Critique Ciné : Verity (2026)
Verity // De Michael Showalter. Avec Anne Hathaway, Dakota Johnson et Josh Hartnett.
Adapté du roman à succès de Colleen Hoover, Verity avait de quoi attirer l'attention. Avec Dakota Johnson, Anne Hathaway et Josh Hartnett à l'affiche, le film de Will Gluck réunit un casting solide autour d'une histoire mêlant secrets de famille, manipulation et attirance trouble. Le point de départ laisse espérer un thriller psychologique teinté d'érotisme, dans lequel chaque personnage cache une part de vérité. Pourtant, derrière cette promesse, le résultat reste assez classique et peine à convaincre sur la durée. L'histoire suit Lowen Ashleigh (Dakota Johnson), une écrivaine qui traverse une période difficile.
Lowen Ashleigh est une écrivaine solitaire. Peinant à vivre de son métier, elle accepte de devenir le prête-plume de l'autrice à succès, Verity Crawford, et s'installe dans sa propriété isolée des regards. En découvrant ce qui semble être les notes personnelles de Verity, la jeune Lowen se retrouve confrontée à des révélations troublantes et inquiétantes concernant Jeremy, le mari de Verity. Elle peine alors à distinguer la fiction de la réalité, la manipulation de l'attirance, le trouble de l'obsession.
Une maison d'édition lui propose une mission particulière : reprendre l'écriture d'une série littéraire à succès à la place de son autrice, Verity Crawford (Anne Hathaway), devenue incapable de travailler après un grave accident. Pour mener à bien cette tâche, Lowen doit s'installer dans la demeure familiale, située dans le Vermont, et travailler au plus près de l'univers de Verity. Elle y rencontre Jeremy Crawford (Josh Hartnett), le mari de l'écrivaine. Mais cette maison luxueuse, qui semble d'abord offrir un cadre idéal pour travailler, cache rapidement une atmosphère beaucoup moins rassurante. En découvrant des écrits personnels de Verity, Lowen tombe sur des éléments troublants concernant la famille et son passé.
Peu à peu, la frontière entre les apparences, les mensonges et la réalité devient de plus en plus difficile à distinguer. Dès ses premières scènes, Verity évoque une certaine tradition du thriller domestique, avec une maison isolée, un couple mystérieux et une jeune femme qui s'immisce dans une situation familiale trouble. Les amateurs de films comme Liaison fatale, Basic Instinct ou La Main sur le berceau retrouveront des ingrédients familiers : les faux-semblants, les jeux de manipulation, les tensions conjugales et les personnages aux intentions difficiles à cerner. Cette ambiance fonctionne plutôt bien au départ. La demeure des Crawford devient presque un personnage à part entière, avec ses espaces élégants et son atmosphère pesante.
La situation de Verity entretient également une forme de malaise. Présente physiquement, mais incapable de communiquer normalement, elle reste une énigme autour de laquelle le récit construit une bonne partie de son suspense. Le film joue sur cette incertitude et pousse à s'interroger sur ce qui se passe réellement dans cette famille. Les écrits découverts par Lowen ajoutent une nouvelle couche de mystère, tout en installant un doute sur la personnalité de Verity. Le problème, c'est que cette mécanique finit par devenir prévisible. Les pistes s'accumulent, les révélations sont parfois improbables et certains rebondissements semblent davantage conçus pour surprendre que pour rester crédibles.
La promotion de Verity laisse imaginer une histoire assez provocante, où le désir et la manipulation occupent une place importante. Le film tente effectivement de jouer sur l'attirance entre Lowen et Jeremy, alors même que la situation familiale devrait rendre leur rapprochement délicat. Mais cette dimension érotique reste finalement très sage. Quelques scènes cherchent à installer une tension sensuelle, sans jamais parvenir à créer le trouble annoncé. Le récit semble hésiter entre le thriller psychologique et la romance à suspense, sans trouver un équilibre convaincant entre les deux. La comparaison avec La Femme de ménage revient naturellement.
Les deux films reposent sur des personnages qui entrent dans une maison bourgeoise, découvrent progressivement les secrets d'un couple et se retrouvent au centre d'une situation où les apparences sont trompeuses. La recette peut fonctionner, mais Verity donne parfois l'impression de reprendre des codes déjà largement utilisés, sans apporter suffisamment de personnalité à son histoire. Il manque aussi une forme de recul. Certaines situations sont tellement peu crédibles qu'un peu d'humour ou de second degré aurait pu rendre l'ensemble plus agréable. Au contraire, le film prend constamment ses enjeux au sérieux, même lorsque les événements deviennent difficiles à avaler.
Du côté des interprètes, Dakota Johnson porte une grande partie du récit. Son personnage de Lowen doit naviguer entre curiosité, malaise et attirance, tout en essayant de comprendre ce qui se cache derrière les écrits de Verity. L'actrice livre une prestation convaincante dans l'ensemble, même si son personnage manque parfois de relief. Certaines réactions et décisions sont difficiles à comprendre, ce qui complique l'identification. Anne Hathaway dispose quant à elle d'un rôle particulièrement ambigu. Même lorsqu'elle n'est pas au centre de l'action, sa présence pèse sur le récit. Son personnage possède un potentiel intéressant, notamment grâce aux questions que soulève son passé.
J'aurais toutefois aimé que le film lui accorde davantage de place pour développer cette part sombre et mystérieuse. Josh Hartnett complète ce trio dans le rôle de Jeremy. Il apporte ce qu'il faut de charme et d'ambiguïté à un personnage dont les intentions ne sont jamais totalement claires. Mais là encore, le scénario ne lui permet pas toujours de dépasser les contours classiques du mari séduisant autour duquel gravitent les soupçons. Le casting n'est donc pas le principal problème de Verity. Les acteurs font le travail demandé, mais ils doivent composer avec des personnages et des situations qui manquent parfois de cohérence. Le film cherche régulièrement à maintenir le doute.
Chaque nouvelle information semble pouvoir modifier la perception des personnages et remettre en question ce qui semblait acquis. Sur le principe, cette construction est intéressante. Un bon thriller psychologique doit justement pousser à revoir ses certitudes et à se demander à qui accorder sa confiance. Mais les révélations de Verity ne produisent pas toujours l'effet espéré. À force de multiplier les retournements, le scénario finit par perdre en crédibilité. Certains événements semblent tellement arrangés pour servir l'intrigue qu'il devient difficile de s'y investir pleinement.
Le dénouement participe à cette impression. Il apporte des éléments de réponse, mais laisse aussi une sensation étrange, comme si le film cherchait davantage à jouer avec le spectateur qu'à construire une conclusion réellement satisfaisante. Le mystère ne suffit pas à masquer les faiblesses de l'histoire. Verity est un thriller psychologique qui se laisse regarder, notamment grâce à son casting et à son ambiance de huis clos familial. L'histoire possède quelques idées intéressantes et le cadre de cette grande demeure du Vermont contribue à installer une atmosphère inquiétante. Dakota Johnson s'en sort plutôt bien, tandis qu'Anne Hathaway apporte une présence intrigante à un personnage qui aurait mérité davantage de développement.
Malheureusement, les rebondissements improbables, les situations parfois peu crédibles et la dimension sulfureuse finalement très limitée empêchent le film de réellement décoller. Le suspense fonctionne par moments, mais les révélations ne tiennent pas toujours la route une fois le mystère levé.
Note : 4/10. En bref, dans la lignée de La Femme de ménage, Verity reprend des codes du thriller domestique et de la romance à suspense sans parvenir à leur apporter suffisamment de fraîcheur. C'est un divertissement que je peux conseiller pour une soirée sans trop d'attentes, mais difficile d'y voir autre chose qu'un thriller moyen, agréable à regarder une fois et vite oublié.
Sorti le 30 septembre 2026 au cinéma
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