18 Avril 2025
The Wheel of Time / La Roue du Temps // Saison 3. Episode 8. He Who Comes with the Dawn.
SEASON FINALE
L’épisode 8 de la saison 3 de La Roue du Temps marque un point d’étape plus qu’un aboutissement. Après une saison dense, marquée par des intrigues dispersées et des trajectoires individuelles multiples, le final ne cherche pas à tout résoudre. Et c’est sans doute ce qui lui donne sa singularité. Contrairement à la fin de la saison précédente, où tous les personnages convergeaient vers un point unique pour faire face à une menace commune, cette fois, chacun suit encore sa propre route. Cela n’empêche pas certains croisements intéressants, ni des révélations marquantes.
Mais la dispersion reste le maître-mot. En tant que spectateur, cela oblige à s’adapter à un rythme moins linéaire, plus morcelé, où chaque scène semble presque appartenir à une série différente. Et pourtant, tout reste lié. Au cœur de cet épisode, Rand al’Thor tente de convaincre les Aiels de son rôle dans leurs prophéties. Son discours n’est pas simple à entendre, surtout lorsqu’il évoque la destruction nécessaire pour parvenir à la rédemption. Une vision qui divise, surtout face à un rival fabriqué de toutes pièces : Couladin, prétendant soutenu par Lanfear, armé de faux tatouages et d’un aplomb tout aussi contrefait.
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Ce moment marque un tournant dans l’arc de Rand. Il n’est plus question de douter de son identité ou de fuir ses responsabilités. Ce qu’il représente devient clair : une figure messianique qui impose le changement par le choc, quitte à remettre en question les fondations mêmes du peuple qu’il cherche à guider. L’ironie est forte : c’est en révélant le passé pacifiste et désarmé des Aiels que Rand parvient à les rallier. Ce peuple guerrier n’a pas seulement besoin d’un chef ; il a besoin de sens. Et c’est précisément ce que Rand leur offre, à sa manière, en provoquant littéralement la pluie dans le désert.
Le geste frappe autant qu’il inquiète, notamment Egwene, qui voit en lui un danger autant qu’un espoir. L’autre affrontement majeur de l’épisode oppose Moiraine à Lanfear. Un duel de haute volée, autant psychologique que magique. Moiraine ne se bat pas seule. Lan, toujours à ses côtés, reçoit une information cruciale de Melindhra, une Darkfriend repentie. Ce choix de faire de cette messagère une ancienne alliée désormais sacrifiée ajoute une tension bienvenue. Le danger est constant, et les pertes ne sont jamais gratuites.
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L’utilisation de l’objet magique Sakarnen permet à Moiraine de tenir tête à Lanfear, mais le combat n’aboutit pas à une élimination nette. Lanfear s’enfuit, blessée, mais vivante. Une victoire relative, donc, mais qui souligne à nouveau le prix que chaque personnage est prêt à payer. Le bouleversement politique au sein des Aes Sedai donne à cet épisode un poids particulier. Siuan Sanche perd son titre dans une manœuvre inattendue, orchestrée par Elaida. Le contraste entre les deux femmes est flagrant : d’un côté, une figure du compromis, de l’autre, une idéologue déterminée à imposer sa vision.
Le discours final de Siuan sonne comme un testament. Il souligne l’impuissance croissante d’une institution qui tente encore de prétendre à une forme de contrôle, alors que le monde autour d’elle glisse entre ses doigts. La prise de pouvoir d’Elaida annonce une nouvelle phase, plus autoritaire, plus rouge, avec tout ce que cela implique. L’intrigue de Mat prend un virage inattendu lorsqu’il traverse une porte magique menant à une autre dimension. Ce passage, visuellement déroutant, introduit un personnage aussi bizarre que mystérieux : un être renardien qui lui accorde trois souhaits, sans qu’il en ait vraiment conscience.
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Cette séquence déroute, mais elle a un impact direct sur Mat. À son retour, il est transformé : amnésique partiellement, désormais immunisé à la magie, et porteur d’un pendentif énigmatique. Son sauvetage par Min, juste avant une exécution pendulaire et une attaque de la Black Ajah, ajoute à la confusion. Ce flou volontaire entretient le suspense et prépare clairement d’autres développements pour la suite. Parmi les moments les plus visuellement forts de l’épisode, la scène de Nynaeve sort du lot. Piégée, enchaînée, laissée pour morte par Liandrin, elle ne survit que grâce à une force intérieure nourrie par une mémoire alternative : celle d’un amour maternel qu’elle a connu dans une autre réalité.
La scène de sa remontée, littéralement en fendant la mer, illustre une résilience farouche. Sa relation avec le pouvoir, souvent conflictuelle, retrouve ici un sens. Mais cette victoire reste personnelle, intime. La menace que représente Liandrin est toujours là, et même renforcée. Dans l’ombre, deux figures s’associent : Liandrin, toujours aussi manipulatrice, et Moghedien, ancienne Forsaken en quête de revanche. Leur entente repose sur une logique froide : deux femmes prêtes à tout pour survivre dans un monde où la trahison est monnaie courante.
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Ce duo ne promet rien de bon. Il incarne une forme de mal insidieux, plus stratégique que destructeur. Il faudra compter sur elles à l’avenir, et leur potentiel de nuisance semble plus élevé que jamais. Du côté d’Elayne, la découverte d’un artefact de type balefire déclenche une scène brutale : l’ennemie qu’elle affronte est effacée de la réalité. Une expérience troublante, qui met en lumière les dangers d’une magie qui altère le temps lui-même. Thom, figure secondaire mais toujours précieuse, l’alerte sur une menace qui plane sur sa famille : un homme, Gaebril, dont personne n’a jamais entendu parler, sauf elle.
Les implications sont claires : si un inconnu peut ainsi manipuler la mémoire collective, il s’agit probablement d’un autre Forsaken, Rahvin. Une nouvelle mission s’impose à Elayne : prévenir sa mère. Ce final ne conclut rien de manière définitive. Il pose les jalons de ce qui vient. Rand doit désormais rejoindre une forteresse ancienne pour s’armer d’une épée légendaire, Callandor. Mais il n’est pas seul sur la route : l’Aes Sedai, désormais sous la coupe d’Elaida, souhaite le contrôler. Liandrin et Moghedien disposent d’un collier capable de le soumettre. L’Aiel, divisé, pourrait aussi devenir un obstacle. Et au loin, Perrin reste captif des Enfants de la Lumière.
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Cette multiplicité d’enjeux crée une tension permanente. Rien n’est certain, et chaque personnage semble avancer sur une ligne de crête. L’univers, toujours aussi étrange et foisonnant, continue de surprendre. La série ne cherche pas à ressembler à ses modèles, elle suit son propre chemin. Et c’est justement dans cette étrangeté qu’elle trouve sa singularité. Le choix de ne pas tout résoudre dans cet épisode final peut frustrer certains. Mais il correspond à la logique d’un monde en expansion, où chaque réponse amène de nouvelles questions. L’équilibre entre action et exposition reste fragile, mais il permet d’approfondir les personnages sans les figer dans des archétypes.
Ce qui ressort avant tout, c’est l’attachement grandissant à des figures devenues familières. Il n’est plus nécessaire de consulter des encyclopédies pour distinguer les Forsaken entre eux. L’immersion fonctionne. Chaque scène, même fugace, porte une part d’humanité ou de folie qui suffit à maintenir l’attention. La saison 3 de La Roue du Temps s’achève sans fracas, mais pas sans conséquences. Cet épisode 8 laisse derrière lui un champ de bataille ouvert, où les alliances se défont aussi vite qu’elles se forment. Les enjeux montent, mais les réponses se font attendre. Et c’est peut-être mieux ainsi.
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Il reste à espérer que la suite permettra à toutes ces graines plantées de germer pleinement. En attendant, ce final propose un moment de transition intelligent, qui assume sa complexité sans chercher à en faire trop. Un épisode qui préfère ouvrir des portes plutôt que de les fermer. Et dans un univers comme celui-là, c’est souvent la meilleure option.
Note : 8/10. En bref, cet épisode 8 laisse derrière lui un champ de bataille ouvert, où les alliances se défont aussi vite qu’elles se forment. Les enjeux montent, mais les réponses se font attendre. Et c’est peut-être mieux ainsi. J’ai d’ailleurs bien plus aimé la seconde partie de la saison 3 par rapport à la première ce qui me donne l’envie frénétique de voir une saison 4.
Disponible sur Amazon Prime Video
Amazon n’a pas encore renouvelé The Wheel of Time pour une saison 4 à l’heure où j’écris ces lignes.
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