Critique Ciné : The Florist (2026, direct to SVOD)
The Florist // De Babak Najafi. Avec Dennis Quaid, Jean Reno et Sky Katz.
Le cinéma d’action nous a souvent habitués à des couvertures improbables pour dissimuler des tueurs à gages. Cette fois, Babak Najafi décide de placer ses assassins derrière le comptoir d’une boutique de fleurs. Sur le papier, pourquoi pas. Le décalage avait de quoi séduire, surtout en réunissant Dennis Quaid et Jean Reno dans les rôles principaux. Deux monstres sacrés de leur génération côte à côte pour jouer les fleuristes de façade et les flingueurs sur commande, la proposition donnait envie d'en savoir plus. Malheureusement, passé le concept de départ, le soufflé retombe bien vite.
Carl Rikker est un horticulteur introverti et tranquille qui adore son travail. Cependant, il détient un sombre secret - la nuit, il travaille en tant qu'assassin impitoyable. Son identité est menacée lorsqu'il se lie d'une amitié avec une adolescente.
Le film peine à dépasser son statut de petite série B prévisible et manque cruellement d'ambition. L’histoire suit donc Rikker, un ancien militaire au regard sombre, et Charlie, son pote de longue date plus raffiné. Ensemble, ils taillent des roses le jour et descendent des cibles la nuit. Tout bascule lorsqu’une mission tourne mal et qu’ils se retrouvent à protéger Layla, une ado témoin d’une sale affaire de corruption policière. Le flic pourri du coin veut la faire taire à tout prix, et voilà nos deux papys flingueurs transformés en gardes du corps. Si le pitch rappelle d’emblée Léon (impossible de ne pas y penser en voyant Jean Reno recueillir une jeune fille menacée), la comparaison s’arrête là. La dynamique ne fonctionne qu’à moitié.
Dennis Quaid essaie tant bien que mal de donner un peu d'humanité à son personnage de tueur au grand cœur, mais le script ne lui donne rien à se mettre sous la dent. Même constat pour Jean Reno, engoncé dans un rôle secondaire qui manque cruellement de relief. On devine un passé lourd, des blessures et une vraie complicité entre les deux hommes, mais le scénario effleure tout sans jamais rien approfondir. On se retrouve face à des coquilles vides qui enchaînent les répliques convenues. Au milieu de ce duo fatigué, la jeune Sky Katz s’en sort honorablement. Elle apporte un peu d’énergie et de spontanéité à une intrigue qui en manque désespérément. Le problème vient surtout de l'écriture des relations.
Le passage de la méfiance à la confiance mutuelle se fait à grands coups de raccourcis grossiers. Les réactions émotionnelles tombent souvent à côté, tombant dans un mélodrame sans grande conviction. On regarde ces personnages interagir sans jamais se sentir réellement impliqué dans leur sort. Côté mise en scène, Babak Najafi fait le strict minimum. Les 97 minutes passent assez vite, ce qui évite au moins l’ennui profond, mais la réalisation souffre d'un manque flagrant de moyens. Les scènes d'action manquent d’impact, le découpage reste basique et certains effets visuels trahissent un budget très serré. Le film accumule les facilités scénaristiques, les coïncidences absurdes et les rebondissements que l'on voit venir à des kilomètres.
Même la ville et les décors semblent génériques au possible, sans aucune identité visuelle marquée. Le plus frustrant reste sans doute cette manie de laisser planer de faux mystères. On nous suggère constamment que Rikker et Charlie travaillent pour des entités très puissantes ou des services secrets, mais le récit ne tranche jamais et laisse ces pistes à l'abandon. Ce qui aurait pu passer pour du mystère ressemble plutôt à de la paresse d'écriture. Cliché à souhait et fauché comme les blés, The Florist est une vraie déception. On partait sur un pitch amusant et un casting plutôt classe, on se retrouve avec un thriller générique qui enchaîne les lieux communs sans jamais réussir à décoller. C'est le genre de film qu'on oublie aussitôt le générique de fin lancé.
Note : 3/10. En bref, les amateurs de gros polar rythmé risquent de rester sur leur faim, tout comme les fans de Dennis Quaid et Jean Reno qui méritaient franchement un meilleur projet pour marquer leurs retrouvailles sur grand écran. En dessous de la moyenne, le résultat manque cruellement de tension et d'originalité pour mériter qu'on s'y attarde vraiment.
Prochainement en France en SVOD
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