Facebook 𝕏Twitter Contact Soutenir

Films · Séries · Streaming — sans filtre

Ça : Bienvenue à Derry (épisode spécial - « A Story of Derry ») : les origines de la créature enfin dévoilées

Ça : Bienvenue à Derry (épisode spécial - « A Story of Derry ») : les origines de la créature enfin dévoilées

Après une première saison centrée sur les débuts de Pennywise et sur les drames qui ont façonné la ville de Derry, la série revient avec une petite surprise intitulée « A Story of Derry ». Proposé à l'occasion d'Halloween, cet épisode spécial remonte de plusieurs siècles en arrière. L'objectif est simple : explorer les racines de la créature et montrer comment un peuple autochtone a tenté de composer avec sa présence et de la retenir. Pendant une trentaine de minutes, le récit apporte quelques réponses très attendues par les fans, notamment sur les mystérieux piliers de pierre ou sur la célèbre tortue cosmique, Maturin. 

 

Des centaines d'années avant Pennywise, trois jeunes s'aventurent dans la forêt occidentale, où ils rencontrent un esprit ancien et terrifiant.

 

Sur le papier, la proposition fait envie. Dans les faits, le format court laisse forcément un petit goût d'inachevé. L'intrigue se déroule bien avant que la ville de Derry ne prenne la forme que les spectateurs connaissent aujourd'hui. À cette époque lointaine, une communauté autochtone lutte pour préserver son mode de vie et ses traditions tout en gérant de réelles difficultés pour se nourrir. Necani, une jeune fille qui rêve de devenir chasseuse, veut participer aux grandes expéditions de son clan. Sa mère, Sesqui, qui prend les décisions au sein du conseil, refuse pourtant catégoriquement de l'envoyer dans la forêt occidentale. Cette zone est formellement interdite pour une raison terrifiante : une force maléfique y a élu domicile et chasse tous ceux qui osent s'y aventurer.

 

Forcément, l'interdit attire. Poussée par la curiosité, Necani s'entoure de Kino et Manesse pour franchir la ligne rouge tracée par les anciens. Ce qui ressemble à une simple escapade tourne très vite au cauchemar. En chemin, les voyageurs découvrent que la menace sait se cacher derrière des apparences trompeuses pour attraper ses proies. La légende du Kollu, aussi connu sous le nom de Tha Galloo, prend alors corps de manière très concrète et glaçante. Pour les passionnés de la mythologie de Stephen King, le vrai point fort de cet épisode réside dans son extension de l'univers. La première saison avait déjà posé de premières bases sur les origines de la créature à travers les visions de Dick Hallorann et les souvenirs de Taniel. 

 

Ce format spécial reprend ces éléments pour leur donner un contexte beaucoup plus large. Les treize fragments de roche qui forment les piliers de protection autour du territoire occupent le premier plan. On ne se contente plus de les mentionner : on assiste directement à leur création et à leur rôle crucial dans le combat contre l'entité. On comprend enfin un peu mieux pourquoi Pennywise reste prisonnier de cet endroit et pourquoi détruire ces barrières magiques serait une erreur fatale. L'épisode prend aussi le temps de mettre en avant le rapport au monde de cette communauté, entre respect de la nature, écoute des animaux et transmission orale des savoirs. 

 

Cette approche change des habitudes et offre un regard inédit sur la manière dont les premiers habitants ont identifié la menace pour tenter de s'en protéger. On peut tout de même se demander s'il était vraiment nécessaire de s'attarder aussi longuement sur des aspects déjà survolés dans la série principale. Les précisions sont bienvenues, mais certaines révocation manquent d'épaisseur à cause du minutage. C'est pourtant un autre élément qui attire tous les regards : la toute première apparition à l'écran de Maturin, la tortue cosmique. Souvent citée dans les romans de Stephen King comme l'exacte opposée de Ça, cette force bienveillante restait jusqu'ici confinée aux lignes des livres ou à de très vagues allusions. Cette fois, la production change de stratégie. 

 

La séquence dédiée à Maturin bénéficie d'un vrai soin visuel, dégageant une ambiance cosmique et poétique qui correspond parfaitement à la grandeur du personnage. C'est un clin d'œil fantastique pour le public. Dommage toutefois que cette rencontre se règle aussi vite. Une figure aussi majeure de la cosmologie de l'auteur aurait mérité un traitement bien plus ample qu'un passage éclair dans un bonus de trente minutes. Du côté de la créature, Bill Skarsgård ne porte pas le costume du clown de service. L'action se situant bien avant que le monstre n'adopte définitivement les traits de Bob Gray, la entité conserve pourtant toute sa malice et son amour viscéral pour la terreur. 

 

Les différentes formes prises par le Kollu rappellent que le monstre est loin d'être un simple bouffon maquillé. Certaines métamorphoses surprennent agréablement, en particulier lorsqu'il emprunte des visages familiers pour piéger ses victimes. D'autres fonctionnent moins bien, à l'image d'un passage en version animale qui manque cruellement d'impact et de tension. Le rythme reste le principal point noir de ce format. Tout va très vite, les scènes s'enchaînent sans temps mort, et les personnages n'ont pas la place de exister en dehors de leur utilité immédiate pour le scénario. La menace débarque en trombe, les choix s'accumulent et les réactions manquent parfois de naturel, donnant l'impression de forcer l'avancée de l'histoire.

 

Au bout du compte, ce bonus reste un visionnage très sympathique pour les spectateurs qui veulent prolonger l'expérience. Les informations sur les piliers, les traditions locales et le caméo de Maturin apportent de vraies pistes de réflexion. Cependant, le choix de tout vouloir expliquer pose question. L'angoisse repose aussi sur les zones d'ombre, le silence et le mystère. 

 

Note : 5.5/10. En bref, en voulant tout raconter sur les débuts du monstre, la série prend le risque de dégonfler une partie de la peur qu'elle essaie d'installer. C'est un complément idéal à regarder en attendant la suite, mais qui ne révolutionne en rien la mythologie de Pennywise.

Disponible sur HBO max

 

Cet article t'a plu ?

Blog indépendant, sans sponsor. Un petit geste aide à le faire vivre.

Soutenir
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article
Retour à l'accueil
À propos
delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog