12 Août 2026
The Westies // Saison 1. Episode 6. Rad Tad.
Après un cinquième épisode qui avait bien fait monter la pression autour de la cocaïne, ce sixième chapitre montre enfin le revers de la médaille pour Jimmy et Mickey. Le trafic de drogue devait être la poule aux œufs d'or des Westies. Dans les faits, c'est surtout une machine à fabriquer des dettes, de la paranoïa et une dépendance très dangereuse envers John Gotti. L'autre grand constat de cet épisode 6, c'est le glissement du pouvoir. Eamon Sweeney perd de plus en plus la main sur ses troupes, pendant que Jimmy et Mickey occupent désormais tout l'espace. Pourtant, la séquence d'ouverture laisse croire que tout va pour le mieux.
Les billets tournent dans le quartier, le gang profite de cette aisance financière toute neuve... mais la réalité ratatouille vite. Les bénéfices réels sont bien en dessous des attentes. L'argent file entre les doigts dans les dépenses perso, et la poudre commence à être consommée directement par l'équipe. C'est là que Jimmy fait la rencontre de Tad Guggenheim, un type parachuté d'un autre monde. Bourgeois, connecté aux beaux quartiers, Tad promet d'écouler de grosses quantités auprès d'une clientèle fortunée qui ne met jamais les pieds dans les rades obscurs du crime organisé. L'idée est séduisante sur le papier. Mais Jimmy s'emballe et commet l'erreur classique : il promet du matos qu'il n'a pas encore les moyens de payer.
Cet épisode confirme un trait marquant de son personnage depuis le début de la saison. Jimmy veut jouer dans la cour des grands et imposer sa méthode, mais il manque cruellement de bouteille. Eamon l'avait pourtant prévenu : gérer un réseau, ce n'est pas juste trouver un acheteur et encaisser la monnaie. La réalité vient de lui rappeler brutalement. Pour financer son coup, Jimmy enchaîne les mauvais choix. Il va taper chez Ruby Stein, puis auprès de ses contacts latino-américains. Résultat : les dettes s'accumulent à une vitesse folle. Le vrai problème surgit quand John Gotti déboule dans le jeu et fait main basse sur la marchandise promise à Tad. Coincés, Jimmy et Mickey n'ont plus aucune marge de manœuvre.
Ils sont obligés d'accepter le marché de dupes imposé par Gotti, qui leur laisse des miettes tout en raflant la mise. La claque est magistrale. Jimmy pensait monter son propre empire en douce, il se retrouve pieds et poings liés face à l'homme qu'il voulait justement esquiver. De son côté, Mickey montre une fois de plus jusqu'où il est prêt à aller. Quand Jimmy hésite ou cherche à négocier, Mickey tranche dans le vif, sans aucun état d'âme. Son comportement devient imprévisible. On sent que le retour à une vie normale est définitivement hors de portée pour lui. La violence est devenue son premier réflexe, presque sa seule manière de communiquer. Ce trafic de drogue dépasse donc le simple cadre financier.
Il bouscule tout l'équilibre précaire entre Eamon, la jeune garde et la famille Gambino. Jimmy double son patron tout en dépendant du parrain local. Une posture intenable qui va forcément exploser en vol. Pendant ce temps, Glenn Keenan continue de collaborer avec l'agent Polk. Mais le flic qu'on retrouve ici n'est plus le même. Après le passage à tabac brutal subi à l'épisode précédent, il revient animé par une rage froide. Son nouvel objectif : frapper Eamon au cœur en ciblant son entourage proche. Sa cible s'appelle Dukey Sullivan, un des lieutenants du clan. Keenan a de quoi le faire tomber et monte un dossier en béton pour le faire arrêter. Mais au moment de l'interrogatoire, la frontière entre justice et vengeance personnelle vole en éclats.
Keenan pète un câble et passe Dukey à tabac. Sa rancœur prend le dessus sur la procédure. Même s'il prétexte vouloir protéger Danny et servir le FBI, la vérité est plus simple : c'est personnel. Cette dérive rend le personnage de Keenan beaucoup plus captivant. Coincé entre deux feux, il devient un électron libre imprévisible, capable d'outrepasser les ordres pour assouvir ses propres griefs. Enfin, l'autre fil rouge concerne Bridget et son rôle auprès de Brendan. Découvrant que la cible visée est directement liée à son histoire familiale, elle accepte de s'impliquer plus activement dans le projet d'attentat contre le colonel Markham. Mais sur le terrain, tout déraille.
L'apparition soudaine de manifestants autour du site transforme l'opération en risque majeur pour des civils innocent. Au moment crucial, Bridget refuse de déclencher la bombe. Ce renoncement est capital pour elle. Depuis le début, Bridget navigue à vue entre ses engagements, ses blessures du passé et son attachement à Jimmy. Mais contrairement à Mickey, elle garde une conscience et une ligne rouge qu'elle refuse de franchir. La présence de la foule lui remet la réalité de la violence en pleine face. La juxtaposition entre son hésitation éthique et la dérive sanguinaire de Mickey fonctionne d'ailleurs particulièrement bien.
À deux épisodes du final, The Westies dresse le portrait d'un groupe en pleine décomposition. Jimmy veut le pouvoir mais n'en a pas les épaules, Mickey s'enfonce dans la folie, Bridget cherche sa voie morale et Keenan agit par pure vengeance. Cet épisode 6 brille surtout par la manière dont il redistribue les cartes. La drogue n'a pas apporté la liberté à Jimmy, elle lui a collé une laisse. Eamon est de plus en plus isolé, Gotti grignote du terrain et le FBI s'engouffre dans les failles.
Note : 6.5/10. En bref, même si le scénario reste parfois un peu trop dense et que certaines sous-intrigues manquent de liant, la dynamique globale tient la route. L'étau se resserre sur Hell's Kitchen, et vu le niveau de tension accumulé, la fin de saison promet d'être particulièrement sanglante.
Prochainement en France
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