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Critique Ciné : Mademoiselle C., mode guimauve

4 Juillet 2014 , Rédigé par delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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Mademoiselle C. // De Fabien Constant. Documentaire - Avec Carine Roitfeld.


Les documentaires sur les femmes du monde de la mode sont généralement toujours intéressants. Sans forcément nous dévoiler de grands secrets de polichinelles, ils savent au moins nous plonger au coeur du milieu avec un certain sens de l’émerveillement. C’est tout ce qui ne se produit pas avec Mademoiselle C.. Carine Roitfeld a l’air d’être une famille sympathique sous tout rapport avec un certain aplomb professionnel mais ce film est tout simplement tout ce que l’on peut détester dans ce genre de documentaires. Oscillant entre la fascination devinée de Fabien Constant pour les mondanités, cherchant constamment le regards de figures connues du milieu (Karl Lagerfeld, Anna Wintour, etc.). C’est le genre de trucs que l’on aurait certainement pu voir dans un documentaire de E!. On sent que tout cela cache de la publicité pour un magazine qui n’a pas l’air de vouloir nous séduire. On suit donc cette femme dans sa vie personnelle et professionnelle sans qu’il n’y ait de réel but précis là dedans. On a donc parfois l’impression d’assister à des copinages plutôt qu’au boulot d’une réelle rédactrice de mode et de tout ce que cela implique. Certainement que Caroline Roitfeld ne voulait pas passer pour la Cruela de la mode et du coup, c’est bien trop lisse et ennuyeux.

Carine Roitfeld est la rédactrice de mode la plus connue au monde avec son acolyte du Vogue américain : Anna Wintour. La plus inaccessible aussi. Après 10 ans passés à la tête du Vogue Paris couronnés de succès et de scandales en tous genres, elle claque la porte l’an dernier et part vers ce qu’elle appelle la liberté. Son plus grand défi : créer un nouveau magazine. Le magazine ultime de mode, le plus chic, le plus surprenant, le plus glamour, le plus innovant, qui porte tout naturellement son nom : CR. Mode, pouvoir, mannequins, tous se retrouvent autour de la plus iconique des rédactrices de mode au monde, la plus parisienne, la Tour Eiffel sur talons de 12 : l’irrévérencieuse Mademoiselle C.

Car justement, tout ce que tente de faire Mademoiselle C. c’est de lisser l’image de cette femme sans jamais chercher à nous surprendre. Apparemment tous les sujets qui fâchent ont donc trouvés refuges dans la poubelle et Fabien Constant ressemble plus ou moins à une caméra esclave sensée mettre en valeur une femme qui, bien que connue et reconnue, manque parfois d’un peu de sincérité. Du coup, de ce documentaire téléphoné ressort peut-être quelques spectacles de haute couture (et encore) mais rien de bien outrageux ou encore passionnant. Je pense que n’importe qui qui aime la mode saura se passer d’un tel navet. C’est dommage car je suis certain que Carine Roitfeld avait des choses à raconter, pas nécessairement toujours roses, et que son portrait aurait pu être un peu moins brossé mais malheureusement cela manque cruellement de folie et de simplicité. On sent que Mademoiselle C. veut trop en faire et ce film tourne presque à l’obsession maladive du réalisateur et accessoirement à la fascination dégoulinante sans grand intérêt. C’est donc un documentaire vide que l’on nous propose, recouvert d’une immonde couche de bons sentiments qui n’avaient rien à faire là.

Après tout, qui peut encore penser aujourd’hui que la mode est un monde où tout le monde se fait des câlins ? C’est tout simplement ridicule. Tout le monde veut certainement bien passer à l’écran alors qu’un vrai documentaire, travaillé et cherché, posant de vraies questions, aurait pu être beaucoup plus intéressant. Il y a donc dans tout ça des questions que l’on peut encore se poser et qui n’ont pas vraiment de réponses. Le spectateur les attend du début à la fin sans jamais les avoir. C’est bête car je suis persuadé que Fabien Constant avec son oeil de documentaliste pour chaîne télé people aurait pu tomber dans le film un peu scandaleux, dévoilant des trucs pas toujours glorieux sur le personnage mais le fait de le transformer en guimauve était certainement l’une des conditions sine qua non pour que le film puisse se faire et pour que Fabien Constant puisse jouer au petit toutou avec une caméra. Mademoiselle C. devient donc tout sauf intéressant et une fois passé le premier quart heure, on s’en rend malheureusement compte. 

Note : 0/10. En bref, un documentaire servile et ennuyeux sur une figure de la mode qui aurait mérité un portrait bien plus brossé, documenté et surtout piquant.

Date de sortie : 16 octobre 2013

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