31 Juillet 2026
In Cold Light // De Maxime Giroux. Avec Maika Monroe, Troy Kotsur et Helen Hunt.
Saban Films a encore frappé. Et pas dans le bon sens. On pouvait pourtant espérer un polar sombre, rugueux et tendu avec ce fameux In Cold Light. Le réalisateur Maxime Giroux nous vendait le retour éprouvant d'une ancienne tôlearde tentant désespérément d'échapper à son passé criminogène. Sur la paperasse promotionnelle, ça vendait du rêve, du sang, des larmes et une ambiance poisseuse à souhait. À l'écran, c'est surtout le vide intersidéral d'un projet totalement bancal qui ne sait jamais sur quel pied danser du début à la fin. Soyons lucides deux minutes : le seul véritable intérêt de cette pénible traversée du désert cinématographique, c'est Maika Monroe.
Ava est traquée. Poursuivie par ceux qui ont tué son frère, poursuivie par ses propres démons. Ava doit faire un choix. Soit se sauver, soit aller de l'avant et devenir la femme qu'elle souhaiterait être.
L'actrice fait tout ce qu'elle peut avec les trois miettes de scénario qu'on a bien voulu lui jeter. Elle promène son regard lourd, sa mine défaite et sa fatigue existentielle avec une vraie intensité qui forcerait presque le respect. Mais la vérité est cruelle : même la comédienne la plus investie de sa génération ne peut pas sauver seule un navire qui prend l'eau dès les cinq premières minutes. L'intrigue nous balance la pauvre Ava à sa sortie de prison. Censée être une figure incontournable et redoutée du milieu de la drogue, la nana est vendue comme une caïd de haut vol. Le problème majeur ? On n'y croit pas une seule seconde. Le film affirme plein de choses, ne montre strictly rien et espère s'en sortir sur un gros malentendu.
Quand elle clame haut et fort vouloir reprendre le contrôle de son prétendu empire, la scène prête franchement à sourire. Rien dans son attitude, son entourage ou ses actes n'évoque un quelconque passé de grande criminelle organisée. Et que dire du gâchis émotionnel autour de la famille ? Le métrage esquisse au début une dynamique franchement intéressante avec le père d'Ava, interprété par le très bon Troy Kotsur. Leurs quelques échanges en langue des signes apportent cinq petites minutes de grâce, de sensibilité et de vérité au milieu de ce grand marasme. Mais Maxime Giroux s'empresse de balancer tout ça aux poubelles du cinéma d'action bas de gamme.
Dès que la cavale commence, la sincérité dégage au profit d'une course-poursuite sans aucun relief où les cadavres de figurants s'empilent sans qu'on en ait quoi que ce soit à faire. La galerie de méchants fait carrément de la peine à voir. Entre le flic corrompu vu mille fois ailleurs et la figure du trafic censée terroriser toute la ville qui a l'autorité d'un contrôleur de bus, rien ne fonctionne. Les antagonistes défilent à l'écran sans la moindre once de charisme ou de réel danger. Quant aux révélations censées nous scotcher à notre fauteuil sur le passé traumatique de l'héroïne, elles arrivent tellement tard et avec si peu d'impact qu'on a déjà arrêté de s'y intéresser depuis un bon moment. Même la présence d'Helen Hunt relève de la figuration bon marché.
On la sent venue encaisser son petit chèque sans trop savoir ce qu'elle fout là, coincée entre deux répliques de trois mots écrites sur un coin de table. Le film essaie maladroitement d'aborder la réinsertion, le deuil, la corruption policière, le drame familial et la vengeance sanglante, mais brasse du vent sur toute la ligne. À trop vouloir meubler un vide scénaristique abyssal, il finit par ressembler à un triste catalogue d'intentions ratées. Visuellement, il y a bien deux ou trois cadres plutôt soignés et une esthétique urbaine pas désagréable à regarder. Sauf que la mise en scène s'enferme très vite dans une recette indigeste. La musique monte le volume toutes les trois minutes pour essayer d'injecter une tension artificielle qu'aucun plan n'arrive à porter. C'est assourdissant, horriblement fatigant et surtout révélateur d'une grosse détresse de réalisation.
Note : 2/10. En bref, In Cold Light rejoint sans effort la longue liste des séries B poussives calibrées pour finir au fond d'un catalogue de streaming sans laisser la moindre trace. Un thriller générique, mou et prétentieux qui gâche purement et simplement ses comédiens. Proposer une formule aussi tiède et poussive avec un tel casting relevait presque de l'exploit. Saban Films l'a fait, et le résultat est une purge qu'on aura oubliée d'ici demain matin.
Sorti le 22 juillet 2026 directement en VOD
Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog