31 Juillet 2026
Une fille en or // De Jean-Luc Gaget. Avec Pauline Clément et Arthur Dupont, Émilie Caen.
On croise souvent au cinéma des personnages qu'on aimerait attraper par l'épaule pour leur dire d'arrêter deux minutes de s'excuser d'exister. C'est exactement l'effet que fait Clémence. Discrète, presque effacée, elle passe sa vie à attendre des autres une validation qui ne vient jamais. Dans Une fille en or, le réalisateur Jean-Luc Gaget s'attaque à un vrai sujet de société : ce fichu manque d'estime de soi qui nous gâche l'existence, avec cette impression permanente de ne jamais être à la hauteur. Le pitch repose sur un contraste bien connu mais qui a fait ses preuves. Côté pile, Clémence, jouée par une Pauline Clément hyper naturelle. C'est la fille gentille, un peu gauche, rongée par le doute.
Un jour, Clémence prend conscience que personne ne l'a jamais admirée. Bercée par les illusions d'une enfance chaotique, elle croise un certain Paul, petit patron autoritaire que rien ni personne n'impressionne. Elle se dit alors qu'il est temps pour elle de se poser la seule question qui vaille : « Et si je valais plus que je ne le crois ? »
Côté face, Paul, incarné par Arthur Dupont. C'est le chef d'entreprise odieux, cassant, tellement insupportable que son équipe l'a surnommé « Paul Pot ». Quand ces deux-là se croisent dans une boîte de vidéosurveillance, le choc des cultures est inévitable. Sur le papier, l'idée est excellente. À l'écran, le résultat est un peu plus mitigé. Pourtant, le personnage de Clémence est une vraie réussite. Pauline Clément évite tous les pièges de la caricature. Elle rend cette jeune femme deeply attachante et jamais agaçante. On comprend vite d'où vient sa blessure : Clémence a grandi dans l'ombre d'une sœur plus brillante, oubliée par des parents distants. Son manque de confiance n'est pas un simple trait de caractère, c'est le résultat d'années passées à se sentir invisible.
C'est une problématique universelle qui parle forcément à beaucoup de monde. En face, le tableau est un peu plus sombre. Arthur Dupont fait ce qu'il peut, mais son personnage de patron tyrannique reste figé trop longtemps dans son rôle d'homme antipathique. Dans une comédie romantique, on attend une alchimie, un déclic, une étincelle qui fait basculer la relation. Ici, la mayonnaise a du mal à prendre. L'évolution de leur dynamique manque de fluidité et paraît un peu forcée sur la fin. C'est là que le film montre ses limites. Le scénario ouvre plein de pistes passionnantes sans jamais vraiment aller au bout. La reconstruction de Clémence, les conflits familiaux, la romance... Tout est effleuré, comme si le film n'osait pas s'immerger totalement dans les émotions qu'il brasse. On reste trop souvent en surface.
Heureusement, la galerie de personnages secondaires vient apporter un vrai souffle de fraîcheur. On croise Quentin, un ancien camarade de classe paumé mais romantique retrouvé dans un groupe de parole. Il y a aussi Darius, un artiste décalé squattant chez elle, ou encore sa sœur Bianca et son beau-frère Bernard. Tous ces visages composent une petite tribu imparfaite, humaine et chaleureuse. C'est dans ces instants du quotidien que le film trouve sa véritable voix. Jean-Luc Gaget capte très bien ces gens ordinaires qui cherchent simplement à trouver leur place, à être aimés ou tout bêtement écoutés. Visuellement, la réalisation reste classique, un peu trop sage même.
Ça manque parfois de rythme, de relief et de piquant pour transformer les bonnes intentions en scènes vraiment mémorables. Même le passage éclair de Karin Viard dans son propre rôle ressemble plus à une bonne idée restée au stade de croquis qu'à un vrai moment de comédie.
Note : 5/10. En bref, Une fille en or reste malgré tout une comédie attachante. Ce n'est pas le film qui vous fera éclater de rire toutes les trente secondes, mais plutôt une œuvre douce-amère qui choisit la sincérité. Pauline Clément porte le projet avec une belle justesse. Malgré ses défauts de rythme et son histoire d'amour un peu bancale, c'est un film tendre qui rappelle une chose essentielle : avant de vouloir plaire à tout le monde, il faut déjà commencer par s'accorder un peu de valeur.
Sorti le 15 avril 2026 au cinéma - Disponible en VOD
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