, c'est un grand classique du fantastique. Le principe, tout le monde le connaît par cœur : un vœu formulation douteuse, un retour de bâton inévitable et une bonne leçon sur le thème du « attention à ce que vous souhaitez ». Sauf qu'avec ce septième épisode de la saison 2, The Librarians: The Next Chapter choisit de bifurquer. Plutôt que de nous servir la petite fable habituelle sur les pièges de la magie, le scénario préfère utiliser cet artefact mythique comme un révélateur émotionnel. Derrière le folklore et les mystères habituels, l'épisode « And the Monkey’s Paw » s'avère être une vraie plongée dans le deuil, la mémoire et le poids des regrets. Et très franchement, c'est une excellente surprise.

 

Au cœur de cette intrigue, on retrouve Lysa. Depuis le lancement de la série, son passé familial plane au-dessus d'elle comme une ombre constante. C'est le genre de trauma discret mais tenace, qui façonne chaque décision d'un personnage sans toujours sauter aux yeux. Cette fois, les scénaristes mettent les pieds dans le plat. Le passé de Lysa débarque au premier plan, non pas pour amener une péripétie magique de plus, mais pour l'forcer à affronter enfin ce qu'elle garde au fond d'elle depuis des années. Tout démarre par l'intermédiaire de Josh, un type totalement à bout de rouleau qu'on retrouve au bord d'un précipice. 

Sa détresse est palpables, mais au lieu d'en faire un simple prétexte narratif pour lancer l'action, la série prend le temps de s'installer. La patte de singe entre alors en jeu, mais pas de la manière attendue. Elle ne réalise pas de vœux au sens strict. Elle expédie les personnages dans un lieu hors du temps, une sorte d'espace suspendu qui agit comme un miroir géant. Dans cet endroit étrange, chacun se retrouve confronté à ses propres choix, à ses manques et à ce qu'il a désespérément cherché à enfouir. L'idée fonctionne très bien parce qu'elle évite le piège de la résolution magique facile. La magie ici n'est pas là pour réparer les dégâts, mais pour contraindre les protagonistes à comprendre ce dont ils ont réellement besoin.

 

C'est là que l'épisode prend toute sa dimension avec le parcours de Lysa. On savait déjà qu'elle avait perdu ses parents très jeune dans un accident de voiture, un drame fondateur qui explique sa difficulté à faire confiance et sa peur panique de l'attachement. Un détail de mise en scène retient d'ailleurs l'attention : la présence du brouillard. Cette météo particulière associée au jour du drame a toujours été une source d'angoisse pour elle. Le fait de la plonger à nouveau dans cette atmosphère vaporeuse et étouffante remet immédiatement ses peurs à la surface. Pourtant, le scénario évite habilement le piège du retour vers le futur simpliste. Avec une patte de singe entre les mains, le réflexe aurait été de vouloir annuler l'accident et sauver ses parents. 

Mais la série choisit une voie bien plus subtile. Lysa n'a pas besoin de réécrire l'histoire ; elle a besoin de dire ce qu'elle n'a jamais pu exprimer. La rencontre qui suit avec ses parents ne sert pas à changer le passé, mais à poser des mots sur des années de solitude, de doute et de construction bancale. Ce n'est pas une scène de magie, c'est une scène d'adieu. En comprenant qu'elle ne pourra jamais faire revenir le passé, elle réalise qu'elle peut enfin avancer avec ce qu'ils lui ont laissé. Dans ce processus, la présence de Vikram apporte une vraie valeur ajoutée. Ayant lui-même traversé des épreuves similaires avec Anya, son rôle de soutien sonne juste et rappelle au passage que la famille ne se limite pas toujours aux liens du sang.

 

En parallèle, l'intrigue de Josh fait écho à celle de Lysa de façon très fluide. Coincé lui aussi dans cette station hors du temps, il croise le chemin d'Amy, une jeune femme qui s'avère être sa propre fille à l'âge adulte. C'est un choc salutaire pour lui. Cette vision lui fait réaliser à quel point son absence laisserait un vide immense chez ceux qu'il aime. Sa prise de conscience passe aussi par la redécouverte de son histoire familiale, marquée par une longue lignée de survivants capables de tenir bon face aux tempêtes. Sa relation avec son frère retrouve alors un sens concret : il ne s'agit plus de fuir la réalité ou d'espérer une vie magiquement différente, mais de prendre ses responsabilités et d'assumer sa place parmi les siens.

Au final, ce qui séduit dans cet épisode 7, c'est la maturité avec laquelle la série exploite son univers. The Librarians: The Next Chapter utilise l'argument fantastique non pas comme un gadget, mais comme un prétexte pour parler d'éléments très humains. La patte de singe cesse d'être une simple relique à ranger dans une vitrine du catalogue de la Bibliothèque pour devenir un révélateur d'humanité. Ni Lysa ni Josh n'obtiennent ce qu'ils pensaient être venus chercher, mais tous deux ressortent de cette expérience transformés. Pour Lysa, le cheminement est particulièrement beau. Son intelligence, qui a longtemps été pour elle une source d'isolement, s'affirme définitivement comme un pilier au sein du groupe. 

 

Et sa nouvelle « famille », celle constituée par les Librarians, prend enfin toute sa place. L'épisode ne prétend pas effacer ses traumatismes d'un coup de baguette magique, mais montre qu'on peut apprendre à vivre avec, sans laisser ses blessures dicter la suite de son histoire. Évidemment, l'épisode n'oublie pas sa feuille de route globale. En intégrant cet artefact au catalogue de la Bibliothèque, il continue de poser discrètement les jalons pour la grande confrontation à venir contre Merlin. On conserve donc le rythme propre à la franchise, avec son dosage habituel d'aventure accessible et de légèreté. Mais en plaçant le deuil et l'acceptation au cœur de son récit, « And the Monkey’s Paw » s'impose sans peine comme l'un des moments les plus réussis et les plus touchants de cette saison 2.

 

Note : 6/10. En bref, ce qui séduit dans cet épisode 7, c'est la maturité avec laquelle la série exploite son univers. The Librarians: The Next Chapter utilise l'argument fantastique non pas comme un gadget, mais comme un prétexte pour parler d'éléments très humains. 

Prochainement en France

 

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