6 Septembre 2025
Après avoir supporté les premiers épisodes, il fallait bien arriver au moment clé : Stamford Bridge puis Hastings. Deux batailles mythiques, deux tournants historiques, deux occasions rêvées pour donner enfin de la grandeur à King & Conqueror. Malheureusement, la série réussit surtout à confirmer ses travers : des choix scénaristiques étranges, une précipitation constante et des personnages qui changent de personnalité d’une scène à l’autre. Résultat : je me retrouve face à un spectacle parfois divertissant, parfois ridicule, mais jamais vraiment solide. L’épisode 7 nous plonge au cœur de la préparation contre Harald Hardrada. Harold se persuade encore que son frère Tostig ne peut pas être son ennemi, comme si l’évidence n’était pas sous ses yeux depuis des semaines.
Le déni du personnage aurait pu être touchant, mais il est traité de manière caricaturale. Tostig, de son côté, comprend un peu tard qu’il a pactisé avec un Viking qui ne compte pas lui laisser la moindre place. La bataille de Stamford Bridge apporte une certaine intensité, mais le traitement du drame fraternel tombe à plat. Le fameux accident – Harold tuant Tostig en voulant le sauver – est censé être un choc. En réalité, c’est une séquence expédiée, où l’émotion repose davantage sur le cliché que sur une véritable construction dramatique. J’ai eu l’impression que les scénaristes cherchaient avant tout un prétexte pour faire de Harold un roi brisé et détesté. Le plus regrettable, c’est que cette mort aurait pu donner du poids à la tragédie familiale qui traverse toute la saison.
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Mais entre un montage précipité et des dialogues convenus, l’impact s’évapore presque aussitôt. Une scène qui aurait dû marquer se contente d’exister. Pendant ce temps-là, en Normandie, William prépare son invasion. Les scénaristes insistent lourdement sur les querelles de barons, les rumeurs de malédiction divine et la nécessité de trouver des navires. On sent l’envie de montrer les coulisses politiques, mais l’ensemble ressemble plus à un soap qu’à une fresque historique. Le sacrifice de FitzOsbern illustre parfaitement ce problème. Présenté comme un moment fort, il ressemble surtout à un raccourci scénaristique pour débloquer la situation.
Tout est traité rapidement, sans que le personnage ait eu le temps d’exister réellement. Son départ est censé être héroïque, mais je n’ai pas trouvé matière à m’attacher. Quant à Matilda, elle hérite encore du rôle de femme clairvoyante face à des hommes bornés. Elle dénonce les manipulations de Baldwin, protège l’autorité de son mari et se prépare à assumer seule la régence. Ces scènes sont intéressantes, mais elles mettent en lumière une constante de la série : les personnages féminins sont souvent plus cohérents et crédibles que leurs homologues masculins. La bataille en elle-même offre enfin un peu de spectacle. Harold surprend les Vikings endormis, la mise en scène s’autorise quelques moments de tension, et la confrontation avec Hardrada apporte un semblant d’intensité.
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Mais là encore, tout est expédié. Une séquence aussi majeure aurait mérité un épisode entier, au lieu d’être réduite à quelques coups d’épée et à une mort accidentelle. Le contraste est frappant : l’histoire réelle donne à Stamford Bridge une place centrale dans la légende d’Harold. Ici, c’est traité comme un simple tremplin pour amener Hastings. Et quand je vois Harold enterrer son frère avec une mine abattue, je me dis surtout que la série a manqué une occasion de rendre ce moment inoubliable. L’épisode 8 nous emmène enfin vers Hastings. C’est censé être le climax, la conclusion dramatique de toute la saison. Sur le papier, tout y est : Harold affaibli par Stamford Bridge, William gonflé de confiance, des barons divisés, Edith déchirée entre fuite et loyauté.
Dans la pratique, c’est une suite de scènes précipitées où la cohérence historique est sacrifiée au profit de rebondissements faciles. William est présenté comme un stratège lucide, prêt à user de ruse et de brutalité pour provoquer son adversaire. Harold, au contraire, s’enfonce dans l’entêtement et l’isolement. Son refus d’attendre Morcar, son incapacité à écouter Edith ou Gunhild, tout concourt à le transformer en roi condamné. On sent bien que la série veut opposer un William prévoyant et un Harold aveuglé, mais la mise en scène manque de subtilité. Tout est souligné au marqueur. La bataille en elle-même commence avec une certaine tension, notamment grâce au jeu sur les archers et le fameux mur de boucliers.
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Mais très vite, la logique disparaît. Morcar choisit d’attendre au lieu d’intervenir, comme si les scénaristes avaient trouvé là un prétexte simple pour condamner Harold. Quant au duel final entre Harold et William, il coche toutes les cases du cliché : couronne renversée, coup d’épée fatal, flèche dans l’œil pour la légende. J’aurais aimé un traitement plus nuancé, mais la série préfère l’image facile. Au milieu de ce chaos, Edith émerge comme la voix de la raison. Elle comprend le danger, elle anticipe les conséquences, mais elle reste impuissante face à l’obstination de Harold. Sa douleur après la mort de Tostig et son désir de protéger ses enfants donnent une dimension humaine à un récit qui en manque cruellement.
Mais même son arc est traité de manière hâtive : son départ d’Angleterre est réglé en quelques scènes, alors qu’il aurait pu constituer une conclusion émouvante. Gytha et Gunhild tentent d’apporter leur soutien, mais leurs actions sont réduites à des dialogues fonctionnels. J’ai trouvé dommage que la série, qui avait réussi à donner un peu de profondeur à ses personnages féminins dans les épisodes précédents, les relègue ici à de simples adjuvantes. L’ultime séquence, avec William couronné roi d’Angleterre, aurait pu être majestueuse. Elle ressemble surtout à un épilogue bâclé. On annonce la victoire, Edith identifie le corps de Harold, et tout se termine sans vraiment donner de souffle à l’après-Hastings.
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Aucune vision de ce que sera le règne de William, aucune perspective sur le sort des Godwinson. Juste une image convenue pour clore la saison. Je comprends que la série ait choisi de s’arrêter sur ce moment symbolique. Mais après huit épisodes, je m’attendais à une conclusion plus travaillée. Là, j’ai eu l’impression d’assister à un résumé accéléré. En refermant cette première saison, je constate surtout un potentiel gâché. L’histoire de 1066 est l’une des plus fascinantes du Moyen Âge, riche en enjeux politiques, en drames familiaux et en affrontements épiques. King & Conqueror avait tout pour en faire une fresque captivante. Au lieu de ça, la série alterne entre moments corrects et maladresses grossières.
Les épisodes 7 et 8 en sont l’illustration parfaite. J’y ai trouvé quelques scènes intéressantes – la lucidité de Matilda, le dilemme d’Edith, la tension entre Harold et Tostig – mais aussi beaucoup de facilités et d’occasions manquées. Stamford Bridge et Hastings méritaient mieux qu’un traitement précipité. Est-ce que je regarderais une saison 2 si elle voyait le jour ? Peut-être, par curiosité. Mais certainement pas avec enthousiasme. Après huit épisodes, la série a prouvé qu’elle pouvait être divertissante par moments, mais rarement convaincante. Une fresque historique qui hésite entre sérieux et soap, et qui finit par ne vraiment réussir dans aucun des deux registres.
Note : 5/10. En bref, King & Conqueror avait tout pour en faire une fresque captivante. Au lieu de ça, la série alterne entre moments corrects et maladresses grossières. Les épisodes 7 et 8 en sont l’illustration parfaite.
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