18 Mai 2026
Marshals // Saison 1. Episode 12. The Devil at Home.
Avec cet épisode 12, Marshals prépare le terrain pour son grand final et place chaque personnage face à un mur. Après s’être attardée sur le passé de Kayce et les retombées de la mort de Garrett, la série ralentit le rythme pour offrir quelque chose de plus intime. Pas de fusillades à répétition ni de révélations fracassantes à la chaîne. L’épisode, baptisé "The Devil at Home", se concentre sur des flics épuisés, fissurés, qui se débattent avec leurs propres démons et leurs contradictions. Depuis le lancement de la saison, Marshals tire sa force des fêlures de son équipe.
L’action reste là, bien sûr, mais ici, ce sont les tensions internes qui font avancer l'histoire, bien plus que l’enquête elle-même. Alors que certains épisodes précédents s’éparpillaient en courant après plusieurs lièvres à la fois, celui-ci redresse la barre et trouve le bon équilibre entre toutes ses intrigues. L’intrigue du jour se noue autour d’un trafic de fentanyl orchestré par un cartel qui essaie de faire son trou près de Broken Rock. L'histoire vire au drame personnel pour Miles quand il apprend qu’une de ses amies est morte d’une overdose. C’est le coup de grâce pour lui. Depuis un moment, on sentait une colère sourde grimper en lui face aux injustices qui frappent la réserve. Cette fois, la cocotte-minute explose.
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La série montre très bien les limites et les dangers de cette impulsivité. Miles fonce tête baissée, guidé par ses tripes plutôt que par la raison. Ce n'est pas un comportement nouveau chez lui, et l'épisode nous rappelle subtilement que Kayce fonctionnait exactement de la même manière au tout début de la série. La grande différence, c’est que Kayce commence enfin à piger le coût réel de cette vendetta permanente. Quand Miles choisit de désobéir aux ordres et de traquer Hector Diaz en solo, le parallèle entre les deux flics devient flagrant. Kayce voit en Miles le gamin incontrôlable qu’il était quelques années plus tôt. Leur face-à-face évite le piège du grand discours moralisateur ou héroïque.
Kayce ne joue pas les mentors parfaits, il parle avec l'expérience d'un homme qui a déjà payé le prix fort pour ce genre d'erreurs. La suspension de Miles tombe sous le sens et fait du bien au réalisme de la série. Pour une fois, les actes ont de vraies conséquences et les personnages ne s'en sortent pas avec une simple tape sur les doigts. Cela redonne aussi du poids aux enjeux autour de Broken Rock, une zone un peu délaissée ces derniers temps alors qu’elle est centrale dans cet univers. Pendant ce temps, Kayce est en pleine crise existentielle et envisage le pire : revendre East Camp.
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Une décision impensable il y a encore quelques semaines. Ce ranch, c’était sa planque, sa bulle d’air après le chaos de Yellowstone. Mais au fil des épisodes, l’endroit est devenu le miroir de tout ce qu’il cherche à fuir. Le deuil de Monica pèse sur chaque scène, même quand son nom n'est pas prononcé. L’apparition récente de Neil Lamb a achevé de prouver à Kayce qu’il ne se débarrasserait jamais de l’ombre des Dutton. East Camp n’a plus rien d’un nouveau départ, c'est juste une baraque pleine de fantômes. Une discussion avec son fils Tate résume parfaitement la situation. Kayce a toujours fonctionné au devoir, en faisant ce qu’on attendait de lui. Tate, avec la simplicité de son âge, lui rappelle qu’il a aussi le droit de choisir ce qui le rend heureux.
C’est une scène toute bête, mais elle marque un vrai tournant pour le personnage. Andrea, elle aussi, arrive à la fin d'un cycle. Son enlèvement et les traumatismes récents ont bousculé son rapport au Montana. Au début, elle subissait son exil loin de Washington comme une punition. Aujourd'hui, elle s’est construit une place solide dans l'équipe, même si sa fierté l'empêche de cracher le morceau. L'offre de mutation pour retourner à Washington débarque au pire moment possible. La série gère cette hésitation avec beaucoup de finesse. Andrea tient à ses nouveaux collègues, mais elle sait aussi que rester dans le Montana signifie accepter un quotidien violent et imprévisible.
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Sa relation avec Kayce reste floue, et c'est tant mieux : cela évite au show de tomber dans le piège de la bête romance de bureau. Du côté de Belle, le scénario remet enfin sur le tapis ses dérives avec le jeu. Ses absences et ses secrets pendant les missions d’infiltration commençaient à devenir louches. Cette ardoise de 20 000 dollars fissure la carapace d'un personnage qu’on croyait totalement imperméable à la pression. Le lien qui se tisse entre sa dette et l’argent de la drogue saisi pendant l’enquête est une excellente idée. On comprend vite que Belle est prête à franchir la ligne rouge pour sauver sa peau et sa place. On est sur une tension très différente de celle de Miles ou Kayce.
Pas de flingues ou de courses-poursuites ici, juste la peur viscérale de tout perdre sur un coup de poker. Mais le vrai coup de massue vient de Cal. Depuis des semaines, les scénaristes semaient des indices sur sa fatigue chronique et ses douleurs. Le couperet tombe : il souffre d’une tumeur au poumon. Ce diagnostic jette une lumière nouvelle sur toute sa trajectoire cette saison. Ses silences, ses accès de colère et son détachement prennent tout leur sens. Cal n’est pas seulement un patron usé par les années de service. C’est un homme qui tente de tenir la baraque et de protéger les siens en sachant pertinemment que ses jours sont comptés. Cet épisode 12 ne cherche pas à boucler les boucles à la va-vite.
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Il fait exactement le contraire en installant un climat d’incertitude totale avant l'affrontement final. Tous les voyants sont au rouge et chaque personnage est au bord de la rupture. Kayce doute, Andrea regarde vers l'aéroport, Belle plonge dans l'illégalité, Miles est sur la touche et la santé de Cal flanche.
Note : 6.5/10. En bref, après une série d'épisodes un peu bancals dans la gestion des intrigues secondaires, Marshals retrouve une vraie trajectoire. La série semble avoir enfin compris que son meilleur argument de vente ne réside pas dans les fusillades gratuites, mais dans la trajectoire de ces personnages cabossés qui essaient d'avancer malgré les poids morts qu'ils traînent derrière eux.
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