25 Novembre 2025
Tracker // Saison 3. Episode 6. Angel.
L’épisode 6 de la saison 3 de Tracker m’a laissé une sensation particulière, moins liée à l’action qu’à l’atmosphère étrange qu’il installe du début à la fin. Après un épisode 5 plus léger — qui ressemblait davantage à une parenthèse dans la saison — celui-ci change complètement de registre. On bascule dans quelque chose de sombre, presque oppressant, comme si la série empruntait pendant une heure les codes du thriller psychologique. Déjà, revoir Connor Paolo sur le petit écran m’a étonné. Je l’avais perdu de vue depuis ses rôles dans Gossip Girl ou Revenge, et son apparition ici m’a rappelé à quel point certains acteurs peuvent disparaître longtemps puis revenir dans des personnages à contre-courant.
Son rôle, sans trop en dire, participe à cette ambiance un peu tordue que l’épisode développe. On n’est pas dans le gore, mais dans une tension latente, presque dérangeante. L’intrigue tourne autour de Margo, une jeune femme passionnée de true crime, qui disparaît après avoir mené ses propres recherches sur un cas mal classé. Tracker explore régulièrement les travers du monde contemporain, mais là, la série tape dans quelque chose de très actuel : la fascination collective pour les documentaires criminels et les enquêtes amateurs. Il suffit d’ouvrir n’importe quelle plateforme de streaming pour comprendre à quel point le phénomène explose.
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Et dans l’épisode, on voit comment cette passion peut devenir un terrain glissant. Margo n’était pas seule dans ses obsessions. Elle travaillait presque en équipe avec Gunther et Edward, deux passionnés croisés sur Internet, chacun avec ses compétences étranges mais utiles. Leur refuge, que Colter finit par découvrir, m’a fait penser à une version artisanale d’une salle d’investigation, tapissée de photos et de fils reliant les théories entre elles. Sur le papier, c’est presque amusant ; dans l’épisode, ça donne plutôt froid dans le dos tant le décor est chargé et compulsif. Ce duo de détectives numériques n’est pas présenté comme hostile. Au contraire, Colter comprend assez vite qu’ils sont sincèrement inquiets pour leur amie.
Ce qui m’a plu, c’est que Tracker ne tombe pas dans le cliché du geek antisocial dangereux. Au contraire, Gunther et Edward apportent une vraie valeur. Ils ne remplacent pas Colter — personne ne le fait — mais ils accélèrent clairement l’enquête, notamment lorsqu’ils l’accompagnent jusqu’à la maison des Hardman. C’est rare que la série laisse autant de place à des personnages extérieurs, et pour une fois, la coopération fonctionne plutôt bien. Mais ce décor un peu étrange ne prépare pas forcément à la noirceur de ce que Colter finit par découvrir. L’épisode manipule habilement la notion d’accidents domestiques autour d’un même soignant, jusqu’à révéler un personnage animé par une vision complètement déformée de son rôle.
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On n’est pas dans une simple violence impulsive : l’épisode montre quelqu’un qui s’est construit une justification déviante, persuadé de “libérer” des gens vulnérables. C’est probablement l’aspect le plus perturbant de l’histoire, car il met en scène une empathie pervertie et une solitude extrême. La scène du thé, en particulier — celle où l’on comprend réellement ce qui se passe dans la tête du responsable — m’a glacé. Tout est calme, presque doux, et c’est précisément ce contraste qui gêne. Tracker a parfois flirté avec l’horreur psychologique, mais rarement avec autant d’intensité.
Du côté du fil rouge de la saison, l’épisode reste très discret. Le cliffhanger final, lié aux recherches de Randy sur les documents que Russell avait trouvés, apporte un peu de mouvement, mais on n’apprend rien de concret. Et c’est peut-être ce qui frustre le plus : la série joue souvent avec le rythme de son intrigue principale, avançant par petites touches. L’épisode 5 laissait déjà l’impression d’une pause, et ce sixième chapitre répète un peu ce sentiment. On sait que la mythologie autour de la famille Shaw va revenir, mais on aurait apprécié une piste un peu plus solide. Concernant Mel, mon impression reste mitigée.
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Elle apparaît de manière régulière, souvent pour donner un coup de main ou s’immiscer dans les recherches de Randy, mais sans que ses intentions soient totalement claires. Le fait qu’elle connaisse si bien l’univers du true crime n’a rien d’anormal en soi, mais combiné à son intérêt appuyé pour Colter, cela pose des questions. À ce stade, je ne sais pas si la série prépare une vraie révélation ou si c’est juste un faux suspense, mais la manière dont elle est écrite invite à rester prudent.
Note : 6/10. En bref, cet épisode 6 n’est pas le plus confortable à regarder, mais il propose une immersion réussie dans un univers où la passion du crime peut vite se transformer en obsession dangereuse. Il ne fait pas avancer beaucoup l’intrigue globale, mais il ajoute une ambiance différente, plus intime et plus tordue, qui trouve malgré tout sa place dans la saison.
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