Adultery (Saison 1, 6 épisodes) : une histoire d’infidélité qui manque de passion et de conviction
Il y a des séries qui transforment un sujet banal en un vrai feuilleton prenant, et puis il y a Adultery. Cette première saison de six épisodes s'intéresse aux répercussions d'une liaison extraconjugale sur deux foyers dont les destins finissent par s'entremêler. Sur le papier, le point de départ offre de quoi bâtir un drame intime solide autour du désir, des regrets et de la frustration. Pourtant, malgré des comédiens investis et quelques bonnes idées, le résultat donne surtout l'impression d'un rendez-vous manqué. Au cœur du récit, Beth (Romola Garai) traverse une phase difficile. Sa vie quotidienne manque cruellement de peps, son travail ne la satisfait plus et la disparition de sa meilleure amie vient achever un équilibre déjà fragile.
Une rencontre inattendue entre Tom et Beth fait naître une connexion aussi intense qu’instantanée, menaçant l’équilibre de leurs familles respectives. En parallèle, Jess, la fille de 15 ans de Tom, découvre les tourments d’un premier amour avec son camarade Ollie.
Entre des soucis financiers, des obligations familiales et un couple qui ronronne depuis trop longtemps, elle a l'air d'avoir oublié ce qui la faisait vibrer. En face, Tom (Dominic Cooper) affiche une situation beaucoup plus confortable. Médecin généraliste marié à Hannah (Shelley Conn), il possède un cadre de vie stable. Pourtant, derrière cette apparente tranquillité, les failles existent aussi. Son épouse traverse une période psychologique délicate et leur relation s'est figée dans des habitudes pesantes. Leurs routes se croisent par accident lorsque Beth renverse Tom avec sa voiture. Une péripétie anodine qui aurait pu en rester là, sauf que l'attirance s'installe immédiatement. Le hic ? Leurs enfants respectifs, Ollie et Jess, sortent ensemble.
Une coïncidence explosive qui aurait dû constituer le véritable moteur dramatique du programme. C'est pourtant sur la romance entre Beth et Tom que repose tout l'édifice, et c'est là que le bât blesse. Leur rapprochement devient très vite physique et secret, mais l'écriture oublie de poser les bases de leur passion. Difficile de comprendre ce qui les rend si indispensables l'un pour l'autre au-delà de leur ennui respectif. Les acteurs font ce qu'ils peuvent, mais leurs scènes ressemblent trop souvent à des cases à cocher pour faire avancer l'intrigue plutôt qu'à une connexion viscérale. L'alchimie entre les deux acteurs principaux est tout simplement inexistante, ce qui plombe une bonne partie du procédé et rend l'ensemble difficile à avaler.
Une histoire d'adultère demande un minimum de conviction pour qu'on comprenne pourquoi les personnages prennent de tels risques. Ici, les escapades se multiplient dans des situations parfois improbables, flirtant parfois avec le ridicule alors que la série se prend très au sérieux. Heureusement, les seconds rôles sauvent les meubles. Hannah, jouée par Shelley Conn, apporte une vraie profondeur grâce à sa vulnérabilité et son besoin de tout contrôler. Elle aurait mérité d'être mise en avant bien plus tôt. À l'inverse, Neil, le mari de Beth, reste cantonné au rôle du faire-valoir un peu agaçant, faute d'un développement suffisant de leur histoire commune. L'idée de lier les parents à travers l'histoire d'amour de leurs enfants était une excellente piste.
Le contraste fonctionne d'ailleurs plutôt bien entre la naïveté des ados et les mensonges constants des adultes. Leurs moments de complicité apportent une bouffée d'oxygène bienvenue. Malheureusement, cette intrigue secondaire est sous-exploitée et les répercussions de ce secret partagé manquent cruellement de mordant dans la deuxième partie de saison. Au fil des épisodes, les mensonges s'accumulent et la technologie moderne vient pimenter le tout, même si cet aspect aurait pu être poussé plus loin. Mais passé le cap de la moitié de saison, les scénaristes semblent pressés d'en finir. Les résolutions s'enchaînent avec une facilité déconcertante et le dernier épisode laisse clairement sur sa faim, avec des enjeux émotionnels balayés trop vite.
Note : 4.5/10. En bref, cette première saison propose des thèmes universels forts et s'appuie sur un casting correct, mais elle pèche par une écriture trop superficielle et une romance centrale qui ne prend jamais. Se regarde sans déplaisir si vous cherchez un divertissement sans prise de tête, mais l'ensemble oublie de nous faire vibrer.
Prochainement en France
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