Critique Ciné : They Fight (2026, Disney+)

Critique Ciné : They Fight (2026, Disney+)

They Fight // De Sheldon Candis. Avec Andre Holland, Wendell Pierce et Samira Wiley.

 

Quand on lance un film de boxe, on sait pertinemment qu'il ne sera pas seulement question de crochets et d'uppercuts. Le ring sert presque toujours de prétexte pour aborder la reconstruction personnelle, la transmission ou les secondes chances. They Fight s'inscrit pile dans cet héritage. Réalisé par Sheldon Candis et adapté d'un documentaire, le long-métrage choisit de laisser de côté le pur spectacle sportif pour se concentrer sur des trajectoires humaines. L'intention est belle, l'intention est là, mais le résultat final manque cruellement de relief. L'histoire tourne autour de Walt Milligan, un ancien boxeur dont la carrière s'est brisée net après un séjour derrière les barreaux. 

 

L'ancien détenu prodige de la boxe Walt Manigan, rentre chez lui. Son chemin le mène à une salle de boxe située dans un centre de loisirs pour jeunes à Washington D.C., sur le point de fermer. Il encadre un groupe de garçons et les prépare au championnat national junior de boxe.

 

À sa sortie de prison, Walt essaie de recoller les morceaux de sa vie : reprendre contact avec son jeune fils, renouer avec son ex-compagne et réintégrer le gymnase de son quartier à Washington. Rapidement, il se retrouve à entraîner des adolescents en difficulté. Dans ce coin de la ville, le club devient bien vite un refuge vital pour ces jeunes livrés à eux-mêmes. Le gros atout du film repose clairement sur les épaules d'André Holland. Fidèle à lui-même, l'acteur livre une prestation tout en nuance. Walt est un homme abîmé, rongé par la culpabilité, mais le jeu d'Holland évite soigneusement le piège des grands discours larmoyants. Un simple regard, un silence pesant ou une posture d'hésitation suffisent à transmettre sa douleur. 

 

C'est fin, c'est juste, et on regrette d'autant plus que le scénario ne lui donne pas plus de matière pour exploiter tout ce potentiel. C'est là que le problème majeur de They Fight surgit. En à peine une heure trente, le film tente d'aborder une quantité astronomique de thématiques : le deuil, la réinsertion, les violences urbaines, le harcèlement, la gentrification ou encore les addictions. Chaque sujet est légitime, mais aucun n'a la place de développer une réelle épaisseur. À vouloir tout embrasser, le récit ne fait qu'effleurer ses propres idées. Ce survol permanent nuit directement aux personnages secondaires. Les deux jeunes boxeurs, Peanut et Quincey, occupent pourtant une place centrale dans l'intrigue. 

 

Mais leur évolution se fait au chausse-pied. On aurait aimé que le sport serve de canal pour explorer leurs peurs et leurs blocages. Malheureusement, le film préfère précipiter les étapes pour arriver au plus vite aux compétitions officielles, sacrifiant au passage l'attachement qu'on aurait pu développer pour eux. Pourtant, le long-métrage offre quelques jolies séquences. Les sessions d'entraînement de Walt, basées sur le système D avec des pneus ou des briques, apportent une vraie fraîcheur. On y découvre une vision du noble art axée sur la maîtrise de soi et la discipline plutôt que sur la force brute. De même, lorsque la caméra prend le temps de se poser (durant un repas familial ou une discussion informelle), une vraie sincérité se dégage. 

 

Wendell Pierce et Samira Wiley apportent d'ailleurs une présence chaleureuse et impeccable dans des rôles secondaires malheureusement trop étriqués. Dommage que la réalisation vienne gâcher ces bons moments par un manque criant de retenue. La musique de fond en fait des caisses pour forcer l'émotion, là où un peu de sobriété aurait fait des merveilles. Même constat sur les scènes de combat : les chorégraphies manquent de punch, et comme les enjeux émotionnels restent superficiels, les derniers rounds tombent un peu à plat.

 

Note : 4/10. En bref, They Fight n'est pas un navet, mais c'est typiquement le genre de film trop timide pour marquer les esprits. Il possède une vraie sensibilité sociale et un ancrage authentique, renforcé par les vraies images d'archives diffusées pendant le générique de fin. Mais en refusant de trancher dans ses sujets, le long-métrage ressemble davantage à un projet condensé qui aurait mérité le format d'une mini-série. C'est un drame honnête qui se laisse regarder pour André Holland, mais qui s'oublie malheureusement assez vite une fois l'écran noir.

Sorti le 17 juillet 2026 directement sur Disney+

 

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