The Rumour (Mini-series, 5 épisodes) : la rumeur est vraie, c’est raté

The Rumour (Mini-series, 5 épisodes) : la rumeur est vraie, c’est raté

Avec The Rumour, Channel 5 a encore réussi ce petit exploit que je commence à considérer comme sa marque de fabrique : partir d’une idée accrocheuse et l’étirer jusqu’à l’épuisement, comme un chewing-gum qu’on mâche trop longtemps. Cinq épisodes pour raconter une rumeur de cour d’école, cela pouvait sembler ambitieux. La réalité est qu’il fallait surtout avoir beaucoup de patience pour tenir jusqu’au bout. Tout commence avec Joanna, agent immobilier fraîchement arrivée à Flinstead, qui découvre que les conversations devant le portail de l’école ne parlent pas que de goûters ou de bulletins scolaires. Une rumeur circule : un ancien meurtrier d’enfant vivrait désormais en toute tranquillité dans la petite ville. 

 

Voilà un point de départ intrigant, assez pour donner envie de lancer le premier épisode. Le problème, c’est que cette base solide n’est qu’une vitrine. Derrière, le décor est fait de carton-pâte, et il ne faut pas longtemps avant que tout s’effondre. L’idée de montrer comment une rumeur se propage dans une communauté avait du potentiel. Mais ici, on assiste surtout à des mamans surexcitées qui transforment chaque regard en accusation, chaque voisin en suspect potentiel. Le tout prend vite des allures de soap dramatique, où chaque scène ressemble à une répétition générale pour un épisode de Desperate Housewives, mais sans humour, sans rythme et surtout sans profondeur.

 

Les habitants de Flinstead semblent passer leur vie à scruter leurs voisins, comme si personne n’avait un emploi du temps réel ou des occupations crédibles. La paranoïa s’installe, mais c’est plus agaçant qu’angoissant. Il est difficile de savoir si les personnages ont été écrits avec sérieux ou si tout est volontairement caricatural. Joanna, censée être l’héroïne, enchaîne les décisions absurdes avec une conviction désarmante. On dirait presque qu’elle cherche à gagner un prix pour la protagoniste la plus chiante de l’année. Autour d’elle gravitent des personnages secondaires qui n’ont d’autre fonction que de remplir le décor : les voisines méfiantes, les maris inexistants, les enfants qui n’existent que pour donner prétexte à des scènes de portail d’école. 

 

Aucun n’a la moindre épaisseur, et il est difficile de ressentir autre chose que de l’indifférence. Le vrai problème, c’est le format. Un film d’une heure trente aurait largement suffi. Mais Channel 5 aime visiblement l’endurance : il faut tenir cinq épisodes, quitte à répéter trois fois les mêmes dialogues et à étirer les scènes jusqu’à la lassitude. Dès le deuxième épisode, le spectateur attentif sait déjà où tout cela va finir. Les « twists » arrivent au compte-gouttes, et la plupart sont prévisibles. Quand on devine le rebondissement avant même que les personnages n’aient fini leur café, il devient difficile de prendre l’intrigue au sérieux. Le ton de la série reste une énigme. 

 

Sur le papier, il s’agit d’un thriller psychologique. Dans les faits, certains passages frôlent la comédie involontaire. Un exemple ? Joanna qui s’attaque à un mur entier recouvert de graffitis avec un petit objet du quotidien, comme si elle participait à un tutoriel bricolage absurde. Résultat : au lieu de ressentir la tension dramatique promise, j’ai eu l’impression d’assister à une parodie maladroite. Et ce n’est pas un cas isolé : plusieurs scènes sont si invraisemblables qu’elles basculent dans le ridicule. La série coche toutes les cases à la mode : diversité ethnique, représentations familiales variées, personnages LGBTQ+, etc. Sur le principe, c’est très bien. 

 

Mais ici, cela ressemble davantage à une liste imposée qu’à une réelle volonté de raconter quelque chose. Ces thématiques auraient pu enrichir le propos en explorant comment la rumeur touche différemment les individus en fonction de leur statut social ou de leur identité. Mais au lieu de ça, elles restent en surface, utilisées comme décor de fond.  Ce qui m’a le plus découragé, c’est le manque de cohérence interne. Un thriller peut exagérer la réalité, mais il doit au moins rester logique dans son propre cadre. Or, dans The Rumour, les comportements des personnages sont tellement forcés qu’il devient impossible d’y croire. On finit par se détacher complètement, non pas parce que le thème est inintéressant, mais parce que la série ne donne aucune raison d’y adhérer.

 

À la fin, ce que je retiens de The Rumour, ce n’est pas une réflexion sur la peur collective ni une analyse fine de la manière dont une communauté se déchire sous l’effet de la suspicion. Non, ce que je retiens, ce sont des personnages agaçants, des rebondissements téléphonés et une intrigue qui se traîne jusqu’au générique final. J’ai tenu jusqu’au bout plus par curiosité cynique que par intérêt réel. Regarder comment une bonne idée peut être gâchée a parfois son charme, mais ce n’est pas ce que j’attends d’un thriller. Si quelqu’un cherche un divertissement à moitié sérieux, qu’il aime observer des personnages caricaturaux se débattre dans des intrigues cousues de fil blanc, alors cette mini-série peut faire l’affaire. Il faut juste ne pas la prendre au sérieux.

 

Mais pour ceux qui espèrent un vrai thriller psychologique avec de la profondeur et des personnages crédibles, le visionnage risque de laisser un goût amer. Avec The Rumour, Channel 5 confirme sa spécialité : prendre une idée prometteuse et l’étirer jusqu’à l’absurde. Cinq épisodes pour raconter une rumeur, des personnages aussi crédibles qu’un décor en carton, et des scènes dignes d’un sketch comique involontaire. 

 

Note : 2/10. En bref, la seule vraie leçon de cette mini-série, c’est qu’une rumeur peut tout détruire, y compris la patience du spectateur.

Prochainement en France

Disponible sur Channel 5, accessible via un VPN

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delromainzika

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G
coucou toi<br /> sympa pour cette article <br /> je vais le testé voir si je vais aime ou pas :OP<br /> bonne journée
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