28 Avril 2026
Marshals // Saison 1. Episode 9. In Low Places.
On entre enfin dans le vif du sujet. Après le virage assez brutal de l’épisode précédent, ce neuvième chapitre de la saison 1 de Marshals ne perd pas une seconde. L’objectif est simple : sortir Andrea de là. On quitte le format de l’enquête classique pour entrer dans une mission de sauvetage qui prend aux tripes, tout simplement parce que cette fois, l'enjeu est interne. Ce n'est pas juste un dossier de plus sur le bureau, c'est personnel. Kayce se retrouve propulsé aux commandes, mais on sent que le costume de leader pèse lourd. Ce qui est intéressant ici, c’est que son duel avec Randall Clegg n'est pas juste une question de justice.
On comprend vite que les racines du conflit remontent à bien plus loin, quelque part dans les non-dits de la famille Dutton. On n'est plus seulement dans la stratégie policière, on est dans le règlement de comptes héréditaire. Kayce agit à l'instinct, parfois de manière un peu limite, mais c'est ce qui rend le personnage humain. Il ne cherche plus seulement à bien faire son job, il essaie de réparer des pots cassés qu’il n’a pas forcément lui-même brisés. Depuis le début de la série, on l'a vu flirter avec la ligne rouge. Si l’épisode 6 nous montrait un homme qui tentait de dompter ses nerfs, ce nouvel épisode confirme qu’il a gagné en maturité.
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Ses décisions restent discutables par moments, mais on sent une forme de responsabilité nouvelle. Il ne fonce plus dans le tas uniquement par colère, il le fait parce qu'il sait que personne d'autre ne pourra gérer l'héritage de sa famille à sa place. La grande force de cet épisode, c'est aussi de laisser enfin de la place aux autres. On a souvent reproché à la série de trop se focaliser sur ses têtes d'affiche, laissant Belle et Miles faire de la figuration. Ici, l’équilibre est bien meilleur. Ils ne sont pas là pour décorer le décor, ils sont au cœur de l'action et leurs interventions font vraiment bouger les lignes. L'équipe ressemble enfin à une équipe. Belle, en particulier, gagne en épaisseur.
Elle ne se contente pas de suivre le mouvement ; elle prend des risques, elle cherche des solutions et, surtout, elle garde un œil inquiet sur Cal. C’est là que le scénario pose ses petits cailloux pour la suite. Depuis quelques épisodes, on sent que Cal n'est pas dans son assiette. L’épisode 9 insiste lourdement sur ce malaise sans jamais mettre de mots dessus. C’est frustrant, mais c'est efficace pour maintenir une tension sourde. Cal reste ce roc en apparence imperturbable, mais les fissures commencent à se voir, surtout dans ses échanges avec Belle. Il y a un dialogue de sourds qui s'installe entre eux, une distance qui pourrait bien coûter cher au groupe plus tard.
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On pourrait craindre qu’Andrea ne soit qu’une demoiselle en détresse à secourir, mais les scénaristes ont eu la bonne idée de lui donner du répondant. Elle ne subit pas sa situation de manière passive. Elle lutte, elle cherche des failles, et elle participe activement à son propre salut. Ça change la dynamique habituelle et ça donne beaucoup plus de poids à l'épisode. Le cas de Garrett est aussi traité avec une certaine justesse. Son retour au sein du groupe pose question : peut-on vraiment lui faire confiance sur une opération aussi sensible ? L’épisode ne tente pas de nous vendre un miracle. On voit clairement ses limites et ses faiblesses.
Kayce joue d'ailleurs finement en l'intégrant pour mieux le mettre de côté quand les choses deviennent trop sérieuses. C’est une vision honnête du personnage, celle d'un homme en pleine reconstruction qui n'est pas encore prêt pour le terrain. Rythmiquement, l’épisode est un peu particulier. Ça démarre à cent à l'heure, puis ça ralentit franchement au milieu. On passe pas mal de temps à discuter, à confronter les points de vue, ce qui fait stagner l'enquête pure. Certains y verront des longueurs, d'autres apprécieront ce temps mort nécessaire pour approfondir les relations entre les personnages avant le grand final. La résolution, heureusement, ne traîne pas en longueur.
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Le face-à-face avec Randall Clegg est intense, justement parce qu'on a passé quarante minutes à accumuler de l'électricité. Le choix de ne pas finir dans un bain de sang radical, mais par une arrestation, est plutôt malin. La menace n'est pas éteinte, elle est juste déplacée. On comprend que Randall n'est que la partie émergée de l'iceberg et que la violence qu'il représente est bien plus systémique. Au final, ce neuvième épisode fait le pont entre l'émotion de l'épisode 7 et l'action pure de l'épisode 8. Tout n'est pas parfait, notamment sur certaines intrigues secondaires qui restent trop floues. On nous parle souvent du passé sans jamais nous le montrer, ce qui crée parfois une petite déconnexion émotionnelle.
J’aurais aimé voir des flash-back ou des éléments plus concrets pour vraiment comprendre ce qui lie ces gens. Mais malgré ces petits bémols, Marshals continue de construire une saison solide, où les blessures des personnages comptent tout autant que les balles qu’ils tirent. La suite nous dira si cette équipe finit par se souder pour de bon ou si elle éclate sous la pression.
Note : 6/10. En bref, ce neuvième épisode fait le pont entre l'émotion de l'épisode 7 et l'action pure de l'épisode 8. Tout n'est pas parfait, notamment sur certaines intrigues secondaires qui restent trop floues. On nous parle souvent du passé sans jamais nous le montrer, ce qui crée parfois une petite déconnexion émotionnelle.
Disponible sur Paramount+
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