Critiques Séries : Chicago Med (Saison 12, épisode 1), Chicago Fire (Saison 15, épisode 1), Chicago PD (Saison 14, épisode 1)
Chicago Med // Saison 12. Episode 1. Shots Fired.
Après un final de saison 11 bien chargé, entre le bébé d’Hannah et Archer, la santé fragile de Lenox et les menaces sur le poste de Sharon Goodwin, Chicago Med revient en force. Ce premier épisode de la saison 12, intitulé « Shots Fired », ne perd pas une seconde pour nous replonger dans l'action. L'hôpital Gaffney se retrouve immédiatement projeté au cœur d'une crise majeure. Le rythme est là, même si certains choix de scénario font débats. Tout commence par un drame : une fusillade éclate pendant un mariage. Très vite, les urgences voient arriver un flux de blessés graves. On découvre notamment Tamar, une future mariée enceinte, et la jeune Dakota, qui perd la vue à cause du choc traumatique.
J'ai beaucoup aimé le fait que la série prenne le temps d'approfondir ces histoires au lieu d'enchaîner les victimes de façon anonyme. Les tensions autour de la famille de Tamar apportent une vraie touche d'émotion, tandis que le cas de Dakota montre bien les ravages psychologiques de ce genre d'attaque. Au milieu de tout ça, le personnage de Bruno, un musicien présent à la fête, réussit à nous toucher en tissant un lien fort avec la jeune fille. Son destin rend la situation encore plus lourde à encaisser. C'est une belle manière de rappeler qu'une tragédie comme celle-ci laisse des traces qui dépassent de loin les blessures physiques. Le vrai coup de chaud arrive quand le tireur fonce carrément vers l'hôpital avec sa voiture.
Quand un lieu qu'on connaît par cœur devient la cible directe, l'angoisse monte d'un cran. Ça lance la saison sur les chapeaux de roue et installe une tension qui devrait planer sur les prochains épisodes. Du côté du personnel, ce drame marque un tournant pour Mitch Ripley. Après avoir traversé pas mal de tempêtes personnelles la saison dernière, il doit maintenant prendre de la hauteur et encadrer la nouvelle médecin, Annie Wu. Voir Ripley évoluer vers ce rôle de mentor est une bonne surprise. C'est un personnage qu'on a connu impulsif et souvent dépassé par ses émotions. Le voir transmettre son savoir fait mesurer tout le chemin parcouru, même si l'on se demande s'il ne risque pas de répéter ses erreurs.
Sa réaction émouvante après le drame qui touche Bruno prouve qu'il n'est pas devenu insensible pour autant. Sa relation avec Lenox avance aussi par petites touches. Leur discussion est sincère et montre qu'ils se comprennent face à la peur de la maladie. Le départ provisoire de Lenox pour un essai clinique risque de freiner la dynamique, mais j'espère que cela servira vraiment l'histoire au lieu de tourner en rond. Bonne nouvelle également pour Hannah Asher : elle ne s'efface pas du tout derrière son nouveau statut de maman. Elle reprend direct le travail et gère ses patients sans que son personnage soit réduit à sa relation avec Archer ou à son bébé. C'est une excellente chose, car Hannah reste une excellente médecin avec des enjeux bien à elle.
Pour Sharon Goodwin, la situation est beaucoup plus tendue. Les accusations qui pèsent sur elle depuis le final précédent restent bien présentes. La série entretient le suspense sur sa responsabilité dans la fuite du dossier médical de Theo Rabari. Le rebondissement final concernant Doris relance totalement les cartes et donne très envie de voir la suite, d'autant plus que les infirmières mériteraient d'être davantage mises en avant cette année. Au final, ce retour de Chicago Med est franchement réussi. L'épisode dose bien le suspense et les arcs personnels sans se perdre dans le mélodrame. La fusillade apporte ce qu'il faut de tension et les cas médicaux restent le cœur battant du show.
Tout n'est pas parfait, et quelques ficelles semblent un peu grosses pour faire réagir le public à chaud, mais l'ensemble est nettement plus équilibré que la saison précédente. Les pistes lancées pour Ripley, Lenox et Sharon sont prometteuses. Si les scénaristes évitent les pièges habituels, cette saison 12 pourrait bien nous réserver de très belles surprises.
Note : 6/10. En bref, ce retour de Chicago Med est franchement réussi. L'épisode dose bien le suspense et les arcs personnels sans se perdre dans le mélodrame.
Chicago Fire // Saison 15. Episode 1. New Blood.
Après une saison 14 qui m’a franchement lassé, Chicago Fire revient avec un premier épisode qui a au moins le mérite de redistribuer les cartes. Intitulé « New Blood », ce lancement de saison gère les conséquences directes de l’incendie final, les départs actés de plusieurs figures de la caserne et l’arrivée de nouvelles recrues. Sur le papier, le cocktail est idéal pour relancer la machine. Pourtant, si certains choix s'annoncent intéressants, d'autres me donnent déjà envie de lever les yeux au ciel. L’incendie qui clôturait la saison précédente laisse des traces profondes, et Joe Cruz en paie le prix fort. Trois mois après les faits, le pompier doit composer avec une blessure à la colonne vertébrale qui menace définitivement sa carrière.
Après quatorze saisons passées à Firehouse 51, cette perspective est difficile à encaisser, autant pour lui que pour les spectateurs fidèles qui ont suivi toute son évolution. Je préfère nettement cette approche nuancée à une disparition brutale et expéditive du personnage. Cruz aime son métier, ses collègues et cette capacité à sauver des vies au quotidien. Le voir contraint de tout lâcher soulève une question que la série n'a curieusement jamais vraiment creusée : que devient un pompier quand son propre corps l'lâche ? Cette intrigue peut apporter une vraie épaisseur à cette nouvelle saison, à condition de ne pas bâcler son parcours en deux épisodes.
Cruz va devoir accepter cette nouvelle réalité, tandis que son entourage devra apprendre à l'épauler sans décider à sa place. Le vrai hic, c'est que cette belle dimension émotionnelle se retrouve éclipsée par le comportement de Christopher Herrmann. Je vais être cash : Herrmann commence sérieusement à m'agacer. Je saisis bien l'idée de la culpabilité du survivant et ce besoin viscéral de chercher des réponses après une intervention ratée. Mais dans cet épisode, sa réaction monopolise tout l'espace. Alors que Cruz encaisse un verdict médical lourd, Herrmann semble obsédé par sa propre responsabilité. Il se persuade qu'il aurait pu tout bloquer et ramène sans cesse la situation à ses propres regrets.
Le problème n'est pas qu'il culpabilise, c’est tout à fait humain et logique pour un type qui considère la caserne comme sa famille. Mais à force de tout ramener à sa personne, il parasite l’intrigue principale. Cruz gère sa situation avec une réelle dignité, se souciant aussi des victimes, ce qui rend l'égocentrisme d'Hermann encore plus lourd à digérer. J’aurais aimé voir Mouch le recadrer un bon coup au lieu de le laisser prendre toute la place. Du côté des nouvelles recrues, l’arrivée de jeunes probies offrait une belle opportunité de secouer les dynamiques. Après une quatorzième saison où les scénaristes ont beaucoup tourné en rond, un peu de sang neuf ne faisait pas de mal.
Malheureusement, les premières scènes me laissent sceptique. Plutôt que de construire des personnalités solides, la série replonge dans une rivalité de bas étage entre des bleus qui veulent absolument briller. Cette compétition stérile devient vite dangereuse. Les nouveaux se soucient davantage de leur ego que du travail d'équipe. Novak se fait ainsi percuter par une voiture, victime collatérale d'une imprudence évidente. Ce qui m'agace, c'est de revoir la même recette usée jusqu'à la corde : des personnages arrogants, des tensions artificielles et des risques inutiles juste pour fabriquer du drame. Firehouse 51 a toujours fonctionné sur l'entraide. J'espère que Stella saura leur remettre les idées en place rapidement.
Ce premier épisode officialise aussi les départs de Dom Pascal et de Joe Cruz. L'absence de Pascal ne bouleverse pas grand-chose, mais celle de Cruz laisse un vrai vide vu son ancienneté. Ces mouvements de casting étaient nécessaires pour nettoyer l'ardoise après une saison 14 épuisante, plombée par des intrigues répétitives et des coupes budgétaires trop voyantes à l'écran, comme ce fichu conflit entre Severide et Hopkins.
Note : 4/10. En bref, au bout de ce premier épisode, mon avis reste mitigé. Chicago Fire s'appuie sur des personnages attachants, mais cela ne suffit plus à masquer des facilités d'écriture persistantes. « New Blood » pose des bases correctes, mais les scénaristes doivent maintenant prouver qu'ils ont de vraies histoires à raconter.
Chicago PD // Saison 14. Episode 1. Demolition.
Après un final de saison 13 particulièrement violent, la série fait son grand retour avec « Demolition ». Au menu : des blessures d'hier encore bien ouvertes, une enquête qui pose de vraies questions sur la rédemption, et l'arrivée d'un nouveau rival pour Hank Voight. Bref, une reprise efficace qui remet le couvert sans faire un trait sur le passé. L'épisode pose de bonnes bases pour la suite, même si tout n'a pas vraiment le temps de respirer. On sent que le show cherche avant tout à nous faire passer un message : à Chicago, personne ne tire vraiment un trait sur son passé. À la fin de la saison dernière, Eva Imani traversait un enfer.
Après des années à chercher sa petite sœur disparue, elle finissait par la retrouver. Sauf que les retrouvailles n'avaient rien d'un conte de fées. Kidnappée toute jeune, Shari a passé plus de deux décennies sous la coupe de Kirby, jusqu'à ce que Voight ne règle le problème de manière définitive. Dans ce Season Premiere, Shari doit rendre des comptes pour son rôle dans la mort de Lila. Mais contre toute attente, Voight tend les clefs du camion à Imani et lui laisse le choix : c'est elle qui décide quoi faire des preuves qui accusent sa sœur. Voir Voight s'effacer comme ça surprend. L'homme qui d'habitude impose sa propre loi semble enfin comprendre que tout ne tourne pas autour de lui.
De son côté, Imani choisit de laisser la justice faire son travail. Elle promet d'être là pendant la détention, mais après plusieurs visites au parloir, Shari finit par couper les ponts et refuse de la voir. C'est une claque monumentale pour Imani. Elle a passé sa vie entière à se battre pour un seul but. Aujourd'hui, elle se rend compte qu'on ne rattrape pas vingt-deux ans de traumatisme en un claquement de doigts. Shari a besoin d'air pour se reconstruire seule. J'ai vraiment aimé cette écriture. On évite la réconciliation facile et niaise. On nous rappelle simplement qu'une victime reste profondément brisée et que la bonne volonté d'une famille ne suffit pas toujours à tout réparer.
Cette histoire fait écho à ce qu'apprend Voight depuis quelque temps. Le sergent accepte enfin de lâcher du lest et de faire un peu plus confiance à ses troupes. Son comportement avec Imani le confirme, même s'il ne perd pas tous ses réflexes pour autant. La relation entre Voight et Imani est clairement l'un des plus gros points forts de ce début de saison. Ils partagent la même dureté, mais aussi un respect silencieux qui dépasse le simple travail. Voight sait ce que c'est que de porter une douleur immense et de se battre contre soi-même. Il retrouve une partie de lui en elle. Ce rapprochement redonne de la chair au personnage de Voight, sans chercher à blanchir ses dérapages.
C'est quand il accepte ses propres failles que le bonhomme est le plus intéressant à suivre. En parallèle, l'équipe fonce sur une fusillade qui implique Chris, un ex-détenu en liberté conditionnelle. Pour la plupart des flics, c'est le coupable parfait. Mais Imani tique et refuse de sauter sur la conclusion la plus simple. Elle a raison : le vrai pourri de l'histoire, c'est Franklin, le conseiller d'insertion, qui profite de sa position pour abuser des personnes fragiles. L'épisode pose une vraie question : un ancien criminel peut-il vraiment tourner la page ? La réponse est plutôt claire. Chris essaie de s'en sortir, pendant que l'homme censé l'aider s'avère être un monstre.
Dommage que cette affaire aille un peu trop vite et manque de nuances, même si le lien avec Shari apporte une belle cohérence. Pour finir, un nouvel obstacle pointe son nez : Charlie Boyden, un agent du FBI venu surveiller Intelligence. On sait que l'équipe n'a jamais été très à cheval sur le règlement, ce qui promet de belles étincelles. Espérons simplement que les scénaristes dépassent le cliché du chef rigide contre le flic rebelle et redonnent une vraie place à l'ensemble du groupe.
Note : 6.5/10. En bref, ce premier épisode de la saison 14 de Chicago PD offre une reprise solide. Si la série garde ce cap et équilibre mieux le temps d'antenne de ses membres, la suite s'annonce palpitante.
Blog indépendant, sans sponsor. Un petit geste aide à le faire vivre.
/image%2F1199205%2F20261025%2Fob_9c274c_ccs-logo-fond-clair.png)
/image%2F1199205%2F20261021%2Fob_750d25_vlcsnap-2026-10-21-15h31m32s290.png)
/image%2F1199205%2F20261021%2Fob_e609c1_vlcsnap-2026-10-21-16h06m40s527.png)
/image%2F1199205%2F20261021%2Fob_c51270_vlcsnap-2026-10-21-16h18m28s865.png)