La Furie des Vampires (Blu-ray)

La Furie des Vampires (Blu-ray)

Rimini Editions continue sa collection de films d’horreur des années 70 et 80 restaurés dans des coffrets Blu-ray de grande qualité. C’est maintenant au tour de La Furie des Vampires pour la première fois en Blu-ray et en VOST.

 

Ca parle de quoi ?

Deux étudiantes en sciences occultes sont à la recherche du tombeau de la comtesse Wandesa, personnage du Moyen-Âge soupçonnée de vampirisme. Égarées en pleine campagne, elles sont accueillies dans la demeure isolée du comte Waldemar Daninsky, condamné à se transformer en loup-garou depuis qu’il a été lui-même mordu.

Ca vaut quoi ?

Sorti en 1971, La Furie des Vampires (titre original La Noche de Walpurgis) s’impose aujourd’hui comme l’un des films les plus emblématiques du cinéma fantastique espagnol. Réalisé par León Klimovsky et porté par Paul Naschy, véritable légende du genre, ce long-métrage incarne à la fois les qualités et les faiblesses du cinéma bis de l’époque. Mélange improbable de vampires, de loup-garou et de sorcellerie, le film fascine encore malgré ses maladresses. Retour sur une œuvre singulière, miroir de son temps. Le tournage de La Furie des Vampires se déroule dans une Espagne franquiste encore marquée par une censure sévère. Nudité et violence y sont strictement contrôlées. 

 

Pourtant, Klimovsky et Naschy parviennent à contourner ces interdits en misant sur des mises en scène suggestives. Là où le cinéma de Jean Rollin en France n’hésitait pas à mêler vampires et sensualité explicite, l’Espagne devait jongler avec des artifices visuels, comme les ralentis ou les décors embrumés, pour dissimuler ce que la censure refusait. Ironie du sort : lors de la sortie française, certaines séquences de nudité intégrale ont été intégrées, offrant une version plus sulfureuse que l’originale. Ce contraste illustre bien l’ambiguïté du film, pris entre l’envie de choquer et les limites imposées par le régime politique.

Impossible d’évoquer La Furie des Vampires sans parler de Paul Naschy (de son vrai nom Jacinto Molina). Ancien haltérophile reconverti en acteur et scénariste, il a littéralement bâti sa carrière autour du personnage de Waldemar Daninsky, un homme condamné à revivre éternellement sous la malédiction du loup-garou. Dans ce quatrième volet de la saga, Naschy donne corps à un héros tragique, inspiré des créatures classiques de l’Universal et du maquillage de Lon Chaney Jr. Malgré un budget limité et des effets spéciaux parfois risibles, il réussit à imposer une présence charismatique qui porte tout le film sur ses épaules.

 

L’intrigue repose sur la résurrection accidentelle de Waldemar par un médecin trop curieux, suivie de la rencontre avec deux jeunes femmes passionnées d’occultisme. Leur quête les conduit à réveiller une comtesse vampire, prélude à une confrontation entre deux monstres mythiques : la vampire et le loup-garou. Sur le papier, ce duel avait tout pour être explosif. Hélas, le scénario souffre d’ellipses maladroites et d’un rythme irrégulier. Les dialogues interminables alourdissent l’ensemble, et le fameux climax de la Nuit de Walpurgis manque cruellement d’intensité. On est loin du choc des titans promis.

Comme beaucoup de films fantastiques de l’époque, La Furie des Vampires joue la carte de l’exploitation : violence sanguinolente et érotisme suggestif viennent compenser l’absence de moyens. Les attaques du loup-garou sont cependant trop sages pour effrayer réellement. Le maquillage kitsch et les surimpressions maladroites utilisées pour les transformations arrachent davantage un sourire qu’un frisson. À l’inverse, le film ne se prive pas d’exposer généreusement ses actrices, souvent réduites à des rôles décoratifs. Si cela témoigne d’une certaine époque où le cinéma bis flirtait volontiers avec l’érotisme, cela peut aujourd’hui prêter à sourire par son côté gratuit et systématique.

 

Ce qui sauve le film, c’est son envie de tout mélanger. Vampires, loup-garou, sorcellerie, morts-vivants : La Furie des Vampires rassemble tout un bestiaire gothique dans une ambiance volontairement baroque. Même si les décors se limitent souvent à une maison isolée et quelques ruines, Klimovsky parvient à créer une atmosphère étrange et parfois hypnotique. Le film n’atteint jamais la sophistication des productions de la Hammer, mais il conserve ce charme bis, brut et sincère, qui séduit encore les amateurs de cinéma fantastique. Malgré ses défauts, La Furie des Vampires est devenu un jalon important dans l’histoire du cinéma d’horreur espagnol. 

Son succès commercial a contribué à populariser Paul Naschy, qui reprendra encore et encore son rôle de Waldemar Daninsky dans de nombreux films. Aujourd’hui, le film se regarde autant comme une curiosité kitsch que comme un témoignage d’une époque où le fantastique cherchait sa place entre censure, exploitation et véritable passion pour les monstres classiques. La Furie des Vampires n’est pas un chef-d’œuvre, mais il possède un charme unique. Mélange de maladresse, d’audace et de passion, il illustre parfaitement le cinéma bis des années 70. 

 

Ceux qui cherchent un film horrifique efficace seront sans doute déçus. Mais les amateurs de curiosités gothiques, d’érotisme décomplexé et de monstres cultes y trouveront une œuvre attachante, témoin d’une époque révolue. En somme, c’est une production imparfaite mais incontournable pour quiconque s’intéresse au cinéma fantastique européen.

Et le Blu-ray ?

Sorti en 1971, La Furie des Vampires est un classique du cinéma fantastique espagnol porté par Paul Naschy. Longtemps malmené par des éditions DVD de piètre qualité, le film bénéficie enfin d’un vrai traitement de faveur grâce au Blu-ray de Rimini Editions. Et le résultat est bluffant. Premier constat : la restauration visuelle est une vraie claque. Fini le vieux DVD Seven 7 de 2004 à l’image terne et abîmée. Ici, les couleurs sont éclatantes, la copie est propre et lumineuse, et même si quelques plans restent un peu sombres, le bond qualitatif est énorme. On redécouvre vraiment le film, comme si on le voyait pour la première fois.

 

Côté audio, plusieurs options sont proposées. La version courte (1h27) est disponible en français et en espagnol sous-titré. La version longue (1h35), enrichie de 8 minutes supplémentaires, n’existe qu’en espagnol sous-titré français. Le rendu sonore reste propre mais limité : en VO, les dialogues sont clairs mais manquent de profondeur, tandis que le doublage français accuse parfois son âge avec un côté un peu kitsch. Rien de dramatique, mais ce n’est pas l’atout principal du disque. L’édition brille aussi par ses suppléments. Le documentaire El Hombre Lobo : le cas Waldemar (36 minutes) est un vrai régal pour les amateurs de cinéma bis.

On y retrouve Laurent Aknin, historien du genre, qui revient sur la carrière de Paul Naschy et sur l’importance de La Furie des Vampires dans la saga du loup-garou Waldemar Daninsky. Ses analyses sont complétées par une interview de Naschy lui-même datant de 2003, ce qui apporte un témoignage précieux. À cela s’ajoute un livret de 24 pages signé Marc Toullec, qui approfondit encore la découverte. Bref, un vrai contenu éditorial de qualité. Comme toujours avec la collection Angoisse de Rimini, le packaging est soigné. Digipack élégant, visuel exclusif qui attire l’œil, livret bien documenté : c’est un beau coffret qui donne envie de l’exposer dans sa vidéothèque. 

 

Les collectionneurs comme les simples curieux seront comblés. Avec cette édition Blu-ray, Rimini rend enfin justice à La Furie des Vampires. Image restaurée, son amélioré, bonus solides et packaging impeccable : difficile de demander mieux. Malgré quelques limites techniques côté audio, l’ensemble reste une excellente redécouverte d’un film culte du cinéma fantastique espagnol. Si vous aimez les films de monstres gothiques, le cinéma bis des années 70 ou tout simplement l’univers de Paul Naschy, ce Blu-ray est un achat incontournable.

Caractéristiques techniques 

ÉDITION COLLECTOR BR + 2 DVD + LIVRET - DIGIPACK

SUPPLÉMENTS :

> El Hombre Lobo : le cas Waldemar Daninsky (36 min) : interviews de Laurent Aknin, historien du cinéma (2025) et de Paul Naschy, acteur, scénariste et réalisateur (2003) – réalisé par Alexandre Jousse

> Paul Naschy, grandeur et misère d’un loup-garou : livret de 24 pages conçu par Marc Toullec

Master Haute Définition - Durée : 1H27 (version courte) / 1H35 (version longue)

Langues : Français et Espagnol Dual Mono - Sous-titres : Français

Son : Dolby Audio (DVD) et DTS-HD (Blu-Ray)

Titre VO : La Noche de Walpurgis Année de production : 1971

 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
À propos
delromainzika

Retrouvez sur mon blog des critiques de cinéma et de séries télé du monde entier tous les jours
Voir le profil de delromainzika sur le portail Overblog

Commenter cet article