Les Immortelles (DVD)

Les Immortelles (DVD)

Disponible à partir du 9 septembre chez Blaq Out, Les Immortelles signe le premier long-métrage de fiction de la cinéaste Caroline Deruas Peano. Porté par la révélation Lena Garrel aux côtés de Louiza Aura et d'Emmanuelle Béart, ce drame nous plonge dans le Sud de la France au début des années 90 pour raconter une amitié féroce balayée par un drame soudain. Avec cette sortie physique en DVD enrichie de nombreux compléments, l'éditeur propose une immersion intime et nostalgique au cœur des passions adolescentes et du passage à l'âge adulte.

 

Ca parle de quoi ?

1992. Sud de la France. Charlotte et Liza, 17 ans, sont inséparables depuis l'enfance. Elles partagent leur adolescence rebelle, leur passion pour la musique pop et leur désir de vivre à Paris. Mais un drame les sépare et Charlotte se retrouve seule, un pied tendu vers la vie adulte, portant des rêves pour deux.

 

Les Immortelles : une belle idée sur l’amitié qui peine à trouver son rythme

Avec Les Immortelles, Caroline Deruas Peano nous plonge en plein cœur des années 1990 pour raconter une histoire d’amitié adolescente, de grands rêves et de deuil. Sur le papier, le projet avait tout pour me plaire. Deux filles fusionnelles, une passion dévorante pour la musique, la lumière de la Côte d’Azur, une touche rétro bien dosée et ce récit axé sur ces liens intenses qui marquent une vie entière. Pourtant, malgré des qualités évidentes à l'écran, le film m’a laissé une impression plutôt mitigée. Tout commence à Nice, en 1992. Charlotte et Liza ont 17 ans et croquent dans leur jeunesse avec cette fougue si particulière. Elles partagent tout : leurs doutes, leurs fous rires et surtout une ambition commune, celle de tout plaquer pour s'installer à Paris et vivre de leur musique.

 

Leur modèle absolu ? Les Rita Mitsouko, dont elles adorent l'énergie débordante et le look décalé. Toute cette première partie fonctionne vraiment bien. Une vraie fraîcheur se dégage de cette relation. Les dialogues sont spontanés, les petits délires sonnent juste et cette impression que le monde leur appartient donne un ton léger très agréable. Léna Garrel et Louiza Aura incarnent Charlotte et Liza avec une belle justesse. Leur complicité saute aux yeux et porte clairement le début du récit, sans jamais tomber dans la surenchère. C'est après que les choses se compliquent. Un drame soudain vient casser net cette dynamique et faire basculer le destin de Charlotte. Les Immortelles met alors de côté son ton de chronique adolescente pour aborder le deuil et la présence obsédante des souvenirs.

 

L'angle choisi est prometteur. Le film cherche à comprendre ce qu'il reste d'une amitié si forte quand l'autre disparaît. Les rêves partagés et la mémoire deviennent alors des fils conducteurs essentiels. C'est malheureusement là que j'ai commencé à décrocher. Le récit cherche une forme plus poétique et introspective, en intégrant des passages oniriques et des effets de style marqués. Si certaines séquences restent jolies, d'autres paraissent beaucoup moins naturelles. Le rythme ralentit brusquement et la mise en scène devient trop démonstrative. Là où la première heure avançait grâce au naturel des comédiennes, la suite donne la sensation de forcer l'émotion au lieu de la laisser naître d'elle-même.

 

Tout n'est pas à jeter pour autant. Le travail sur l'époque constitue l'une des vraies réussites du projet. Les tenues, les décors, les couleurs et bien sûr la bande-son aident à bâtir un univers très fort. La musique originale composée avec Calypso Valois apporte d'ailleurs un vrai plus. Elle ne sert pas juste de fond sonore, elle incarne la passion des deux filles et donne du relief à leur histoire. La réalisation de Caroline Deruas Peano s'amuse d'ailleurs avec cette esthétique d'époque. L'utilisation du 16 mm sur certains plans apporte une texture chaleureuse, presque comme de vieux souvenirs retrouvés au fond d'un tiroir. Le rendu est visuellement très réussi, même si quelques choix de mise en scène, comme l'usage répétitif de ralentis ou de séquences rêvées, pèsent parfois un peu lourd sur le récit.

 

Le casting reste un autre point fort. En plus du duo formé par Léna Garrel et Louiza Aura, le film s'appuie sur la présence d'Emmanuelle Béart et de Vahina Giocante dans les rôles des mères. Aymeric Lompret apporte de son côté une belle touche d'humour dans le rôle du prof d'EPS fantasmé par ses élèves. Son personnage amène une respiration bienvenue avant que l'histoire ne devienne plus sombre. Ces moments de légèreté sont précieux, car le film est souvent à son meilleur quand il se contente de montrer ces jeunes vivre, discuter et rêver tout simplement. C'est là que réside mon principal blocage. Les Immortelles aborde des sujets forts comme le deuil et le passage à l'âge adulte, mais ces thèmes demandent une grande délicatesse pour éviter le piège du sentimentalisme.

 

Je n'ai pas réussi à être vraiment touché par cette seconde moitié. Certaines situations semblent trop balisées et la trajectoire du deuil manque de spontanéité. La matière était là, mais la formule ne fonctionne pas totalement. C'est regrettable, car le lien créé au départ laissait espérer une attache plus profonde avec les personnages. Les Immortelles est un projet que j'aurais vraiment aimé défendre jusqu'au bout. L'idée de suivre cette amitié à travers le prisme de la musique dans les années 90 me séduisait. L'image est belle, les actrices sont impeccables et cette touche rétro a un vrai charme. Malheureusement, le scénario souffre d'un vrai problème d'équilibre. La bascule entre le récit de jeunesse et le drame casse l'élan du film, tandis que les parti-pris visuels plus abstraits alourdissent l'ensemble.

 

Cela reste une œuvre sincère sur l'adolescence et l'empreinte que laissent certaines personnes dans nos vies. Les amateurs de cinéma indépendant et de récits nostalgiques y trouveront certainement leur compte. Pour ma part, je reste sur un sentiment mitigé : une belle intention, une ambiance soignée, mais un impact émotionnel qui n'a pas fonctionné sur la durée.

 

Et le DVD ?

Blaq Out livre une très belle copie physique pour Les Immortelles, idéale pour apprécier le travail visuel de Caroline Deruas Peano. Si le scénario peut diviser, l'objet DVD saura ravir les amateurs de cinéma indépendant grâce à un mastering technique aux petits oignons. Côté image, le transfert au format respecté fait honneur au superbe travail sur la lumière et les teintes rétro. La texture chaleureuse des passages tournés en 16 mm ressort à merveille, conservant un grain naturel sans jamais souffrir de compression gênante. Les couleurs de la Côte d'Azur et l'esthétique nineties sont parfaitement mises en valeur.

 

Sur le plan sonore, la piste française propose un mixage très propre. L'équilibre entre les dialogues naturalistes et la magnifique bande-son signée avec Calypso Valois est irréprochable. La musique des Rita Mitsouko et les compositions originales enveloppent la pièce avec une belle dynamique, permettant une vraie immersion dans les rêves musicaux des deux adolescentes. La partie bonus s'avère particulièrement généreuse pour une édition standard. L'entretien avec Caroline Deruas Peano offre un éclairage précieux sur ses choix de mise en scène et la genèse du film, tandis que la présence de ses courts-métrages permet de prolonger intelligemment l'expérience et de mieux cerner l'univers poétique de la cinéaste.

 

Une édition technique impeccable, portée par de chouettes suppléments qui apportent une vraie valeur ajoutée au film. Un très bel objet éditorial proposé à un tarif accessible pour la rentrée !

 

Caractéristiques techniques 

Éditeur : Blaq Out - Pays : France, Canada - Durée : 90 minutes (1 h 30) - Langue : Français
Contenu : 1 DVD (Édition Standard) - Bonus : Entretien avec la réalisatrice Caroline Deruas Peano, courts-métrages de la cinéaste

Disponible à partir du 9 septembre 2026 au prix public conseillé de 19,99€

 

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