23 Décembre 2025
Robin Hood (2025) // Saison 1. Episode 9. I Choose You.
À l’approche de son final, Robin Hood continue d’avancer sur une ligne de crête délicate entre ambition narrative et déséquilibre rythmique. L’épisode 9 de la saison 1 en est l’illustration la plus claire. Il ne cherche pas à briller par lui-même, mais à déplacer les pièces avant la confrontation annoncée. Cette posture assumée explique en partie la frustration qu’il peut susciter, tout en révélant ce que la série tente réellement de raconter. L’épisode reprend immédiatement après les événements tragiques précédents, sans temps mort. Robin a franchi un seuil moral en faisant exécuter le baron Warwick, et ce choix continue de le hanter. Le scénario insiste sur cette fissure intérieure, bien plus que sur les conséquences politiques immédiates.
Rob n’est plus seulement un hors-la-loi animé par la vengeance ou la justice sociale, mais un chef incapable de trancher sans être rongé par le doute. Cet épisode appuie lourdement sur cette hésitation, parfois au détriment de la fluidité, mais avec une cohérence thématique réelle. Le personnage qui cristallise le mieux ce conflit reste Friar Tuck. Son opposition frontale à Robin donne lieu aux scènes les plus justes de l’épisode. Là où d’autres séries auraient transformé ce désaccord en simple querelle idéologique, Robin Hood en fait une rupture intime. Tuck ne reproche pas seulement à Rob ses actes, il lui reproche de perdre ce qu’il était censé défendre.
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Son départ du camp, puis son retour contraint par la nécessité de tuer pour sauver Rob, donnent au personnage une profondeur morale rare dans ce type de récit. Le poids émotionnel repose largement sur lui, et l’épisode le reconnaît sans jamais le souligner excessivement. En parallèle, la série continue d’étoffer son échiquier politique. L’arrivée de Guy de Gisborne agit comme un catalyseur brutal. Sa présence ne sert pas uniquement à introduire une menace militaire, mais à révéler les fractures existantes entre les figures de pouvoir. Le shérif de Nottingham apparaît plus que jamais comme un personnage ambigu, partagé entre la préservation d’un ordre qu’il juge nécessaire et la conscience que la violence aveugle de Gisborne risque de tout détruire.
Les échanges avec la reine et l’évêque installent une tension sourde, presque étouffante, qui contraste avec la sauvagerie des décisions prises sur le terrain. Marian, de son côté, traverse un épisode charnière. Son illusion politique s’effondre définitivement, notamment à travers sa confrontation avec le prince Jean. La violence de cette scène, sans être appuyée, marque un point de non-retour pour le personnage. Marian ne peut plus jouer sur deux tableaux. Sa fuite vers Sherwood n’est pas un geste romantique, mais un acte de survie. Pourtant, ses retrouvailles avec Robin sont volontairement maladroites, presque froides.
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L’épisode refuse la réconciliation facile, préférant montrer deux individus qui ne se reconnaissent plus vraiment. Cette distance est cohérente, même si elle accentue l’impression de suspension permanente. Le principal reproche adressé à cet épisode tient à son rythme. Les intrigues s’enchaînent parfois sans respiration, comme si chaque scène avait pour unique fonction de préparer la suivante. Certains événements majeurs, comme la destruction du village ou la décision de Marian de repartir, manquent d’espace pour pleinement résonner. À l’inverse, certaines hésitations de Robin semblent s’étirer inutilement.
Cette alternance entre précipitation et stagnation est un problème récurrent de la saison, et l’épisode 9 ne parvient pas à le corriger. Visuellement et narrativement, la série continue toutefois de se distinguer par son intégration d’éléments historiques souvent laissés en arrière-plan dans les adaptations de Robin des Bois. Les enjeux liés aux croisades, à l’absence du roi et aux luttes de succession donnent une épaisseur politique bienvenue. Loin d’être décorative, cette toile de fond influence directement les choix des personnages, même lorsqu’ils tentent de s’en abstraire. L’épisode se conclut sur une image forte, celle d’un Robin confronté aux ruines de son passé et aux conséquences concrètes de la guerre qui s’annonce.
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La question n’est plus de savoir s’il peut sauver Marian, mais s’il est encore capable de faire un choix personnel sans être écrasé par le symbole qu’il est devenu. Cette interrogation résume parfaitement l’état de la série à ce stade.
Note : 5/10. En bref, l’épisode 9 de la saison 1 de Robin Hood fonctionne comme un carrefour. Il n’est ni pleinement satisfaisant ni véritablement décevant. Il expose les limites du rythme adopté tout en préparant un final chargé d’attentes. Reste à voir si la série saura transformer cette accumulation de tensions en résolution à la hauteur de ses ambitions.
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