25 Août 2025
Avec De Mauvais Foi, Albéric Saint-Martin nous plongent dans une comédie décalée sur fond de château délabré, mariage arrangé et intrigues religieuses. Si une partie de ces thématiques a déjà pu être abordé par le cinéma dans d’autres comédies (La maison du bonheur, Les aristos, Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?, etc.), j’étais curieux de découvrir ce premier film du réalisateur que je n’ai pas eu la chance de voir au cinéma grâce à cette belle édition DVD de Saje Distribution.
Ca parle de quoi ?
Un notaire vieille France doit impérativement sauver son château délabré et empêcher le mariage de sa fille avec un golden boy prétentieux. La fortune promise par une comtesse mourante à un jeune artiste bohème, pourrait régler tous ses problèmes. À condition que le futur héritier devienne un bon catholique, et tombe amoureux de la jolie fiancée.
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Ca vaut quoi ?
De Mauvaise Foi, réalisé par Albéric Saint-Martin, fait partie de ces films qui arrivent à surprendre là où on ne les attend pas. À première vue, son intrigue pourrait laisser penser à une énième farce familiale sur fond d’héritage et de vieilles pierres. Pourtant, derrière cette comédie de mœurs élégante et drôle, se cache une réflexion subtile sur la tradition, la religion et les rapports de pouvoir. Le tout servi par un casting inspiré et une mise en scène qui privilégie l’intelligence au clinquant. Le film nous plonge dans l’univers des châteaux qui tombent en ruine, des héritiers un peu trop originaux et des alliances arrangées pour préserver un certain mode de vie. Ce décor nostalgique, presque crépusculaire, devient le théâtre d’une intrigue où l’humour et l’absurde se côtoient.
Le château, véritable personnage central, incarne à lui seul cette aristocratie sur le déclin, tiraillée entre son attachement aux traditions et la nécessité de ruser pour survivre. Cette atmosphère, loin des clichés parisiens, met en avant une France périphérique, discrète mais riche de contradictions, où foi, stratégie et intérêts matériels se mêlent avec une intensité savoureuse. Au cœur de l’intrigue, Réginald (interprété avec brio par Pascal Demolon), notaire obsédé par la sauvegarde de son domaine familial. Prêt à toutes les contorsions morales, il élabore un plan aussi loufoque que méthodique : transformer un jeune homme ordinaire, Arthur (Jean-Baptiste Lafarge), en gendre catholique idéal afin d’en faire le prétendant parfait pour sa fille Athénaïs (Romane de Stabenrath).
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L’objectif ? Hériter des biens d’une comtesse en fin de vie. Ce point de départ, improbable en apparence, se révèle être une mine d’or comique. Mais ce qui fait la force du film, c’est que Saint-Martin ne cède jamais à la caricature facile. Tout est joué au premier degré, avec un sérieux volontaire qui rend la situation encore plus drôle. Outre Demolon, impeccable en maître manipulateur, la distribution brille par sa justesse. Philippe Duquesne campe un ami dépassé, attachant malgré ses maladresses, tandis qu’Herrade Von Meier incarne une tante pieuse et généreuse, véritable contrepoint moral de cette mascarade familiale. Le film ne repose pas uniquement sur ses dialogues — pourtant vifs et savoureux — mais aussi sur une direction d’acteurs qui laisse place aux silences, aux regards, aux non-dits.
Cela confère au récit une dimension presque théâtrale, rappelant certains vaudevilles, mais avec une subtilité contemporaine. De Mauvaise Foi est adapté du roman Les pieuses combines de Réginald de Thomas Hervouët. Plutôt que de se contenter d’une simple transposition, le réalisateur a choisi d’affiner et de condenser l’histoire pour mettre en avant les mécanismes du mensonge vertueux et des manipulations sociales. Cette démarche donne au film un souffle propre, évoquant parfois l’esprit des comédies italiennes de Scola ou l’audace d’un Mocky, mais sans nostalgie excessive. Ici, la foi instrumentalisée et la spiritualité sincère s’entrechoquent de manière légère, mais jamais simpliste.
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On y retrouve des échos aux débats contemporains sur l’identité, la tradition et le rapport au religieux, mais traités avec une ironie tendre qui laisse au spectateur toute liberté d’interprétation. Ce qui frappe avant tout, c’est la finesse de l’écriture. Là où certaines comédies françaises récentes se contentent d’empiler les clichés (on pense à Qu’est-ce qu’on a fait au Bon Dieu ?), De Mauvaise Foi choisit la voie de l’élégance. Les gags naissent des situations et des personnages, jamais du forcing ou du cabotinage. Certaines scènes, comme le fameux dîner orchestré par Réginald, sont de véritables morceaux de bravoure : drôles, tendues et parfaitement rythmées. On rit souvent, mais avec ce petit supplément d’âme qui fait toute la différence.
Derrière la satire et l’absurde, le film sait aussi émouvoir. On y retrouve un triangle amoureux entre de jeunes personnages en quête de leur place, des parents débordés mais touchants, et cette atmosphère de pèlerinage à Paray-le-Monial qui ajoute une touche de tendresse inattendue. Cette alliance entre comédie et émotion rend l’expérience encore plus agréable. On ressort de la projection le cœur léger, avec le sentiment d’avoir assisté à une véritable petite fête du cinéma français. Avec De Mauvaise Foi, Albéric Saint-Martin réussit un pari risqué : offrir une comédie accessible au grand public tout en restant fine, intelligente et jamais vulgaire. Les acteurs sont excellents, les décors somptueux, et le scénario tient en haleine jusqu’au bout avec un dénouement à la fois réjouissant et rassurant.
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Bref, un film à voir absolument si vous aimez les comédies bien écrites, capables de faire réfléchir tout en faisant rire. On y retrouve une critique sociale subtile, des dialogues savoureux et un humour tendre qui font de ce film une véritable bouffée d’air frais dans le paysage cinématographique actuel.
Et le DVD ?
Sorti en salles comme une comédie fine et rafraîchissante, De Mauvaise Foi d’Albéric Saint-Martin se décline désormais en DVD. Pour les amateurs de cinéma français qui aiment prolonger l’expérience chez eux, cette édition réserve de belles surprises, tant au niveau de la qualité technique que des contenus additionnels. Premier constat dès le lancement du film : la qualité d’image est irréprochable. Le DVD restitue avec précision l’atmosphère élégante du château et les nuances de la mise en scène. Pas de fausse note ni de défaut gênant : le visionnage est fluide et agréable, ce qui permet d’apprécier pleinement les décors et les jeux de lumière pensés par le réalisateur.
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Côté audio, l’édition propose un mixage en Dolby Digital 5.1 ainsi qu’une version stéréo. Les dialogues sont clairs, les voix des comédiens parfaitement audibles, et la répartition des sons crée une belle immersion. Que l’on soit équipé d’un home cinéma ou simplement d’un téléviseur classique, le rendu reste équilibré et agréable. Là où ce DVD se distingue vraiment, c’est dans la richesse de ses suppléments. Les spectateurs peuvent découvrir plusieurs modules courts mais intéressants : La sélection à l’Alpe d’Huez avec un reportage de quelques minutes retraçant la présence de l’équipe au festival du film de comédie. Egalement l’avant-première parisienne avec de brèves réactions de spectateurs enthousiastes qui rappellent l’accueil chaleureux réservé au film.
Mais le véritable atout de cette édition est son making-of de plus de 20 minutes. Albéric Saint-Martin y revient sur le tournage, l’esprit familial qui a régné grâce à Saje Distribution, et la manière dont les acteurs ont incarné leurs personnages. Illustré par des extraits de plateau, ce documentaire permet de mieux comprendre l’alchimie qui fait le charme du film. À cela s’ajoutent des scènes coupées, mélange de prises ratées et de moments supprimés au montage, ainsi que plusieurs bandes-annonces de films édités par Saje, souvent autour de thématiques liées au catholicisme.
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Avec une image soignée, un son immersif et surtout des bonus variés, le DVD de De Mauvaise Foi s’impose comme une édition de qualité. Plus qu’un simple support de visionnage, il offre une véritable plongée dans les coulisses d’une comédie réussie. Une belle opportunité pour prolonger le plaisir et découvrir les dessous d’un film déjà apprécié en salles.
Caractéristiques techniques
Durée : 1H31 - Langues : Français 5.1 et stéréo
Suppléments : Making of – Scènes coupées – Sélection officielle à l’Alpe d’Huez
Avant-première parisienne
Disponible en DVD au prix public conseillé de 19,99 € TTC
Cette sortie est éditée par SAJE DISTRIBUTION
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