Marshals (Saison 2, épisodes 1 et 2) : Kayce Dutton face à son héritage et aux conséquences de ses choix
La saison 2 de Marshals attaque fort et reprend directement après les événements stressants de la fin de la première saison. Entre l'attaque d'East Camp et les manigances de Tom Weaver, Kayce Dutton et son équipe n'ont pas une minute de répit. Les deux premiers épisodes finissent de régler cette grosse intrigue avant de basculer sur des enquêtes plus classiques. Mais au milieu des fusillades et des drames personnels, une chose saute aux yeux : Kayce a beau porter un badge de marshal, il a toujours autant de mal à décrocher du passé lourd de sa famille.
Le premier épisode, sobrement intitulé « All Hat, No Cattle », replonge direct le spectateur dans le bain. Cal et Belle se font tirer dessus, et Kayce réalise bien vite que Tom Weaver n'avait absolument pas envie de négocier de bonne foi. Derrière son look de riche propriétaire terrien, le bonhomme est prêt à tout pour s'emparer d'East Camp et monter ses projets immobiliers douteux sur les terres de Broken Rock. Forcément, l'enlèvement de Tate vient compliquer les choses. Voir son fils servir de monnaie d'échange pousse Kayce dans ses retranchements. On retrouve le réflexe classique des Dutton : quand la famille est menacée, la limite entre le travail de la loi et la méthode bourrin disparaît.
Côté mise en scène, l'action est bien présente, même si les méchants manquent parfois cruellement de précision avec leurs armes, ce qui enlève un peu de tension à l'affrontement. Heureusement, la série rattrape le coup dans la relation père-fils. Quand Tate panique après avoir frôlé la mort, Kayce lui rappelle l'essentiel : il n'a pas à porter sur ses épaules les guerres et les choix des adultes. La conclusion tragique pour Dolly Weaver, poussée à la faute par son propre père, montre bien la dureté du monde dans lequel ils évoluent. Kayce choisit de laisser Weaver vivre avec ses remords plutôt que de l'achever, essayant de ne pas copier aveuglément les méthodes expéditives de son propre père.
Tout le fil rouge de la série repose sur cette question. Kayce a pris un badge pour offrir une vie normale à Tate, loin du chaos de Yellowstone. Pourtant, les problèmes d'East Camp ressemblent beaucoup trop à ceux qu'il fuyait. La mort de Garrett continue de hanter ses pensées, et l'idée de transformer une partie du domaine en centre d'aide pour anciens combattants est sans doute sa meilleure chance de donner un vrai sens à tout ça. Bonne nouvelle pour l'équipe : Andrea Cruz reste finalement dans le Montana alors qu'elle devait repartir pour Washington. Sa dynamique avec Kayce fonctionne bien, surtout quand la série évite de tomber dans la romance lourde.
Le deuxième épisode change de ton et s'intéresse à Wayne Plummer, un ancien flic rancunier qui veut faire payer ceux qu'il juge responsables de sa chute, accompagné de son fils Boone. Quand Harry Gifford, le patron des marshals, devient la cible, l'affaire prend une tournure très personnelle. Cette intrigue permet de creuser un thème cher à la série : la transmission de la haine d'un père à son enfant. En face de Boone, Kayce fait écho à sa propre situation avec Tate. Il comprend que vouloir protéger son gamin ne veut pas dire tout régir ni lui refiler ses propres rancœurs. C'est tout le combat de Kayce en ce moment : faire la différence entre protéger et contrôler, ce qui n'est clairement pas simple tous les jours.
L'équipe n'est pas épargnée non plus de son côté. Cal annonce à tout le monde qu'il a une tumeur au poumon et qu'il va devoir passer par la case chimiothérapie et chirurgie. Fidèle à lui-même, il veut continuer à bosser comme si de rien n'était, quitte à s'isoler au pire moment. De son côté, Belle gère ses blessures, sa vie de couple en miettes et un fils, Braxton, traumatisé par le danger qu'elle prend au quotidien. Les secrets de Cal risquent d'ailleurs de froisser sa relation avec Maddie, nous rappelant une fois de plus que les cachotteries finissent toujours par faire du mal à ceux qu'on aime. Ces deux premiers épisodes posent de bonnes bases. L'intrigue Weaver est bouclée, l'équipe est fixée et les enjeux personnels sont posés.
Certes, tout n'est pas parfait et certains méchants manquent d'épaisseur, mais Marshals sait ce qu'elle fait en se concentrant sur la loyauté, la famille et les erreurs du passé. Le vrai test pour Kayce sera de prouver qu'il peut vraiment changer. Tant qu'il réagira aux menaces avec les vieux réflexes des Dutton, son nouveau départ restera sur un fil, et c'est exactement pour ça qu'on a envie de voir la suite.
Note : 6/10. En bref, ces deux premiers épisodes posent de bonnes bases. L'intrigue Weaver est bouclée, l'équipe est fixée et les enjeux personnels sont posés. Certes, tout n'est pas parfait et certains méchants manquent d'épaisseur, mais Marshals sait ce qu'elle fait en se concentrant sur la loyauté, la famille et les erreurs du passé.
Disponible sur Paramount+
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