Critiques Séries : Robin Hood (2025). Saison 1. Episode 10 (season finale)

Critiques Séries : Robin Hood (2025). Saison 1. Episode 10 (season finale)

Robin Hood (2025) // Saison 1. Episode 10. One Enemy Falls Another Rises.

SEASON FINALE

 

Avec l’épisode 10 de sa première saison, Robin Hood conclut un arc narratif dense sans chercher à refermer toutes ses portes. Ce final fonctionne avant tout comme une transition. Il offre une résolution suffisante pour ne pas donner le sentiment d’un simple arrêt brutal, tout en préparant clairement un futur qui, espérons-le, dépassera cette saison inaugurale. L’équilibre est imparfait, mais l’intention est lisible. Dès les premières minutes, l’épisode assume sa structure. Une longue séquence de préparation précède l’affrontement, mettant en parallèle les stratégies des forces en présence. D’un côté, Guy de Gisborne, Huntingdon et le shérif de Nottingham élaborent un plan fondé sur une sous-estimation persistante des hors-la-loi. 

 

De l’autre, Robin anticipe cette erreur et retourne la logique militaire contre ses adversaires. Ce choix scénaristique renforce une idée déjà présente dans la série : la force brute n’est jamais le véritable moteur du conflit, tout repose sur l’information, le timing et la capacité à lire le jeu politique. La stratégie imaginée par Robin n’a rien d’héroïque au sens classique. Il ne s’agit pas de vaincre l’ennemi sur le champ de bataille, mais de le déséquilibrer, de l’obliger à se disperser et à exposer ses failles. L’attaque de Nottingham pendant que les troupes se dirigent vers la forêt est moins un coup d’éclat qu’un geste symbolique. Robin ne cherche pas encore à renverser l’ordre établi, seulement à prouver qu’il peut frapper où cela fait mal.

Dans cette mécanique, Marian joue un rôle central. Son retour auprès de son père n’a rien d’un retour sentimental. Il s’agit d’une infiltration assumée, risquée, qui démontre à quel point le personnage a évolué depuis le début de la saison. Marian agit, ment, manipule et accepte les conséquences. Sa capture n’est pas un échec d’écriture, mais une extension logique de son choix. Elle paie le prix de son engagement, ce qui donne un poids réel à son implication. La seconde moitié de l’épisode bascule dans l’action quasi continue. Le sabotage du pont, la prise partielle de Nottingham et la fuite organisée des hors-la-loi donnent au final une énergie que certains épisodes précédents retenaient trop longtemps. 

 

Ces scènes ne sont pas toutes égales, mais elles remplissent leur fonction : montrer que la rébellion a désormais une ampleur concrète. Les pertes subies rappellent que cette lutte n’est pas abstraite. La mort d’Isabel et de Gamewell, sans être longuement exploitée, ancre l’épisode dans une violence aux conséquences définitives. L’un des choix les plus intéressants du final concerne le shérif de Nottingham. Loin d’être l’antagoniste frontal attendu, il se révèle comme un joueur à part entière, prêt à éliminer Guy de Gisborne pour préserver sa position et consolider son alliance avec la reine. Cette trahison, menée dans l’ombre, confirme ce que la série suggérait depuis plusieurs épisodes : le shérif ne se définit pas par la loyauté, mais par la survie politique. 

Sa décision ouvre des perspectives inquiétantes pour la suite, notamment avec l’évocation explicite d’un projet visant le roi lui-même. Le face-à-face entre Robin et le shérif aurait pu constituer le cœur émotionnel du final. La série choisit volontairement de le désamorcer. Robin renonce à l’affrontement pour sauver Marian, et ce renoncement marque une étape importante dans son évolution. La vengeance, moteur initial du personnage, cesse enfin d’être prioritaire. Ce n’est pas une résolution définitive, mais un déplacement clair de ses valeurs. La confrontation finale avec Huntingdon vient clore un arc narratif plus personnel. La mort du personnage ne cherche pas à être spectaculaire. 

 

Elle met surtout en lumière la rupture irréversible entre Marian et son héritage familial. Le choix de Robin d’empêcher Marian de porter le coup final souligne une volonté de la préserver, même si cette protection reste ambiguë. L’épisode se termine sur une dispersion plutôt qu’un triomphe. Les hors-la-loi retournent à l’anonymat, Robin commence enfin à redistribuer l’or accumulé, et Marian retrouve la cour tout en négociant sa liberté. Rien n’est véritablement réglé. La situation de Priscilla, enfermée et trahie, laisse présager un futur conflictuel. Sa lettre, envoyée dans l’ombre, agit comme une menace silencieuse. Ce final de saison ne cherche pas à impressionner à tout prix. Il ferme certains chapitres tout en laissant volontairement les lignes ouvertes. 

 

Note : 6.5/10. En bref, Robin Hood termine sa première saison avec une identité plus claire que lors de ses débuts, mais aussi avec la nécessité d’un prolongement pour justifier pleinement ses choix. Sans suite, cette conclusion laisserait un sentiment d’inachevé. Avec une saison 2, elle pourrait devenir le véritable point de départ de la série.

Prochainement en France

MGM+ n’a pas encore renouvelé Robin Hood pour une saison 2 à l’heure où j’écris ces lignes. 

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