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Critiue Ciné : The Dictator, comédie sur fond de critique réussie...

20 Juin 2012 , Rédigé par Ca Déborde de Potins, by delromainzika Publié dans #Critique Ciné

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The Dictator // De Larry Charles. Avec Sacha Baron Cohen, Anna Faris et Ben Kinsley.


Le grand trublion du cinéma, maître de la promo et artiste confirmé pour se mettre dans la peau de ses personnages, était donc de retour pour nous jouer un très bon tour. The Dictator joue avec le spectateur en reprenant la sauce qui fait le succès  du comique anglais : l'humour moqueur, critique acide et noir. On peut rire de tout et de rien avec lui, même de la mort. Se moquant habilement de l'actualité (la chute de la statue de Saddam Hussein, la dédicace à Ling, le clin d'oeil à Ben Laden - dans une version scatophile -, ...). Ce nouveau film change cependant la formule. Au lieu de prendre le faux documentaire (Borat, Brüno), Cohen et Charles reprennent la formule d'Ali G, la comédie qui avait révélée le grand comique au monde entier. On a donc une comédie acide et brûlante, avec une touchante histoire d'amour écologique en trame de fond.

Isolée, mais riche en ressources pétrolières, la République du Wadiya, en Afrique du Nord, est dirigée d’une main de fer par l’Amiral Général Aladeen. Vouant une haine farouche à l’Occident, le dictateur a été nommé Leader Suprême à l’âge de 6 ans, après la mort prématurée de son père, tué dans un accident de chasse par 97 balles perdues et une grenade !
Depuis son accession au pouvoir absolu, Aladeen se fie aux conseils d’Oncle Tamir, à la fois Chef de la Police Secrète, Chef de la Sécurité et Pourvoyeur de Femmes.
Malheureusement pour Aladeen et ses conseillers, les pays occidentaux commencent à s’intéresser de près à Wadiya et les Nations Unies ont fréquemment sanctionné le pays depuis une dizaine d’années. Pour autant, le dictateur n’est pas du tout disposé à autoriser l’accès de ses installations d’armes secrètes à un inspecteur du Conseil de Sécurité – sinon à quoi bon fabriquer des armes secrètes ? Mais lorsqu’un énième sosie du Leader Suprême est tué dans un attentat, Tamir parvient à convaincre Aladeen de se rendre à New York pour répondre aux questions de l’ONU.

Plutôt que de nous ennuyer avec des personnages et des lourdeurs, The Dictator nous offre une panoplie de scènes plus folles les unes que les autres. Le début du film nous offre donc une présentation du train de vie d'un dictateur avec humour et dérision, sans compter que le portrait d'Alladeen est tout de même excellent en guise d'introduction. Toutes les blagues, même les plus graveleuses m'ont beaucoup plu. Je suis client de l'humour de Sacha Baron Cohen. Il va passer quelques minutes à se moquer des juifs (après Borat, on n'est plus à une blague près) ou encore des américains sur leur racisme chronique envers les arabes. C'est une comédie non codifiée, ultra borderline qui nous est offert et il faut forcement entrer dans le délire et ne rien prendre pour soit. Quelques passages pourraient clairement devenir cultes (j'en ai quelques uns en tête).

Sacha Baron Cohen tient la route dans le rôle du dictateur. Il ne devait pas décevoir après ce marathon promo assez impressionnant (jusqu'à faire maquiller l'entrée d'un hôtel à Cannes aux couleurs du film). Anna Faris en garçon manquée écologique et anti dictature m'a beaucoup amusé. Elle aura quand même eu le courage d'être tout sauf sexy dans ce gloubiboulga de blagues machistes auxquelles elle résiste sans problème. Du coup, The Dictator est une excellente comédie avec une histoire assez bonne dans son ensemble, sublimée par une critique acerbe du monde politique qui nous entoure et de ses tromperies. J'aurais peut être aimer que l'on aille parfois encore plus loin mais The Dictator pourrait bien être la meilleure comédie de l'humoriste anglais tant elle reprend les meilleurs éléments de ses précédentes œuvres. Il faut forcément apprécier l'humour si poétique de Sacha qui a co-écrit le script pour ressortir de The Dictator avec le sourire.

Note : 7.5/10. En bref, une comédie grinçante et critique acerbe de la société politique de nos jours. Assez bien fichu.

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