Critiques Séries : Robin Hood (2025). Saison 1. Episode 5.

Critiques Séries : Robin Hood (2025). Saison 1. Episode 5.

Robin Hood (2025) // Saison 1. Episode 5. Go Back to Them.

 

L’épisode 5 de Robin Hood marque la moitié de cette première saison et laisse une impression assez contrastée. Depuis le lancement de la série, j’apprécie la manière dont le passé de Rob a été remodelé pour donner plus d’épaisseur au personnage. Sa relation croissante avec Marian apporte aussi une sensibilité intéressante, à la fois retenue et chargée d’attentes silencieuses. Dans le même temps, Eleanor d’Aquitaine s’impose toujours davantage comme une figure clé du récit. Sa présence, maîtrisée et acérée, donne à chaque scène de cour un poids politique bienvenu. Cette satisfaction n’efface toutefois pas un malaise persistant : l’usage répétitif de scènes intimes qui ne servent pas toujours l’histoire.

 

J’ai fini par identifier la source de ce sentiment en observant que c’est principalement Priscilla qui porte ce choix d’écriture. Son exposition permanente crée une réduction de son rôle qui finit par nuire à la perception de son personnage. L’intention serait de montrer une femme dont l’image séduisante dissimule des failles et des ambitions plus profondes. Sur le papier, l’idée a du potentiel. Mais dans l'exécution actuelle, la mise à nu l’emporte trop souvent sur la nuance psychologique, et le parcours de Priscilla peine à gagner en densité. Cet épisode cherche pourtant à élargir ses contours. Alors que son père multiplie les décisions impulsives, Priscilla se retrouve au centre d’un système où chaque geste peut provoquer un basculement. 

La tension entre eux devient le reflet d’un pouvoir fragilisé, obsédé par l’image qu’il renvoie. Plus la colère du shérif augmente, plus Priscilla est menacée d’être réduite au silence ou au sacrifice. Cette dérive pourrait ouvrir la voie à un arc plus riche, encore faut-il que la série cesse de ramener son rôle à une dimension unique. En parallèle, l’épisode insiste sur une volonté de “réalisme” qui finit par peser sur le ton général. Cette orientation se ressent autant dans les scènes charnelles que dans la gestion de la traque contre Rob. La série se refuse à adopter un souffle plus léger, comme si elle craignait d’abîmer sa crédibilité. Mais Robin Hood supporte mal cette gravité constante. 

 

L’univers du héros hors-la-loi contient naturellement une part de légende, et vouloir la compresser dans un cadre trop rigide prive l’ensemble d’une certaine énergie. La manhunt menée par le shérif illustre bien ce décalage. Le discours grandiloquent autour de la menace que représenterait Rob paraît difficile à prendre au sérieux, surtout lorsque l’on sait que l’administration de Nottingham n’a tout simplement plus les moyens de payer quiconque pour participer activement à sa capture. Le vol de l’or de l’abbaye continue de provoquer une onde sismique politique, et cette contrainte budgétaire apporte d’ailleurs un intérêt réel à l’intrigue. 

Plutôt que de glorifier la détermination du shérif, l’épisode met en lumière les limites de son pouvoir et le déni dans lequel il s’enferme. Face à cette pression, Rob fait un choix logique : enterrer l’argent. Disperser les fonds serait trop risqué et attirerait immédiatement l’attention. D’ailleurs, la somme n’a jamais eu vocation à enrichir qui que ce soit dans le groupe. Le geste se voulait avant tout symbolique, ce que Spragart a du mal à comprendre. Pour réduire leur visibilité, Rob préfère même dissoudre temporairement le groupe, une stratégie qui souligne l’inconfort d’une bande encore loin d’être soudée. Chacun se replie vers un refuge provisoire. 

 

Rob s’isole dans une grotte, Little John s’éloigne, et les Miller retournent auprès des leurs avec un frère qui peine encore à se remettre de ses blessures. Cette dispersion ouvre la porte à plusieurs micro-intrigues qui renseignent autant sur les personnages que sur l’état du royaume. Spragart attire vite les ennuis en affichant une légèreté incompatible avec la situation. Tuck, quant à lui, semble se découvrir un attachement rapide pour la vie qu’il vient de quitter, ce qui donne lieu à des états d’âme un peu abrupts, même si certaines de ses réflexions apportent un contraste spirituel intéressant. 

Le retour des Miller dans leur village révèle aussi la fragilité du monde paysan : la peur pousse parfois les habitants à dénoncer leurs propres proches pour échapper aux représailles. La brutalité de la réaction des soldats du shérif transforme ce moment en un rappel violent du déséquilibre social qui sous-tend tout l’univers de la série. Le récit se resserre lorsque les membres dispersés se retrouvent sous l’arbre où l’argent a été enterré. Cette réunion annonce une mission de sauvetage qui redonne au récit un élan plus dynamique. Pour la première fois depuis plusieurs épisodes, chaque personnage trouve un rôle utile dans une action collective. Le plan mêle infiltration, diversion et solidarité. 

 

L’opération permet aussi de libérer un jeune serviteur arrêté plus tôt pour avoir pris la défense de Priscilla, ce qui enrichit légèrement les enjeux sans alourdir le rythme. Mais cette opération réussie n’efface pas les tensions qui gagnent du terrain. Priscilla est blessée, l’Earl of Huntingdon cherche toujours à venger son fils, et le shérif ne laissera pas passer cet affront supplémentaire. La circulation des informations est fulgurante, et l’épisode montre comment la renommée de Rob progresse autant grâce à ses actes qu’à la colère de ceux qu’il dérange. Dans le même temps, Marian découvre la mort de son frère, tout en continuant d’être exploitée dans des intrigues de cour où la loyauté n’existe que tant qu’elle sert une stratégie supérieure.

Ce cinquième épisode laisse donc un sentiment ambigu. Il contient de véritables qualités, notamment dans le développement politique autour de la couronne et dans la manière dont les choix de Rob influencent une communauté entière. Pourtant, il s’enferme parfois dans une gravité qui ne colle pas toujours avec la nature du mythe. S'il parvient à s’alléger et à offrir plus de place au souffle d’aventure, la série gagnera en cohérence. Quant à Priscilla, tout dépendra des décisions à venir : son rôle peut évoluer bien au-delà de ce que l’on voit ici, à condition que l’écriture lui laisse enfin la place d’exister autrement.

 

Note : 6/10. En bref, ce cinquième épisode laisse donc un sentiment ambigu. Il contient de véritables qualités, notamment dans le développement politique autour de la couronne et dans la manière dont les choix de Rob influencent une communauté entière. Pourtant, il s’enferme parfois dans une gravité qui ne colle pas toujours avec la nature du mythe. 

Prochainement en France

 

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V
Autant les six premiers épisodes m’avaient presque réconcilié avec les relectures modernes, autant la suite réussit l’exploit inverse : tout gâcher.<br /> Apprendre que Mariam abandonnerait Robin pour une romance avec le prince Jean relève non pas de l’audace, mais du sabotage en règle. On ne réinvente pas une légende en la piétinant avec des idées de fan-fiction mal inspirée.<br /> Je m’arrête donc ici, sans regret et sans encouragements pour la suite.<br /> Désolé d’être fleur bleue, mais il y a des limites : on ne salit pas Robin des Bois et Mariam… surtout pour flatter l’ego de scénaristes en mal de buzz.
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