Critiques Séries : The Librarians: The Next Chapter. Saison 2. Episode 12 (season finale)

Critiques Séries : The Librarians: The Next Chapter. Saison 2. Episode 12 (season finale)

The Librarians: The Next Chapter // Saison 2. Episode 12… And the Camelot Conundrum.

SEASON FINALE

 

Après une saison 2 qui a constamment jonglé avec les peurs, les envies et la facture souvent très salée de la magie, The Librarians: The Next Chapter pose ses valises pour son tout dernier épisode. La direction semblait évidente sur le papier : cap sur Camelot. Et pourtant, « And the Camelot Conundrum » garde pas mal de cartes dans sa manche. La série passe une bonne partie de son temps à nous faire croire à un scénario précis, pour mieux nous emmener ailleurs. Sincèrement, la pilule est bien passée et le piège a fonctionné sur moi. Dans un univers qui carbure aux artefacts bizarres, aux sauts dans le temps et aux coups d'avance de Merlin, c'est franchement une bonne surprise.

 

Depuis pas mal d'épisodes, Merlin fait partie de ces personnages impossibles à caser gentiment dans une case. Ce n'est pas le méchant de service qui veut tout casser juste pour faire le méchant. Son obsession pour la magie vient d'une intention presque noble : réparer un monde qu'il trouve complètement bancal. Le vrai souci, c'est qu'il se croit assez puissant et légitime pour trancher seul ce qui doit être effacé ou modifié. Cet épisode 12 pousse cette logique à fond. On retrouve Vikram, Lysa, Charlie, Connor et Mrs. Astolat projetés à une époque où Camelot n'a pas encore le statut de légende qu'on lui connaît dans la franchise. Merlin en a marre de jouer les ombres. Cette fois, il veut poser sa pierre directement dans les fondations de l'Histoire. 

 

Ça implique forcément Arthur, Excalibur et toute la panoplie mythologique qu'on se trimballe depuis le début. Ce retour aux racines passe très bien parce que les scénaristes avaient semé des miettes un peu partout. Entre Mrs. Astolat (et son identité d'Elaine d'Astolat), les allusions répétées à la Table ronde et la présence constante d'Excalibur, la piste était déjà bien balisée. C'est sans doute le truc le plus amusant du final. Tout est découpé pour vous faire avaler que Merlin utilise le Torque de Reverie pour remonter le temps en chair et en os, histoire de bidouiller les événements avant la création de Camelot. Après ce qu'on s'est enquillé en saison 1 et les bizarreries temporelles habituelles de la franchise, l'idée passe toute seule. On n'émets aucun doute.

 

Et c'est là que le show s'amuse avec nous. On est tellement habitués aux codes du genre qu'on plonge la tête la première sans trop poser de questions. Même Merlin donne l'impression de tomber dans le panneau. Le délire autour des rêves, du Torque et de la perception du temps prend alors une tout autre gueule. Ce qui ressemblait à une grosse expédition temporelle classique devient une expérience bien plus intime, pensée pour mettre Merlin face au désastre de ses ambitions. Ce qui m'a le plus marqué sur l'ensemble de cette saison 2, c'est sa capacité à revenir constamment sur les mêmes fêlures. On a regardé chaque membre du groupe se prendre ses traumatismes et ses regrets en pleine figure. 

 

Charlie a dû admettre qu'elle ne sauverait pas tout le monde, peu importe ses efforts. Lysa a repassé en boucle la douleur liée à ses parents. Connor s'est débattu avec ses gros manques de confiance. Et Vikram a traîné sa peur d'être seul, cette sensation permanente de n'être jamais chez lui nulle part. Le final n'arrive donc pas comme un cheveu sur la soupe. Sous ses airs de grande aventure chevaleresque avec épées et sorts lumineux, l'épisode traite surtout des dégâts provoqués par nos choix. La magie offre un raccourci facile pour tout régler en deux secondes, mais l'addition finit toujours par tomber. Merlin l'apprend à ses dépens. On ne peut pas faire un détour par Camelot sans parler du gros lézard. 

 

Après avoir patiemment monté la mayonnaise autour de la légende arthurienne, la série finit par nous lâcher une créature imposante. Elle colle plutôt bien au décor d'une époque où la magie n'était pas encore devenue une denrée rare. L'arrivée du dragon fait monter le niveau de menace d'un cran. L'épisode y va franchement sur les dégâts : Connor est laissé sur le carreau après un sale coup, Charlie se retrouve directement dans le viseur du monstre et Lysa dérouille à son tour. Pendant quelques minutes, on se demande vraiment si l'équipe va s'en sortir indemne. La présence du Graal laisse espérer un miracle magique de dernière minute, mais la tension ne redescend pas si vite.

 

C'est sur ce point que le final gagne ses galons. Le concept du rêve, qui aurait pu ressembler à une facilité d'écriture un peu feignante, trouve sa justification. Merlin se retrouve coincé face à la version brute et violente de ce que son obsession risque de produire. Il veut réparer le monde, mais son besoin de tout contrôler risque surtout de tout cramer. Vikram capte le truc bien avant lui. La dynamique entre les deux est d'ailleurs l'une des très bonnes idées du final. Vikram ne cherche pas à dessouder Merlin comme un simple boss de fin de niveau. Il essaie plutôt de lui mettre le nez dans ses contradictions et de lui laisser une porte de sortie. C'est très raccord avec la philosophie de la saison : on n'est pas uniquement définis par nos conneries, mais par la façon dont on réagit une fois qu'on est au pied du mur.

 

« And the Camelot Conundrum » boucle la boucle proprement. L'épisode recolle les morceaux éparpillés et donne enfin à chaque perso un vrai moment pour exister. La mythologie de Camelot n'est pas là juste pour faire joli ou faire du fan-service : elle aide The Next Chapter à affirmer sa propre identité. On n'est plus en train de regarder une pâle copie de l'équipe originale. Vikram et sa bande ont leur propre vitesse de croisière, leurs propres cicatrices et leur façon bien à eux de gérer le bordel magique. Si je ne devais retenir qu'une chose de cette saison, c'est sa façon de parler de confiance. Apprendre à faire confiance aux autres, admettre qu'on a des limites et piger une bonne fois pour toutes qu'on ne peut pas tout porter sur ses épaules. 

 

Le final pousse cette leçon jusque dans les retranchements de Merlin. Il voulait réécrire le monde d'un coup de baguette ; il réalise surtout que certains dégâts ne se réparent pas avec une formule magique.

 

Note : 7/10. En bref, « And the Camelot Conundrum » boucle la boucle proprement. L'épisode recolle les morceaux éparpillés et donne enfin à chaque perso un vrai moment pour exister. La mythologie de Camelot n'est pas là juste pour faire joli ou faire du fan-service : elle aide The Next Chapter à affirmer sa propre identité. 

Prochainement en France

TNT n’a pas encore renouvelé The Librarians: The Next Chapter pour une saison 3 à l’heure où j’écris ces lignes.

 

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