Critiques Séries : The Librarians: The Next Chapter. Saison 2. Episode 3.

Critiques Séries : The Librarians: The Next Chapter. Saison 2. Episode 3.

The Librarians: The Next Chapter // Saison 2. Episode 3. And the Vanishing Bankers.

 

Après nous avoir opposé un démon de la colère puis un génie rancunier, la saison 2 de The Librarians: The Next Chapter continue sur sa lancée. Cette fois, la série va piocher du côté des classiques de la littérature et du folklore pour son troisième épisode, intitulé « And the Vanishing Bankers ». Au programme : une relecture de Peter Pan. Mais oubliez l'image joyeuse du gamin qui ne veut pas grandir, le personnage prend ici une tournure bien plus inquiétante. Sur le papier, le concept risquait de tomber dans le clin d'œil un peu facile. Pourtant, le résultat réserve une bonne surprise. 

 

L'épisode développe une réflexion vraiment intéressante sur l'enfance, le poids des responsabilités et surtout cette immense fatigue qui vient quand on passe son temps à devoir materner les autres. Et c'est Charlie qui se retrouve propulsée au cœur de cette dynamique. Voir Peter Pan débarquer comme adversaire de la semaine reste très logique dans cet univers. La franchise adore mélanger les mythes, détourner les contes et réinventer des figures célèbres à sa propre sauce. Ici, Peter Pan n'a rien du héros insouciant du Pays imaginaire. Il devient un être immortel qui cherche à piéger les adultes épuisés par leur quotidien. Son but ? Les attirer dans son monde pour leur faire abandonner définitivement toutes leurs contraintes.

L'idée marche bien parce qu'elle touche à quelque chose de très familier. Refuser de grandir devient subitement très attrayant quand la vie d'adulte s'accumule en problèmes, boulot et obligations. Mais l'épisode montre rapidement la face sombre du tableau : Neverland se transforme en vraie prison. Même sa bande de garçons perdus ressemble moins à des gamins en pleine aventure qu'à des esprits bloqués dans un état d'immaturité permanente. À côté de ça, l'épisode apporte sa touche de légèreté grâce à Vikram. Venant tout droit du XIXe siècle, ce Bibliothécaire possède un savoir gigantesque sur les légendes antiques et les grands mythes classiques. Sauf qu'il n'a absolument aucune idée de qui est Peter Pan.

 

J'aime beaucoup la manière dont la série gère son décalage temporel. Vikram ne passe pas pour un idiot, mais simplement pour un homme d'un autre temps qui essaie de piger la culture populaire apparue deux cents ans après sa naissance. Le parallèle dressé entre le personnage de Barrie et le dieu grec Pan apporte d'ailleurs un petit clin d'œil bienvenu qui s'intègre parfaitement à la logique fantastique du show. Mais soyons clairs : le vrai intérêt de l'histoire tourne autour de Charlie. Depuis le départ, elle porte un poids énorme sur les épaules. Son rôle de Gardienne l'oblige à protéger Vikram, Lysa et Connor, trois spécialistes brillants mais incapables de réfléchir avant de sauter à pieds joints dans le danger.

Dans cet épisode, sa charge mentale devient explosive. Charlie passe ses journées à surveiller l'équipe, anticiper les bêtises et rattraper les dégâts quand tout dérape. Le pire, c'est que les autres ne remarquent même pas l'effort que ça lui demande. Ce n'est pas par méchanceté : ils sont juste tellement absorbés par leurs propres découvertes qu'ils en oublient la personne qui leur évite de mourir toutes les cinq minutes. C'est exactement cette faille que Peter Pan décide d'exploiter. La tentation de Neverland devient alors totalement crédible pour elle. Partir avec Peter, ce n'est pas fuir par lâcheté, c'est l'espoir de poser enfin un sac trop lourd. Plus besoin de surveiller trois électrons libres, plus de décisions impossibles à prendre, plus de responsabilité sur la survie du groupe.

 

L'écriture évite le piège de rendre Charlie faible. C'est précisément parce qu'elle prend sa mission à cœur qu'elle frôle le burn-out. Pour résister, elle ne doit pas devenir une meilleure combattante, elle a juste besoin que son équipe prenne conscience de ce qu'elle apporte. Sa façon de faire face à Peter Pan est d'ailleurs le meilleur moment du récit. Face à une créature nourrie par le refus de grandir, Charlie oppose l'exact inverse : elle embrasse ses choix et accepte ses responsabilités. L'épisode rappelle ainsi une vérité simple mais efficace : devenir adulte n'enlève pas la magie ou la liberté, c'est aussi savoir sur qui compter. Après trois épisodes, la direction de cette saison 2 se confirme. 

Le scénario s'intéresse davantage aux créatures magiques en elles-mêmes qu'aux humains qui cherchent des objets anciens. Cette formule monstre de la semaine fonctionne bien pour développer le groupe, même s'il va falloir accélérer un peu. Le fil rouge autour de Merlin reste très discret pour l'instant. C'est sympa de profiter de ces parenthèses, mais attention à ne pas trop retarder le cœur de l'intrigue principale. Globalement, j'ai trouvé cet épisode très réussi grâce au traitement réservé à Charlie. La relecture de Peter Pan s'avère plaisante, mais c'est vraiment le développement de la Gardienne qui donne du relief à l'ensemble. L'analogie fonctionne parfaitement : au fond, Vikram, Lysa et Connor restent de grands enfants guidés par leur curiosité, et Charlie incarne l'adulte de la bande qui maintient l'équilibre. 

 

Note : 5.5/10. En bref, The Librarians: The Next Chapter trouve son rythme de croisière avec une formule plus mûre et mieux maîtrisée que l'an dernier. J'attends maintenant de voir si les prochains épisodes réussiront à faire grimper les enjeux du côté de Merlin.

Prochainement en France

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article