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Tourments (Mini-series, épisodes 1 et 2) : une mini-série policière qui fait ressurgir les fantômes du passé

Tourments (Mini-series, épisodes 1 et 2) : une mini-série policière qui fait ressurgir les fantômes du passé

Disponible sur HBO Max, la mini-série polonaise Tourments (connue sous son titre original Zmora ou en anglais The Torment) se penche sur un drame vieux de trente ans et sur les zones d'ombre qui continuent de gâcher la vie des habitants d'une petite communauté. Avec six épisodes au compteur, la fiction pose les bases d'un polar sombre où chaque personnage semble cacher un lourd secret. Après deux épisodes visionnés, l'ensemble tient la route, même si le récit met un peu trop de temps à se lancer véritablement. Le point de départ reste assez familier pour les amateurs du genre : il suffit d'un retour dans sa ville natale pour raviver de vieilles blessures. 

 

Une journaliste controversée retourne dans sa ville natale pour enquêter sur la disparition non élucidée d'un ami d'enfance.

 

Adaptée d'un roman de Robert Małecki, la série suit Kama Kossowska, une journaliste dont la carrière vient de subir un coup dur après un scandale médiatique. Obligée de revenir à Toruń pour une réunion d'anciens élèves, elle recroise la route d'anciennes connaissances qu'elle aurait préféré oublier. Ce qui devait ressembler à une simple soirée nostalgique bascule vite avec l'arrivée de Michał Bąk, dont la seule présence suffit à installer un climat pesant. Ce malaise ambiant puise ses racines en 1994, lors d'une partie de cache-cache qui s'est terminée par la disparition d'un petit garçon, Piotrek. Une affaire classée sans suite à l'époque, mais que personne n'a jamais vraiment oubliée. 

 

Trente ans plus tard, de nouveaux éléments viennent sortir ce dossier des cartons, poussant Tomasz Korcz, un policier chargé des cold cases, à réouvrir l'enquête. Malgré les mises en garde répétées de son propre père, Kama se retrouve piégée au centre des recherches. Ce premier chapitre prend le temps de poser son décor et de distribuer les cartes. La série fonctionne sur deux temporalités en alternant entre l'époque actuelle et les événements de 1990. Le procédé n'a rien de novateur, mais la réalisation s'en sert intelligemment pour remettre en question ce que l'on croit savoir au fil des épisodes. Le deuxième épisode fait avancer les choses d'un cran. 

Quelques indices permettent aux enquêteurs de débloquer une première piste, mais ce sont surtout les interrogatoires qui apportent de l'intérêt à l'intrigue. On réalise vite que personne n'a gardé le même souvenir de cette fameuse nuit. C'est d'ailleurs ce qui fonctionne le mieux dans Tourments : la série ne cherche pas uniquement à trouver l'identité d'un coupable à l'aide d'indices accumulés. Elle scrute la mémoire humaine, ces souvenirs altérés par le temps ou volontairement arrangés pour se protéger. De son côté, Kama réalise peu à peu que ses amis de l'époque ne sont peut-être pas totalement innocents. 

 

L'arrivée d'un message anonyme relance la tension, pendant que l'enquêteur Korcz commence à gratter là où ça fait mal, en s'intéressant au travail bâclé de la police dans les années 90 et à l'implication directe du père de Kama. Cette dimension familiale apporte une vraie valeur ajoutée au récit. Malgré tout, le rythme global manque parfois d'un peu de tonus. Les deux épisodes passent beaucoup de temps à installer le cadre et les relations entre les personnages, un peu au détriment de l'enquête qui stagne par moments. Côté distribution, Magdalena Cielecka incarne une Kama plutôt distante. On sent chez cette femme une vraie détermination mêlée aux fêlures causées par son adolescence et ses déboires récents. 

 

Son jeu reste assez froid, parfois un peu trop sur la retenue, et j'attends de voir comment son personnage va évoluer par la suite. En face, Piotr Żurawski propose un flic plus brut et direct, ce qui crée un contraste bienvenu avec le silence de Kama. L'alchimie entre eux demande encore à être peaufinée, leurs échanges restant très professionnels pour le moment. La très bonne surprise vient de Łukasz Simlat. L'acteur crève l'écran à chacune de ses apparitions et apporte une tension palpable qui profite immédiatement à l'ambiance générale. Les personnages secondaires qui gravitent autour de l'histoire sont eux aussi bien croqués, laissant deviner une responsabilité partagée dans cette disparition.

 

Visuellement, on retrouve la patte des polars scandinaves ou d'Europe de l'Est. La ville de Toruń offre un cadre poisseux avec ses rues sombres et sa lumière hivernale. Le réalisateur Łukasz Jaworski privilégie les temps morts, les échanges de regards et la gêne palpable entre les protagonistes. Une mise en scène soignée qui évite le piège de la surenchère d'action, même si le scénario emprunte des chemins très balisés : la star déchue qui rentre chez elle, le drame d'enfance, les secrets de famille... La formule est connue, mais elle reste efficace.

 

Note : 6/10. En bref, ce début de saison de Tourments pose des fondations solides. L'ambiance lourde, la narration partagée entre deux époques et la qualité globale des acteurs donnent envie de voir jusqu'où la série compte nous emmener. Il faudra néanmoins que la suite accélère un peu la cadence pour éviter que l'intrigue ne s'enlise dans de fausses pistes répétitives. Une série intrigante pour les amateurs de polars psychologiques sombres.

Disponible sur HBO max

 

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delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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