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The Ark (Saison 3, 12 épisodes) : une saison plus ambitieuse qui donne enfin de l'ampleur à sa science-fiction

The Ark (Saison 3, 12 épisodes) : une saison plus ambitieuse qui donne enfin de l'ampleur à sa science-fiction

Après deux saisons qui peinaient franchement à exploiter leur concept, The Ark revient avec une troisième salve de douze épisodes qui redresse la barre. Entre découvertes extraterrestres, mystères technologiques, intrigues autour des clones et menaces inédites, la série télévisée multiplie les pistes. Et contre toute attente, cet empilement d'idées finit par insuffler un vrai second souffle à une fiction qui avait l'habitude de tourner un peu en rond. Mon constat sur les débuts était plutôt mitigé. La première saison souffrait d'une science-fiction en carton, avec des effets visuels très limités et des situations parfois difficiles à prendre au sérieux. La deuxième tentait d'élargir son horizon, mais l'écriture manquait encore de cran pour convaincre. 

 

Cette troisième saison ne résout pas magiquement l'ensemble des problèmes, loin de là. En revanche, elle affiche une réelle envie de raconter quelque chose de plus vaste. Et surtout, elle retrouve enfin ce qui faisait l'intérêt du pitch de départ : l'exploration spatiale pure et dure face à l'inconnu. Dès le premier épisode, l'équipage de l'Arche 1 se retrouve plongé dans une situation chaotique. La découverte des débris de l'Arche 4 et la recherche de survivants sur une planète balayée par de violentes tempêtes solaires donnent immédiatement le ton. La série introduit sans attendre de nouvelles créatures, des environnements hostiles et des enjeux qui dépassent les habituelles chamailleries de couloir entre rescapés.

 

La disparition de James, fauché par les menaces qui rodent dans le noir, vient rappeler que poser le pied sur une planète inconnue n'a rien d'une promenade de santé. En parallèle, Angus et Kelly tombent sur des indices laissant penser qu'une civilisation balèze régnait ici bien avant leur arrivée. Cette piste s'impose très vite comme le grand moteur de la saison. Du côté des personnages, Ian s'impose comme une excellente surprise. Il trouve sa place dans l'équipe grâce à un savant mélange d'humour, de débrouillardise et de compétences souvent sous-estimées. Il apporte une légèreté bienvenue dans des épisodes qui risquaient de sombrer dans un sérieux trop plombant. Ses interactions avec Sharon fonctionnent très bien. 

 

La série ne se contente plus d'enchaîner les pannes mécaniques et les sauvetages de dernière minute, elle prend le temps de bâtir un univers cohérent. L'une des plus grandes réussites de cette saison repose sur le traitement du clonage. La révélation sur Sharon et son statut de clone de troisième génération ouvre des perspectives palpitantes. Son identité devient un problème central, d'autant plus que les expériences passées ont montré à quel point cette technologie détraque la santé mentale des sujets. L'intrigue autour de Drake et des cobayes injecte une dose de tension bienvenue. On retrouve là une partie de l'ADN d'origine de la saga, avec des protagonistes dont la nature même devient une source permanente d'inquiétude. 

 

Les sujets de mémoire, de conscience et d'identité reprennent le dessus. Christie Burke profite d'ailleurs des différentes versions de son personnage pour varier son jeu avec pas mal de réussite. L'épisode centré sur Jenny et Alexandria illustre parfaitement cette volonté d'injecter du cœur au milieu des concepts de science-fiction. William Trust bénéficie lui aussi d'une belle évolution. Toujours aussi à côté de ses pompes dans ses rapports humains, il laisse filtrer une vulnérabilité que les saisons précédentes cachaient soigneusement. Son attitude envers Eva et Kabir prouve qu'il n'est pas juste l'égoïste de service. Ses connaissances scientifiques finissent par peser lourd dans la balance.

 

Seul bémol : les méchants manquent encore de finesse. Ves et sa clique à Homebase s'avèrent trop stéréotypés. Leurs manigances sautent aux yeux et le comportement naïf des autres membres de l'équipage agace par moments. Le pauvre Felix n'aide pas, accumulant les bourdes monumentales à la sécurité. C'est vraiment dans son approche purement SF que cette saison 3 marque des points. L'atterrissage sur Ross 128 b ne constitue que le point de départ d'un voyage bien plus vaste. Les locaux, leur morphologie et leur manière d'échanger questionnent la place de l'humanité dans ce grand tout. La série s'attarde intelligemment sur les barrières de la langue, les fréquences sonores et le déchiffrage des symboles. 

 

Kelly tire son épingle du jeu dans cette affaire, sortant enfin du rôle simpliste de la bannie ingérable. L'existence d'une technologie capable d'altérer le climat pour maintenir la vie change la donne. Le mystère entourant ces machines et leur intelligence artificielle donne une stature impressionnante au scénario. Même l'épisode classique sur la boucle temporelle s'en sort haut la main, proposant un divertissement dynamique qui fait respirer le récit. J'apprécie également le fait que les missions hors de la station restent nombreuses. La série n'oublie pas sa promesse de voyage spatial. Le destin de Brice apporte une touche psychologique forte. Ses visions et le lien bizarre qu'il entretient avec une présence artificielle instillent une vraie étrangeté. 

 

Sa relation avec Eva devient déchirante lorsqu'il réalise qu'elle a perdu la mémoire et ne le reconnaît plus. Même si la romance prend parfois un peu trop de place, certains moments touchent juste. Le sprint final accélère le rythme et boucle plusieurs mystères. Mais ce dénouement coûte cher. Les disparitions coup sur coup puis le sacrifice héroïque de Brice laissent un vide immense. Après en avoir autant bave, le personnage méritait une fin plus douce, même si son geste sauve la planète. La toute dernière scène rassemble la petite communauté dans un climat apaisé. Elle offre une jolie conclusion, qui fonctionnerait tout aussi bien si la série s'arrêtait là.

 

Note : 6/10. En bref, malgré des moyens limités et des décors parfois un peu légers, cette troisième saison montre que The Ark a enfin trouvé sa voix. Moins coincée, plus amusante et généreuse dans son univers, elle livre douze épisodes très satisfaisants qui donnent envie de voir la suite.

Disponible sur Universal+

 

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À propos
delromainzika

Moi c'est Romain, Lyonnais, accro aux écrans depuis toujours. En 2006, j'ai commencé à écrire mes avis sur les séries que je regardais… et je ne me suis jamais arrêté. Vingt ans et plus de 900 séries plus tard, je continue de tout regarder, épisode par épisode : les grosses sorties Netflix, les pépites qui passent sous les radars, les séries qu'on suit depuis dix saisons et les films qui font parler. Mes critiques sont franches, parfois enthousiastes, parfois sévères, toujours sincères. Bref, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir, vous êtes au bon endroit 🍿
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