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Crystal Lake (Saison 1, épisodes 1 et 2) : le retour de Jason Voorhees a enfin quelque chose à raconter

Crystal Lake (Saison 1, épisodes 1 et 2) : le retour de Jason Voorhees a enfin quelque chose à raconter

En tant que passionné de la franchise Vendredi 13, ça faisait un moment que je piaffais d'impatience à l'idée de retourner au camp de vacances le plus dangereux du cinéma. Après des années de projets abandonnés et de faux espoirs, revoir enfin Jason Voorhees et son univers sur un écran, ça fait un petit quelque chose. Et franchement, après avoir visionné les deux premiers épisodes de Crystal Lake, le résultat est bien plus emballant que ce à quoi je m'attendais. Imaginée par Brad Caleb Kane, cette série fait le choix de remonter aux racines de l'histoire. Mais au lieu de ressortir direct la machette et le masque de hockey, le show préfère s'attarder sur Pamela Voorhees, interprétée par une Linda Cardellini excellente. 

 

Pam Voorhees, mère célibataire, n'a jamais réussi à surmonter le chagrin causé par la noyade tragique de son jeune fils malade, Jason, un an plus tôt. Lorsque deux inconnus arrivent en ville et s'intéressent au passé de Pam, une série d'événements troublants se met en marche. Les habitants de Crystal Lake commencent alors à se poser une inquiétante question : qui est vraiment Pam Voorhees ? Autour d'un feu de camp, alors que la nuit enveloppe les bois, la légende de la malédiction de Crystal Lake renaît. Tout aurait commencé avec la noyade de Jason Voorhees… Mais une présence continue de rôder dans la forêt, ne laissant derrière elle que la mort.

 

C'est un angle malin qui permet de dépoussiérer le mythe tout en gardant une bonne dose de mystère. Le pilote prend le temps de poser les bases. En 1972, Pamela travaille au camp pour subvenir aux besoins de son fils, Jason, joué par Callum Vinson. Le gamin accumule les soucis de santé et doit surtout subir la méchanceté des autres enfants. Rejet, moqueries, brimades... Sa vie est un enfer. Pourtant, c'est juste un gosse vulnérable qui aimerait qu'on le laisse tranquille. On a tellement l'habitude d'un Jason monolithique et muet que le voir parler et chercher l'affection de sa mère demande une petite gymnastique d'esprit. Mais ça marche. Callum Vinson lui apporte une vraie fragilité et nous rappelle qu'avant d'être un tueur mythique, Jason était une victime.

 

Évidemment, la tragédie finit par arriver. Lâché dans l'eau par des adolescents malveillants alors que les moniteurs regardent ailleurs, Jason se noie. Pamela arrive trop tard pour le sortir de là. La scène fait mal au cœur, portėe par une Linda Cardellini poignante. Derrière la future meurtrière du film original, on découvre une mère dévastée. On a beau connaître le destin du personnage, le drame frappe fort. Neuf mois plus tard, Pamela refuse d'accepter la mort de son fils. Convaincue qu'il est toujours vivant, sa rencontre avec deux types douteux prétendant avoir retrouvé le corps va tout faire basculer. Très vite, les deux hommes se montrent menaçants. La confrontation qui suit est l'un des meilleurs moments du début de saison. 

 

On est loin de la tueuse méthodique des films : Pamela panique, improvise et cherche juste à sauver sa peau. C'est poisseux, parfois absurde et teinté d'un humour noir très réussi, comme quand elle tente de nettoyer le carnage chez elle avec du ruban adhésif et des sacs poubelle. La série s'amuse avec son personnage et ça fait du bien. Mais l'intrigue ne s'arrête pas là. Ces deux agresseurs semblent connaître le passé de Pamela et évoquent une mystérieuse organisation nommée Argonaut. Entre les flashs d'un centre de recherche et des souvenirs flous, on comprend que le passé de la mère de Jason est bien plus lourd qu'il n'y paraît. C'est là que j'émets mes premières réserves. 

 

La série semble s'orienter vers une explication scientifique à la résistance surhumaine de Jason. Personnellement, j'ai toujours préféré le côté fantastique et brut du personnage. Le virage surnaturel de Vendredi 13, chapitre VI: Jason le mort-vivant marchait très bien, mais je suis moins fan des délires de laboratoire. J'espère juste que cette sous-intrigue ne viendra pas gâcher l'ADN du slasher. Le deuxième épisode lève un peu le pied sur l'action pour creuser la psychologie des personnages. On y suit Pamela qui tente de garder la tête hors de l'eau en participant à un séminaire de développement personnel dirigé par un certain Wilhelm Richter. Le gars utilise des méthodes de manipulation très agressives pour pousser les gens dans leurs retranchements.

 

Il cherche à faire sauter les verrous de Pamela, révélant au passage son passé d'ancienne chanteuse. La tension entre eux monte jusqu'à ce que la vraie nature de Pamela commence à refaire surface. La scène où elle revient armée d'une boule de bowling est savoureuse, même si un autre participant finit par faire le sale boulot à sa place. Pendant ce temps, les personnages secondaires s'installent gentiment. Grace, une ados rejetée par ses pairs mais qui avait été gentille avec Jason, gagne en importance. Son attitude et sa colère suggèrent qu'elle aura un rôle clé dans la suite. Du côté de la police, le sheriff Levon enquête doucement mais sûrement, et la découverte de restes humains dans la forêt risque de vite rapprocher les soupçons de Pamela. 

 

Et puis, il y a ce plan final flippant avec Barry et Claudette où une silhouette menaçante rôde dans la nuit... Jason n'est clairement pas loin. Visuellement, c'est du très bon boulot. L'ambiance des années 70 est parfaitement retranscrite, que ce soit à travers le grain de l'image, les décors ou la bande-son. On retrouve ce sentiment d'isolement propre aux premiers films, où personne ne peut appeler à l'aide sur son smartphone. Les clins d'œil aux fans sont bien dosés sans tomber dans le fan-service lourd.

 

Note : 7/10. En bref, ces deux premiers épisodes de Crystal Lake posent des bases solides. En donnant de la chair à Pamela et au jeune Jason, la série prend des risques payants. Linda Cardellini porte le projet avec brio et l'ambiance est au rendez-vous. Malgré mes doutes sur le côté laboratoire scientifique, le plaisir de revenir à Crystal Lake est bien réel. Ça fait un bien fou de revoir cet univers reprendre vie avec de l'ambition.

Prochainement en France

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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