Critique Ciné : One Hit Wonder (2025, Netflix)

Critique Ciné : One Hit Wonder (2025, Netflix)

One Hit Wonder // De Marla Ancheta. Avec Sue Ramirez, Khalil Ramos et Gladys Reyes.

 

Quand Netflix annonce un film romantique musical intitulé One Hit Wonder, je m’attends à une histoire où la musique occupe la place centrale, où la passion artistique transcende les clichés amoureux pour offrir quelque chose de vibrant et de mémorable. Malheureusement, ce que j’ai découvert à l’écran s’est avéré très éloigné de cette attente. Le film, mené par Sue Ramirez et Khalil Ramos, oscille entre drame intime et romance, mais peine à trouver son équilibre. Il en résulte une œuvre certes sympathique par moments, mais globalement trop plate pour laisser une vraie empreinte. 

 

Malheureux dans leur carrière, ils risquent tout pour le grand amour et la célébrité.

 

Au cœur du récit, deux personnages. D’un côté Lorina (Sue Ramirez), jeune femme en proie à ses démons intérieurs et aux attentes étouffantes de son père.  De l’autre, Entoy (Khalil Ramos), qui s’accroche à la musique comme à une bouée de sauvetage après la perte récente de sa mère. Ce sont deux âmes blessées, portées par leurs rêves et fragilités, qui finissent par se croiser et s’inspirer mutuellement. Sur le papier, ce point de départ a tout d’une belle promesse. J’aime l’idée de voir deux êtres cabossés trouver de la force l’un dans l’autre, surtout quand la musique agit comme passerelle entre leurs univers. Mais très vite, j’ai eu l’impression que ce potentiel était mal exploité. 

 

Là où j’espérais une immersion sincère dans les coulisses d’une passion musicale, je me suis retrouvé face à un récit plus focalisé sur une romance précipitée que sur l’exploration intime de ce que signifie être artiste. Il faut rendre justice au casting. Sue Ramirez incarne Lorina avec une douceur qui rend son personnage immédiatement touchant. Sa vulnérabilité, ses hésitations, ses désirs contradictoires, tout cela aurait pu offrir un arc narratif puissant. De son côté, Khalil Ramos donne à Entoy une sincérité qui m’a semblé crédible, notamment dans la manière dont il se raccroche à la musique pour survivre à son deuil. Le problème ne vient donc pas de leurs performances, mais de l’écriture qui ne leur laisse pas assez de profondeur. 

 

La romance entre Lorina et Entoy, censée être le cœur du film, avance trop vite. Les instants qui devraient être émouvants sonnent parfois forcés, comme si leur connexion n’avait pas eu le temps de s’installer. J’aurais aimé que le scénario respire davantage, qu’il donne à cette relation la possibilité de se développer naturellement, plutôt que de l’imposer par des montages trop rapides et des dialogues convenus. Intitulé One Hit Wonder, le film laisse penser que la musique sera son fil conducteur, son moteur narratif. Et effectivement, les chansons puisées dans l’univers de l’OPM des années 90 apportent une couleur particulière. Certaines séquences musicales m’ont réellement touché, au point de réveiller une certaine nostalgie. 

 

La bande originale, par moments, a plus de force que le scénario lui-même. Mais là encore, j’ai été frustré. La musique reste trop souvent reléguée au second plan, comme simple toile de fond pour la romance. Le film aurait pu plonger dans la réalité d’artistes philippins de cette époque, montrer leurs luttes, leurs compromis, leur quête d’authenticité. Au lieu de cela, elle sert surtout de prétexte à l’histoire d’amour, ce qui réduit considérablement sa portée. Pour un film qui porte un tel titre, le manque de réflexion sur le statut même d’« artiste d’un seul succès » m’a semblé être une énorme occasion manquée. Le plus grand défaut de One Hit Wonder, à mes yeux, réside dans son rythme et son écriture. Le film installe son univers et ses enjeux personnels avec justesse dans sa première moitié, mais s’égare rapidement. 

 

Certains fils narratifs sont esquissés puis abandonnés. L’évolution de Lorina, par exemple, paraît incohérente : ses choix semblent parfois dictés par les besoins du scénario plutôt que par une vraie logique interne. Quant à la trajectoire d’Entoy, elle paraît trop facile, comme si les obstacles s’effaçaient miraculeusement devant lui. Ce déséquilibre rend l’ensemble confus. Le film veut trop en faire : explorer les traumas familiaux, raconter une histoire d’amour, évoquer la carrière musicale… Mais à force de tout aborder sans approfondir, il finit par ne traiter aucun de ces thèmes avec l’intensité qu’ils méritaient. J’aurais aimé qu’un film comme One Hit Wonder ose offrir une conclusion sincère, à la hauteur de ses thématiques. 

 

Mais la fin choisit la facilité. Tout se résout rapidement, presque artificiellement, comme si le but était de laisser le spectateur repartir avec un sourire, quitte à gommer toute la complexité des personnages. L’optimisme affiché aurait pu me convaincre si le chemin avait été plus solide, mais au lieu de ça, j’ai ressenti une impression d’inachevé, comme si l’histoire avait été emballée à la hâte. Je ne veux pas donner l’impression que rien n’est à sauver. Certaines scènes fonctionnent. L’ambiance des années 90, les chansons qui éveillent l’émotion, ou encore la sincérité du jeu des acteurs offrent de vrais instants de grâce. Ce sont ces moments qui m’ont empêché de complètement décrocher. 

 

Mais ils restent trop rares et ne suffisent pas à masquer les failles structurelles du récit. Au final, One Hit Wonder est un film qui m’a laissé une impression mitigée. Ce n’est pas un désastre, loin de là, mais il n’a pas réussi à atteindre la hauteur du produit vendu. L’idée de départ était séduisante, les acteurs avaient de quoi porter une belle histoire, et la musique aurait dû être le ciment de l’ensemble. Pourtant, la réalisation choisit la voie de la facilité, préférant des clichés romantiques à une vraie exploration des thèmes qu’elle introduit.

 

J’ai trouvé ça plus que médiocre : mignon par moments, mais jamais assez marquant pour rester en mémoire une fois le générique terminé. Pour ceux qui aiment les romances musicales légères, il peut fonctionner comme un visionnage ponctuel. Mais pour qui attend une œuvre capable d’explorer la complexité des rêves, du deuil et de la création musicale, ce film risque d’être une déception.

 

Note : 4.5/10. En bref, c’est mignon par moments, mais jamais assez marquant pour rester en mémoire une fois le générique terminé. Une jolie idée qui manque de souffle. 

Sorti le 21 août 2025 directement sur Netflix

 

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